Décès de Lida Moser, photographe du Québec des années 1950

Lida Moser : Une religieuse accompagnant un jeune garçon dans un autobus, à Montréal, été 1950, gélatine argentique, 17,6 x 18 cm (P728,DM3,P96) Lida Moser : Une religieuse accompagnant un jeune garçon dans un autobus, à Montréal, été 1950, gélatine argentique, 17,6 x 18 cm (P728,DM3,P96)  Photo :  Lida Moser/Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Il y a plus de 60 ans, une jeune photographe new-yorkaise du nom de Lida Moser est envoyée au Québec pour y réaliser un photoreportage pour le célèbre magazine Vogue. Elle est décédée mardi chez elle, à Washington, à l'âge de 94 ans.

Durant l'été 1950, cette pionnière du photojournalisme et future photographe célèbre parcourt la province et prend des clichés de Montréal à Québec, et de Charlevoix à la Gaspésie, en passant par l'île aux Coudres, l'île d'Orléans, le Bas-Saint-Laurent et la Montérégie. 

Elle y retourne quelques mois plus tard, cette fois-ci pour le compte du magazine Look, laissant un témoignage visuel unique de la vie socioculturelle d'un Québec déjà en pleine mutation avant la Révolution tranquille.

L'âge d'or du photojournalisme

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le photojournalisme est un genre en plein essor. Il faut dire que la télévision n'a pas encore envahi les foyers et que le photoreportage est encore la manière la plus efficace de faire découvrir le monde au public. Lida Moser réussit à faire sa place dans ce milieu compétitif.

Sa série de clichés sur le Québec fait partie d'un reportage plus vaste sur le Canada qui doit occuper six pages dans le magazine Vogue. La photographe a d'abord dans l'idée de se rendre dans le Grand Nord, mais comme on est en plein été, elle décide de commencer par Montréal.

Durant un repas au restaurant avec le président de Radio-Canada de l'époque, elle fait la connaissance de Paul Gouin, futur cofondateur de la revue Vie des arts, qui lui propose de faire le tour du Québec.

Un style unique, marqué par sa tournée au Québec

Anne-Marie Bouchard, commissaire de l'exposition que le Musée national des beaux-arts du Québec consacrera à Lida Moser en 2015, a rencontré la photographe au printemps dernier, alors qu'elle préparait cette exposition. Elle a été frappée par son humour, sa lucidité et sa vivacité d'esprit, même si Lida Moser était déjà diminuée physiquement.

Selon la chercheuse en histoire de la photographie et chargée de cours en histoire de l'art à l'Université de Montréal, cette tournée québécoise a été déterminante pour l'artiste. Privée de ses repères photographiques habituels,celle-ci s'est détachée de ses anciennes influences et a exploré de nouveaux sujets. 

À travers son objectif, elle est parvenue à saisir sur le vif, avec tendresse et fascination, paysages urbains et ruraux, ainsi que leurs habitants, enfants, amoureux, pêcheurs.

Elle a également tiré le portrait de nombreux artistes, parmi lesquels les sculpteurs Louis Archambault et Médard Bourgault, les peintres Stanley Cosgrove et Alfred Pellan, les auteurs Gratien Gélinas, Roger Lemelin et Alain Grandbois, et le pianiste et chef d'orchestre Wilfrid Pelletier.

À New York, cette nouvelle approche a attiré les collectionneurs et a donné une nouvelle impulsion à la carrière de la photographe.

L'exposition du Musée national des beaux-arts de Québec consacrée à Lida Moser rassemble quelque 250 photographies. Elle sera présentée du 19 février au 10 mai 2015. 

Un texte de Sophie Cazenave

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