Le MAC, temple montréalais de l'art contemporain, fête ses 50 ans

Le reportage de Maxence Bilodeau

Le Musée d'art contemporain de Montréal (MAC) fête ses 50 ans et, pour l'occasion, il présente trois expositions estivales avant une fermeture prévue de deux ans, le temps nécessaire pour faire peau neuve.

À sa réouverture en 2017, le musée devrait être plus invitant, et ses surfaces d'exposition devraient avoir doublé. L'institution, qui a cependant dû revoir à la baisse son ambitieux projet d'agrandissement, attend toujours la confirmation du montant octroyé par Québec.

Le MAC en chiffres

  • Fondé en 1964, il ouvre ses portes au public pour la première fois en 1965.
  • C'est la première institution au Canada entièrement vouée à l'art contemporain, et, jusqu'à 1999, date de l'ouverture du MOCCA à Toronto, c'était la seule.
  • À l'origine 40 artistes, 10 collectionneurs, 3 galeries et 1 fondation ont donné 100 oeuvres pour que le musée puisse voir le jour.
  • Le projet d'agrandissement prévu pour 2017 se chiffre à 44 millions de dollars.

Pour Jean-François Bélisle, le directeur général du centre contemporain l'Arsenal (qui a dirigé auparavant l'Association des galeries d'art contemporain), le fait pour une ville d'avoir son musée d'art contemporain est crucial en termes de création.

Montréal doit d'ailleurs en grande partie à la présence du MAC sa réputation de « lieu le plus créatif au pays », selon lui. Car le fréquenter, pour un artiste en devenir, permet d'envisager une carrière au-delà de la galerie commerciale, et y entrer est un tremplin vers la scène internationale.

Du 19 juin au 7 septembre, les visiteurs pourront découvrir trois expositions

1. La beauté du geste, qui rassemble 200 des 3500 oeuvres offertes en don au musée au cours de son existence. Parmi elles, des oeuvres de Paul-Émile Borduas, d'Alfred Pellan, de Jean-Paul Riopelle, de Geneviève Cadieux et de Louise Bourgeois, ainsi que la photo prise par Spencer Tunick en 2001, lorsque l'artiste avait ressemblé 3000 personnes dénudées sur la Place des Arts.

Spencer Tunick, épreuve à développement chromogène scellée entre deux plexiglas, 1/6 - Don de Mme Sandra Grant et de M. Gilles Marchand - Collection Musée d'art contemporain de Montréal de Montréal. Spencer Tunick, épreuve à développement chromogène scellée entre deux plexiglas, 1/6 - Don de Mme Sandra Grant et de M. Gilles Marchand - Collection Musée d'art contemporain de Montréal de Montréal.  Photo :  Richard-Max Tremblay/Groupe CNW/Musée d'art contemporain

2. Pulse room, une installation interactive de l'artiste d'origine mexicaine Rafael Lozano-Hemmer. Présentée à la Biennale de Venise en 2007, l'installation capte les battements de coeur du public et les convertit, grâce à un système informatique, en impulsions lumineuses dans 300 ampoules suspendues au plafond de la salle. 

Rafael Lozano-Hemmer, « Pulse room » : 300 ampoules incandescentes, contrôleur de voltage, ordinateur, câblage, capteurs de fréquence cardiaque et support en acier inoxydable, 1/1 Rafael Lozano-Hemmer, « Pulse room » : 300 ampoules incandescentes, contrôleur de voltage, ordinateur, câblage, capteurs de fréquence cardiaque et support en acier inoxydable, 1/1 3 x 10 x 10 m (dimensions variables selon le lieu d'exposition). Don anonyme Collection Musée d'art contemporain de Montréal Montré ici : Fábrica La Constancia, Plataforma, Puebla, Mexico.  Photo :  Alejandro Biazquez, avec l'aimable permission de l'artiste.

3. Enfin, deux oeuvres vidéo de l'Australienne Angelica Mesiti. Citizens band évoque la culture musicale de quatre immigrés, une Camerounaise, un Algérien, un Mongolien et un Soudanais. Quant à Prepared piano for movers, elle montre deux déménageurs transportant un piano dans l'escalier en spirale d'un immeuble parisien, leurs efforts physiques et leurs mouvements produisant une partition disonnante à mesure qu'ils progressent. 

Angelica Mesiti « Citizens band », 2012. Installation vidéo haute définition à quatre canaux 16:9, couleur, son 21 min 25 s. Ce projet a reçu le soutien de l'Australian Film, Television and Radio School (Creative Fellowship), de l'Australia Council for the Arts et de l'Australian Centre for Contemporary Art. Angelica Mesiti « Citizens band », 2012. Installation vidéo haute définition à quatre canaux 16:9, couleur, son 21 min 25 s. Ce projet a reçu le soutien de l'Australian Film, Television and Radio School (Creative Fellowship), de l'Australia Council for the Arts et de l'Australian Centre for Contemporary Art. Une production de Felix Media.  Photo :  Avec l'aimable concours de l'artiste et de l'Anna Schwartz Gallery.

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