Des photographies géantes dans les commerces vacants pour embellir le boulevard Saint-Laurent

L'oeuvre de Vicky Sabourin, exposée dans un commerce vacant du boulevard Saint-Laurent L'oeuvre de Vicky Sabourin, exposée dans un commerce vacant du boulevard Saint-Laurent  Photo :  Myriam Fimbry

Le boulevard Saint-Laurent a commencé à exposer des oeuvres d'art dans les vitrines vides de commerces à louer, ce qui permet à des artistes de se faire connaître, tout en embellissant l'artère commerciale.

L'installation de photographies grand format suffit à métamorphoser des vitrines vides qui, sinon, seraient sales, vandalisées ou placardées de papier journal. La Société de développement du boulevard Saint-Laurent (SDBSL) y voit un avantage à la fois esthétique et commercial. 

Le directeur général, Glenn Castanheira, trouve aussi très important de soutenir des artistes locaux, qui n'ont pas accès à une galerie pour exposer leur travail : « On a des artistes chez nous qui sont incroyables. Donnons-leur littéralement une vitrine! »

C'est ainsi que des oeuvres de la photographe Vicky Sabourin ornent en ce moment un commerce vacant boulevard Saint-Laurent, au nord de la rue Rachel.

D'autres rues

L'expérience a déjà été menée dans d'autres quartiers. Les artistes sont choisis par l'UMA, la Maison de l'image et de la photographie. Depuis cinq ans, l'UMA a déjà habillé des vitrines rue Ontario, rue Notre-Dame, rue Hochelaga, avenue du Parc...

Sublime, d'Adam Simms, rue Notre-Dame Ouest Sublime, d'Adam Simms, rue Notre-Dame Ouest  Photo :  UMA, La Maison de l'image et de la photographie

Avec une vitrine propre et une oeuvre d'art qui attire l'attention, le commerce a d'ailleurs des chances de trouver preneur plus vite.

C'est arrivé, par exemple, rue Ontario, raconte André Cornellier, directeur de l'UMA : « Ça faisait 18 mois que le monsieur essayait de louer son local. On a fait l'installation. Trois semaines après, il l'a loué! Il nous a envoyé une lettre pour nous remercier. On est allés enlever l'installation. »

Le propriétaire des lieux n'a rien à payer. C'est la société de développement locale qui finance le nettoyage d'une vitrine vide et l'exposition d'une oeuvre d'art.

Le prix varie selon la taille du bâtiment, mais peut s'élever à quelques milliers de dollars. La SDBSL va consacrer 30 000 $ à ce projet, pour six commerces vacants.

Le jeu en vaut la chandelle. Non seulement on peut exposer des artistes de la relève, mais cela permet aussi de lutter contre le vandalisme. Les vitrines vides et non entretenues ont tendance à attirer les grafittis. « On les nettoie, on repeint les cadres de fenêtres, on remet la vitrine en bon état. C'est plus agréable à voir pour le voisinage. Pour le propriétaire, ça attire l'attention sur son édifice et l'aide à trouver un locataire », résume André Cornellier.

À louer, UMA, La Maison de l'image et de la photographie

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