Le Gala des prix Gémeaux 2013

Claude Legault en compétition contre lui-même

Claude Legault et Réal Bossé, dans 19-2 Claude Legault et Réal Bossé, dans 19-2

Le prochain gala des Gémeaux pourrait couronner le comédien Claude Legault, en nomination quatre fois, dont deux fois dans la même catégorie, celle du meilleur premier rôle masculin dramatique. Legault policier contre Legault quadriplégique. Un sommet pour l'acteur-auteur qui vient de fêter ses 50 ans.

Sur les quatre nominations, il y en a trois en tant qu'acteur dans des téléséries diffusées sur trois chaînes différentes. Des rôles radicalement différents : un policier, un architecte quadriplégique et un quadragénaire infidèle. Sa quatrième nomination concerne son travail d'auteur pour la série 19-2 (coécrite avec Réal Bossé et Danielle Dansereau).

Dans la catégorie du meilleur premier rôle masculin dramatique, où il est nommé pour ses rôles dans 19-2 et Mon meilleur ami, il affronte son collègue et ami de 19-2 Réal Bossé. Il se mesure aussi à David La Haye, qui joue son meilleur ami dans la série du même titre, et à Émile Proulx-Cloutier pour Toute la vérité.

Il est également en nomination dans la même catégorie, mais cette fois pour le volet comédie, en compagnie de Sébastien Huberdeau et Steve Laplante pour Tu m'aimes-tu?, de Rémi-Pierre Paquin pour Mauvais karma et de Daniel Brière pour Les Parent.

Ce n'est pas une première pour Claude Legault, qui avait aussi remporté trois Gémeaux pour deux téléséries (Minuit le soir et Annie et ses hommes) en plus du prix Jean-Besré en 2006.

Est-ce donc si exceptionnel?

« Un gars exceptionnel, mais pas une exception. Il n'a rien révolutionné et n'a pas non plus inventé l'eau chaude. Mais c'est surtout un acteur brillant, qui aborde son travail d'acteur avec sérieux. Je crois que ces nombreuses nominations sont le résultat logique du travail d'un passionné, authentique dans son boulot et rigoureux. Bref, le travail au-delà de tout finit toujours par être récompensé. En fait, il se concentre sur son travail d'acteur et non pas son travail de vedette. Je pense que c'est une bonne nuance », souligne la journaliste Pascale Lévesque, aussi chroniqueuse pour la nouvelle émission à la télé de Radio-Canada Entrée principale.

Elle ajoute que Claude Legault fait partie de ces chanceux dont le visage est très demandé.

« C'est comme ça depuis qu'il a créé son propre emploi avec Dans une galaxie près de chez-vous, Minuit le soir puis 19-2. Il s'est donné les moyens de jouer des textes à la mesure de son talent. Il est passé du petit comique à l'acteur ténébreux, et le voilà sur tous les réseaux dans beaucoup de productions depuis un bon moment. »

Le nouveau chroniqueur d'ARTV à C'est juste de la TV Jean-Michel Dufault avance aussi d'autres arguments pour expliquer le succès de Claude Legault. « Il a une tête de Québécois. C'est ce que les Américains appelleraient un "everyday man". Il a une intensité intéressante dans le drame et peut aussi jouer la comédie. Avoir plusieurs cordes à son arc dans un marché comme le Québec est une bonne chose. Et c'est un artiste assez discret sur sa vie privée, un détail important à mes yeux pour tout acteur qui veut se fondre dans la peau de son personnage. Il semble faire ce métier pour les bonnes raisons et il n'a pas eu peur de prendre des risques tout au long de sa carrière. »

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Claude Legault en instantané Claude Legault en instantané

L'importance de la création

La polyvalence du comédien qui écrit et qui joue dans divers registres est donc un atout essentiel pour sa carrière. Jean-Michel Dufault souligne encore l'importance de créer et de développer ses propres idées dans un petit marché comme le Québec. « Ça lui permet de se "créer du travail" et d'avoir des projets qui lui ressemblent. Des gars comme lui ou Louis Morissette ont compris l'importance de l'écriture. Tout débute par un crayon et une page blanche. »

L'humour mène à tout?

Les artistes qui viennent du monde de l'humour ou qui le côtoient ont tendance à être polyvalents. Claude Legault a commencé en improvisation. Pascale Lévesque rappelle que Gilles Latulippe l'a fait durant toute sa carrière et que c'est aussi une tradition aux États-Unis. Elle cite Lena Dunham, qui signe les textes et joue dans Girls : « Elle a remporté une flopée de prix aux derniers Golden Globes. »

Au Québec, la chroniqueuse pense à Mario Jean avec La vie rêvée de Mario Jean, à Martin Petit avec Les pêcheurs, à Louis Morissette avec Trois fois rien ou C.A, à Simon-Olivier Fecteau avec En audition avec Simon et sa nouvelle série à V avec Sugar Sammy. Sans oublier Guy A. Lepage, devenu un « immortel des Gémeaux » avec Un gars, une fille.

Des nominations multiples

Cette année, Claude Legault n'est pas le seul à se faire concurrence dans une même catégorie. Patrice Lécuyer est nommé deux fois pour le prix Gémeaux de la meilleure animation : humour, série ou spécial de variétés ainsi que dans la catégorie de la meilleure animation : jeu, téléréalité.

Dans les métiers techniques, Yves Desrosiers est nommé trois fois (sur cinq) pour le Gémeau des meilleurs décors toutes catégories.

Une recherche rapide permet de constater que d'autres artistes ont également eu des doubles nominations. Guylaine Tremblay en a eu quatre en 2003 dont deux dans la même catégorie. Guy A Lepage était aussi nommé pour les textes, la réalisation et l'interprétation pour Un gars une fille en 1998, 1999, 2000 et 2001.

Un texte de Cécile Gladel

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