L'écrivain Gabriel Garcia Marquez s'éteint à 87 ans

Radio-Canada avec Associated Press
Retour sur la vie de l'écrivain avec Catherine François

Le romancier colombien Gabriel Garcia Marquez, Prix Nobel de littérature, est décédé jeudi à son domicile de Mexico quelques jours après avoir été hospitalisé pour une infection pulmonaire.

Surnommé « Gabo », il est considéré comme l'écrivain hispanophone le plus populaire depuis Cervantès, l'auteur de Don Quichotte, au 17e siècle. Il a acquis une notoriété littéraire comparable à celle des auteurs américains Mark Twain ou de Charles Dickens dans la littérature anglophone.

Sa fresque romanesque Cent ans de solitude, publiée en 1967, s'est vendue à plus de 50 millions d'exemplaires, a été traduite en 25 langues et a contribué au renouveau de la littérature en Amérique latine.

« Mille ans de solitude et de tristesse pour la mort du plus grand Colombien de tous les temps », a réagi le président colombien Juan Manuel Santos sur son compte Twitter, en référence au chef d'oeuvre de Garcia Marquez.

« Né en Colombie, il avait fait depuis des décennies de Mexico son foyer, enrichissant ainsi notre vie nationale », a quant à lui souligné le président mexicain Enrique Peña Nieto.

« Depuis l'époque où j'ai lu Cent ans de solitude, il y a plus de 40 ans, j'ai toujours été frappé par son don unique d'imagination, de clarté de pensée et d'honnêteté émotionnelle », a souligné l'ex-président américain Bill Clinton, qui a exprimé sa « tristesse » pour quelqu'un dont il était l'ami « depuis plus de 20 ans ».

« Ta vie, cher Gabo, nous nous en souviendrons comme d'un cadeau unique et inimitable », a écrit pour sa part la chanteuse colombienne Shakira.

Gabriel Garcia Marquez est également l'auteur des romans L'amour au temps du choléra, Chronique d'une mort annoncée et L'automne du patriarche, ainsi que du recueil de contes De l'amour et autres démons. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1982.

Sa dernière oeuvre, Mémoire de mes putains tristes, a été publiée en 2004.

Inspiré par son enfance

L'auteur est né le 6 mars 1927 à Aracataca, une petite ville colombienne de la côte caribéenne. Le plus âgé d'une famille de 11 enfants, Garcia Marquez a été élevé par ses grands-parents maternels. Les récits de sa grand-mère et de son grand-père, qui a combattu lors de la guerre des Mille Jours, ont nourri son oeuvre.

Aracataca a servi d'inspiration à Macondo, ce village au pied de la Sierra Nevada entouré de plantations de bananes dans Cent ans de solitude.

Gabriel Garcia Marquez après avoir reçu le prix Nobel de littérature en 1982 en Suède. Gabriel Garcia Marquez après avoir reçu le prix Nobel de littérature en 1982 en Suède.  Photo :  GI/Hulton Archive/Getty Images

L'auteur a publié pour la première fois en 1947 alors qu'il était encore étudiant, faisant parvenir une nouvelle au journal El Espectador.

Il a été contraint à l'exil dans les années 1950, après avoir publié un texte sur la corruption au sein du gouvernement colombien. Aux termes de séjours à Rome et à Paris, il a regagné la Colombie en 1958 pour épouser Mercedes Barcha, une amie d'enfance.

« Gabo » est devenu un héros de la gauche en Amérique latine. Il fût un allié de Fidel Castro et s'est vivement opposé aux interventions militaires des États-Unis, notamment au Vietnam et au Chili.

Garcia Marquez, qui s'est toujours considéré comme un journaliste, a créé en 1994 la Fondation pour un nouveau journalisme ibéro-américain (FNPI), qui offre de la formation et des concours pour favoriser le journalisme narratif et le journalisme d'enquête en Amérique latine. En 1998, il a réalisé un rêve de jeunesse en acquérant des parts majoritaires dans le magazine colombien d'actualité Cambio.

À la fin de sa vie, Garcia Marquez était aux prises avec d'importants troubles de mémoire, même si aucun diagnostic officiel n'a été rendu public.

Il laisse dans le deuil sa femme, Mercedes Barcha, ainsi que ses deux fils, Rodrigo et Gonzalo.