Festival international du film de Toronto 2013 : pleins feux sur le cinéma

Un film sur les conditions d'éducation des Autochtones prend l'affiche

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Alanis Obomsawin en mai 2008 à Rideau Hall Alanis Obomsawin en mai 2008 à Rideau Hall  Photo :  PC/FRED CHARTRAND

Hi-Ho Mistahey!, la plus récente création de la réalisatrice Alanis Obomsawin, qui fait partie de la programmation du Festival du film de Toronto, s'attarde au fossé éducationnel existant entre les communautés autochtones et le reste du Canada.

La réalisatrice de 81 ans se penche plus spécifiquement sur le sort des enfants d'Attawapiskat, qui attendent l'aménagement d'une école depuis plus de 10 ans. L'établissement qu'ils occupaient auparavant a été fermé en 2000 en raison d'une contamination du sol. Depuis ce temps, les écoliers doivent étudier dans des classes portables dont l'état s'est passablement détérioré à cause des conditions hivernales rigoureuses. Aujourd'hui, la réalisatrice raconte que ces installations sont délabrées, traversées par des courants d'air et infestées par des rongeurs. Elle a été choquée par ces conditions. Elle ajoute qu'elle a vu des problèmes similaires au sein de plusieurs communautés.

Le film Hi-Ho Mistahey! comprend diverses entrevues avec, entre autres, le député néo-démocrate Charlie Angus, qui représente la circonscription de Timmins-Baie James aux Communes, ainsi qu'avec des proches de la défunte militante Shannen Koostachin.

Cette adolescente est morte à 15 ans dans un accident de voiture. Durant sa courte vie, elle avait lancé une campagne pour réclamer des écoles sécuritaires et confortables dans les réserves autochtones.

Par ailleurs, la réalisatrice affirme avoir dû s'attaquer à pas moins de cinq documentaires différents presque en même temps, car les thèmes abordés sont urgents et hautement politiques.Toutes ces oeuvres ont au moins un point en commun : elles s'attardent à des enjeux politiques et sociologiques, et dépeignent la situation souvent désespérée des Autochtones, une cause à laquelle Mme Obomsawin se dévoue depuis pratiquement 40 ans.