Le monde de la culture rend hommage à Gil Courtemanche

L'écrivain et journaliste Gil Courtemanche lors d'un séjour au Rwanda en 2005. L'écrivain et journaliste Gil Courtemanche lors d'un séjour au Rwanda en 2005.  Photo :  AFP/José Cendon

L'écrivain et journaliste Gil Courtemanche est décédé à l'âge de 68 ans dans la nuit de jeudi à vendredi des suites d'un cancer, ont annoncé les Éditions du Boréal.

Gil Courtemanche est né en 1943 à Montréal. Il s'est d'abord fait connaître comme journaliste et analyste politique avant de devenir romancier. Un dimanche à la piscine à Kigali (2002), son premier roman, lui a valu une reconnaissance sur la scène internationale, et a été porté à l'écran par Robert Favreau en 2006.

« C'était vaiment un grand journaliste, une grande plume, une plume de qualité. » — Bernard Descôteaux, directeur du Devoir

Un autre de ses livres, Une belle mort, a été adapté au grand écran par Léa Pool dans le film La dernière fugue, sorti en février 2010. Quelques mois plus tard, en mai, il a fait paraître ce qui allait être son dernier roman, Je ne veux pas mourir seul, une autofiction sur l'amour et la mort.

« C'était une personne qui n'était pas immensément douée pour le bonheur. » — Anne-Marie Courtemanche, fille de Gil Courtemanche

Récemment, Courtemanche a fait parler de lui quand il a refusé que son oeuvre soit mise en candidature pour l'obtention du Grand Prix littéraire Archambault 2010. L'écrivain, en désaccord avec l'attitude de Quebecor et de son propriétaire Pierre Karl Péladeau, notamment dans le conflit de travail au Journal de Montréal, a déploré, dans un communiqué, son attitude « méprisante et arrogante ».

« C'était quelqu'un d'extrêmement rigoureux, qui avait des convictions et qui était très intègre. » — Lyse Lafontaine, productrice du film Un dimanche à Kigali

Longtemps collaborateur de la Société Radio-Canada, pour laquelle il a été animateur et correspondant à l'étranger, notamment en Afrique, il a également signé des textes pour les quotidiens Le Soleil et Le Devoir. Il y écrivait sa dernière chronique le 25 juin dernier.

« Pour lui, les injustices du monde, la tromperie, c'était inacceptable. Quand il trouvait quelque chose scandaleux, il le disait. » — Pascal Assathiany, directeur général des éditions du Boréal

« Je retiens de lui une personne qui semblait toujours seule [...] mais qui était capable de grandes affections, de fortes émotions », se souvient l'écrivain Dany Laferrière, qui qualifie son collègue « d'un des meilleurs » du Québec.

« Ce qui va rester pour moi c'est son style limpide et transparent, cette élégance dans la forme qui faisait de lui un dandy. » — Dany Laferrière

Dans un communiqué, Boréal souligne que son « talent de communicateur, son regard lucide et acéré sur les dérives du monde et du tiers-monde ont vite imposé sa voix comme une “conscience” des laissés-pour-compte ».

Gil Courtemanche laisse dans le deuil sa mère, sa fille, sa petite-fille, quatre soeurs et un frère. Des détails sur la cérémonie funéraire seront communiqués ultérieurement, a fait savoir sa maison d'édition.