Le studio de cinéma Wapikoni obtient 450 000 $ de Québec

Le Wapikoni mobile

Le gouvernement du Québec accorde une subvention de 90 000 $ par an, pour les cinq prochaines années, au studio de cinéma ambulant Wapikoni mobile, destiné aux communautés autochtones.

Après les coupes fédérales dénoncées par l'organisation l'an dernier, cette nouvelle aide totale de 450 000 $ de Québec est saluée par la cinéaste et fondatrice du Wapikoni, Manon Barbeau, comme une démonstration de « confiance » envers le studio et un signal « encourageant » pour l'avenir.

Elle a expliqué en entrevue que l'organisation avait graduellement retrouvé cette année son budget de fonctionnement de 1,2 million de dollars, coupé de près de la moitié à la suite de la perte d'une subvention fédérale de Service Canada de 490 000 $ en 2011. Pour ce faire, le Wapikoni mobile a notamment fait appel à bon nombre de partenaires privés.

Mme Barbeau a soutenu que l'organisation avait même envisagé de « fermer ses portes » l'an dernier.

« On est extrêmement content parce qu'on sent que le vent est en train de tourner. En fait, c'est 90 000 $ par année, sur cinq ans, ce qui est encourageant. On a besoin de récurrence. Il y a eu la grosse crise (des coupes fédérales) qui a menacé notre existence. » — Manon Barbeau, cinéaste et fondatrice du Wapikoni

La cinéaste a salué les « appuis collectifs » obtenus partout au pays - des chefs national et régional de l'Assemblée des Premières Nations et « du grand public non autochtone qui ont signé par milliers des pétitions ». Ces appuis ont donné au groupe « le courage et l'énergie pour continuer », a-t-elle dit.

« L'une des solutions envisagées, c'était de fermer les portes, avec les cauchemars que cela donnait, parce que plusieurs jeunes des communautés aux prises avec la toxicomanie et le désoeuvrement étaient train d'accéder à autre chose par la création. » — Manon Barbeau, cinéaste et fondatrice du Wapikoni

La ministre déléguée aux Affaires autochtones du Québec, Élizabeth Larouche, a fait l'annonce de cette subvention, mercredi, parlant d'un « concept inédit permettant aux jeunes de développer leur potentiel créatif et technique [...] et de briser l'isolement ».

Des retombées tangibles pour les Autochtones

Le Wapikoni mobile est un studio de création audiovisuelle et musicale qui sillonne le Québec pour offrir des ateliers à des membres des communautés autochtones.

Depuis sa création en 2004, plus de 2000 jeunes issus de 21 communautés autochtones du Québec y ont participé. Plusieurs oeuvres ont été traduites en anglais, en espagnol et en portugais en vue d'être diffusées auprès du grand public lors d'événements internationaux.

Mme Larouche a dit constater que le projet « a des retombées bien tangibles dans les communautés autochtones ».

Le Wapikoni mobile est une initiative de la cinéaste Manon Barbeau, cofondée par le Conseil de la nation atikamekw et le Conseil des jeunes des Premières Nations du Québec et du Labrador.

Mme Barbeau a dit croire mercredi que cette aide permettra à des jeunes d'« approfondir leurs connaissances en audiovisuel et être entendus au Québec et ailleurs dans le monde ».

La subvention accordée, qui prendra fin en 2017, provient du volet « action communautaire » du Fonds d'initiatives autochtones II du Secrétariat aux affaires autochtones, qui dispose d'un montant global de 135 millions de dollars.

La fondatrice et directrice générale du Wapikoni mobile, la cinéaste Manon Barbeau La fondatrice et directrice générale du Wapikoni mobile, la cinéaste Manon Barbeau

Concernant les coupes fédérales, Mme Barbeau a dit croire surtout à une « méconnaissance du Wapikoni », tout en gardant peu d'espoir de revoir Service Canada embarquer dans le projet.

Le ministère fédéral des Ressources humaines et du Développement des compétences - le ministère dont relève Service Canada - avait justifié l'abandon de la subvention à Wapikoni par le nombre insuffisant d'emplois créés par le projet.

Mme Barbeau a soutenu qu'Ottawa avait la visée irréaliste de voir 60 % des Autochtones impliqués obtenir des emplois après leur participation au Wapikoni. Elle a fait valoir que le studio ambulant insufflait une fierté et donnait des compétences de grande importance pour l'avenir de ces Autochtones.

Le 17 octobre dernier, Mme Barbeau était récompensée deux fois pour son action auprès des jeunes dans les communautés des Premières Nations.

Elle comptait parmi les trois lauréats à recevoir le Prix Excellence communautaire de l'Association des professionnels en philanthropie. Puis, c'est le Réseau des femmes d'affaires du Québec qui honorait Mme Barbeau du Prix femme d'affaires dans la catégorie des organismes à but non lucratif, pour son parcours professionnel, mais aussi « pour les défis qu'elle a su surmonter avec le Wapikoni mobile suite aux coupes budgétaires imposées à l'organisme en 2011 ».


En complément

Ailleurs sur le web Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes.

info en continu