Au tour des écrivains de réclamer une politique du prix du livre

L'auteur Tristan Malavoy-Racine devant l'affiche « Sauvons les livres » dessinée par l'illustrateur Jacques Goldstyn. L'auteur Tristan Malavoy-Racine devant l'affiche « Sauvons les livres » dessinée par l'illustrateur Jacques Goldstyn.  Photo :  Pierre-Olivier Massé

Des écrivains et illustrateurs québécois se réclamant du mouvement Sauvons les livres ont procédé, mardi à Montréal, à une lecture publique pour sensibiliser le public aux menaces qui pèsent, selon eux, sur le secteur du livre.

Devant l'édifice de la Grande Bibliothèque, avec à leurs pieds des livres symboliquement recouverts d'un linceul, ils ont procédé à une lecture publique entrecoupée de silences, à l'image d'une littérature qui pourrait « s'effacer et disparaître » en l'absence d'une réglementation sur le prix des nouveautés.

Tristan Malavoy-Racine, Christiane Duchesne, Véronique Marcotte, Alain Deneault, Nicolas Chalifour, Martine Audet, Yves Dumont, Élisabeth Eudes-Pascal, Jacques Goldstyn et Martin Thibault, l'actuel poète de la cité, ont pris part à cette prestation.

Auparavant, d'autres auteurs avaient utilisé le même procédé, en lisant cette fois des vers du poème Chanson d'automne, de Paul Verlaine, dans une vidéo :

Le choix du poème en question est symbolique, puisqu'il avait été utilisé, dans une version légèrement altérée, par Radio Londres pendant la Seconde Guerre mondiale pour prévenir le réseau de résistance français de l'imminence du débarquement des troupes alliées en Normandie. 

Cette action publique des auteurs intervient alors qu'on a appris la semaine passée que le plus récent roman de Michel Tremblay, Les clefs du Paradise, ne serait pas vendu chez Costco.

L'éditeur, Leméac, en accord avec l'auteur, a en effet refusé que le livre se retrouve sur les tablettes de la grande surface sans que les librairies aient eu auparavant une période d'exclusivité.

Le mouvement Sauvons les livres, initié par des libraires, des éditeurs et des auteurs, appuie la proposition d'appliquer un rabais maximal de 10 % pendant les 9 premiers mois suivant la sortie d'un livre, afin de ne pas défavoriser les libraires indépendants, une mesure proposée l'an dernier par la Table de concertation interprofessionnelle du milieu du livre, à laquelle siègent l'Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), l'Union des écrivaines et écrivains du Québec (UNEQ) et l'Association des bibliothèques publiques du Québec (ABPQ).