PHILIPPINES
Le deuxième front
AFGHANISTAN

Les accords de Bonn
Les talibans
L'Alliance du Nord

TERRORISME
Oussama ben Laden
La menace terroriste
ANTITERRORISME
Le cabinet de guerre du Canada
Les États-Unis : les joueurs-clés
L'ÉCHIQUIER POLITIQUE
Un délicat jeu d'alliances
BILAN
Le 11 septembre 2001
La riposte : le premier mois de frappes


Michel Cormier
(Hodja Baoudine)
Tragédie afghane

Guy Gendron
(Paris)
Terreur en France

Céline Galipeau
(Quetta)
Aux portes de l’Afghanistan

Christine St-Pierre
(Washington)
Une journée pas comme
les autres

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dernière mise à jour : 13 mars 2002

Le Canada dans la chasse aux terroristes

(13/03/02) Les soldats canadiens ont mené une opération importante dans le Sud de Begram, en Afghanistan, opération qui visait à débusquer des militants du réseau Al-Qaïda.

Ce sont les soldats de l'infanterie légère du Princess Patricia d'Edmonton qui ont effectué cette mission au sud de Begram, la plus importante du Canada depuis la guerre de Corée. Appuyés par des hélicoptères et une centaine de soldats américains, les 500 Canadiens ont lancé l'opération Harpon. Ils ont rapidement pris le contrôle de la montagne, percée de cavernes et de tunnels servant de repaire aux talibans. Mais les Canadiens n'ont pas rencontré de résistance dans cette région qui abriterait quelques douzaines de membres d'Al-Qaïda.

Les dirigeants de la Défense ont également fait le point sur la participation canadienne à l'opération Anaconda, près de Gardez. Seize soldats canadiens ont été impliqués, dont six tireurs d'élite. Aucun Canadien n'a été blessé.


Neuf soldats américains tombent au combat

(04/03/02) Les États-Unis ont lancé la plus importante offensive terrestre depuis le début de la guerre en Afghanistan, il y a cinq mois. L'opération Anaconda a aussi été pour eux la plus coûteuse en vies humaines : neuf Américains ont étés tués au cours du week-end et 40 ont été blessés.

Selon le Pentagone, plusieurs centaines de membres et sympathisants d'Al-Qaïda sont encore retranchés dans les montagnes. Ils sont bien cachés, bien organisés, lourdement armés et se battent férocement. Mais rien n'indique qu'Oussama ben Laden s'y trouve. Au moins 1000 militaires américains, 200 étrangers dont des soldats canadiens, et des forces spéciales d'intervention participent à cette offensive dans des conditions extrêmes : jusqu'à 11 000 pieds d'altitude par un froid glacial. Outre l'offensive terrestre, au moins 350 bombes ont été larguées dans cette région, dont des bombes thermobariques, capables de détruire des réseaux souterrains.

Ce n'est qu'un début, affirme George Bush, prêt à se servir de ces soldats américains morts au combat comme d'un argument de taille pour poursuivre sa croisade. Ses intentions d'étendre la guerre à d'autres pays sont bien connues.

 

Des forces américaines en Géorgie

(28/02/02) Le Pentagone a confirmé que des négociations étaient en cours avec la Géorgie en vue de l'envoi de soldats d'élite américains dans l'ancienne république soviétique pour lutter contre le terrorisme. Selon Washington, des combattants du réseau Al-Qaïda d'Oussama ben Laden pourraient avoir trouvé refuge à la frontière entre la Géorgie et la province séparatiste russe de Tchétchénie.
.
Le Pentagone a également révélé que les États-Unis avaient livré, en novembre dernier, dix hélicoptères à la Géorgie et qu'une petite équipe militaire se trouvait déjà sur place pour étudier une assistance accrue à ce pays. Les États-Unis pourraient envoyer jusqu'à 200 militaires pour aider à entraîner l'armée géorgienne, a affirmé un responsable militaire sous le couvert de l'anonymat. Le ministère géorgien de la Défense avait auparavant fait état de l'arrivée en Géorgie de cinq experts militaires américains pour conseiller les forces géorgiennes dans la lutte contre le terrorisme.

 

La police italienne aurait déjoué un attentat

(25/02/02) Un attentat contre l'ambassade des États-Unis à Rome était en préparation, estiment les autorités italiennes après la découverte d'un passage menant à une conduite souterraine passant sous les bâtiments de l'ambassade. La police se refuse pour l'instant à tout commentaire sur l'enquête en cours, déclenchée après l'arrestation mardi à Rome de quatre Marocains qui étaient en possession de 4,4 kg de ferrocyanure de potassium, de 10 kg d'explosifs et de plans du réseau souterrain de Rome. Ces plans ont permis de découvrir une ouverture dans une paroi fermant un tunnel par lequel passent les alimentations en gaz, les câbles électriques et les lignes de téléphone menant directement sous l'ambassade américaine. Le passage a été percé récemment, car il n'existait pas lors de la dernière inspection des conduites, il y a un mois, affirment les autorités.

En janvier 2001, l'ambassade américaine à Rome avait été fermée au public durant trois jours à cause d'une menace terroriste. À la suite des attentats contre le Pentagone et le World Trade Center, le département d'État avait déclaré que des symboles américains en Italie pouvaient être la cible d'attentats.

 

Des troupes américaines entrent aux Philippines

(18/02/02) Les États-Unis ont entamé le déploiement de leurs unités d'élites sur l'île de Basilan, aux Philippines, fief des militants du groupe islamiste Abu Sayyaf. Un premier contingent de 30 hommes a été héliporté sur cette île du sud du pays pour soutenir les troupes philippines dans leur lutte contre le mouvement islamiste, que Washington accuse d'être lié au réseau Al-Qaïda d'Oussama ben Laden.

Au total, 160 membres des forces spéciales, appuyés par 500 militaires, vont être déployés aux Philippines dans le cadre de la guerre au terrorisme déclenchée par les États-Unis à la suite des attentats du 11 septembre et dont l'intervention en Afghanistan constituait la première étape.

L'arrivée des « conseillers » militaires américains sur l'île de Basilan a été précédée de deux attentats à la grenade qui ont fait trois morts et une cinquantaine de blessés à Zamboanga et sur l'île de Jolo, autre bastion de Abu Sayyaf.

Qu'est-ce que Abu Sayyaf ?

Fondé en 1991 par un groupe de musulmans dissidents du Front de libération national moro (FLNM), Abu Sayyaf est devenu, au fil du temps, l'un des groupes armés les plus actifs et violents du sud des Philippines. Ils sont plus de 10 000 combattants et sympathisants rassemblés autour d'un chef charismatique, Abdurajak AbubakarJanjalani, entraîné en Afghanistan et tué en 1998.

Abu Sayyaf, qui signifie « Porteur de l'épée », s'est illustré sur la scène internationale en avril 2000, avec l'enlèvement de 21 personnes, dont 10 touristes occidentaux, dans l'île malaisienne de Sipadan. La prise en otage de 200 personnes sur l'île de Basilan, en 2001, a également contribué à la notoriété du groupe.

Solidement implanté dans les villages du sud de l'archipel philippin, Abu Sayyaf prône l'instauration, par la force, d'un État islamique indépendant dans l'île de Mindanao.

source : Philipines - le 2e front


La guerre au terrorisme étendue à l'Irak ?

(15/02/02) Les États-Unis seraient en train de préparer une offensive pour renverser le président de l'Irak, Saddam Hussein, avec ou sans l'accord de ses alliés. Quelque 200 000 militaires seraient engagés dans cette campagne lancée depuis le Koweït dans les prochains mois.

Depuis son discours sur l'état de l'Union, où il a évoqué un « axe du Mal » constitué de l'Iran, de l'Irak et de la Corée du Nord, le président George Bush multiplie les mises en garde à l'endroit de l'Irak, affirmant qu'il emploiera tous les moyens nécessaires pour l'empêcher d'acquérir des armes de destruction massive susceptibles de menacer les États-Unis ou leurs alliés.

Mais la menace d'une extension de la guerre au terrorisme contre l'Irak ne fait pas l'unanimité. La France estime que cette offensive ne serait pas la bonne solution. En visite à Moscou, le premier ministre canadien Jean Chrétien et le président russe Vladimir Poutine ont également émis des réserves à ce sujet. Jean Chrétien a rappelé que le Canada et la Russie travaillaient de concert avec les États-Unis contre le terrorisme mais que le problème posé par l'Irak relevait des Nations unies. Il a ajouté qu'il n'était pas question d'un appui du Canada aux Américains en dehors de l'Afghanistan.

 

Kaboul renoue avec Islamabad

(09/02/02) L'Afghanistan rouvre son ambassade au Pakistan, qui avait été fermée en novembre à la demande d'Islamabad. Le Pakistan venait alors de rompre ses relations avec le régime taliban après la chute de Kaboul. Cette annonce a été faite à l'occasion de la première visite au Pakistan du chef du gouvernement intérimaire afghan. Au cours d'une conférence de presse conjointe, Hamid Karzaï et son homologue pakistanais, Pervez Musharraf, ont minimisé les différends du passé « de courte durée ».

Le président Musharraf a assuré que son pays sera aux côtés de l'Afghanistan dans toutes ses entreprises pour le développement et la reconstruction. Le général Musharraf s'est d'ailleurs engagé à fournir à son voisin une aide immédiate de 10 millions de dollars, une somme qui vient s'ajouter aux 100 millions de dollars promis par le Pakistan pour la reconstruction de l'Afghanistan.

En visite à Washington le 13 février, Pervez Musharraf a demandé trois milliards de dollars en échange de l'aide apportée aux Américains dans la guerre antiterroriste. Washington n'a cependant fait aucun commentaire à ce sujet. Le général Musharraf a aussi demandé aux États-Unis d'intervenir pour régler le conflit avec l'Inde mais les Américains ne lui ont pas offert de jouer le rôle de médiateurs.

 

Les guerres intestines menacent la paix

(05/02/02) Les luttes entre factions rivales qui déchirent l'Afghanistan depuis quelques temps témoignent des difficultés du gouvernement intérimaire de Kaboul à asseoir son autorité sur le pays. Lors d'une cérémonie inaugurant le nouveau drapeau afghan, le président Hamid Karzaï a lancé un appel aux Afghans à se donner la main pour reconstruire le pays ravagé par 23 ans de guerres.

Quelques jours auparavant, le président Karzaï avait dû mettre sur pied une commission d'enquête sur les combats entre deux factions pachtounes de Gardez, capitale de la province de Paktia, qui ont fait une cinquantaine de morts. La tension est montée lorsque le chef de l'un des groupes, Padsha Khan, désigné gouverneur par Hamid Karzaï, a voulu prendre ses fonctions. Ses forces ont été repoussées par celles de Saif Ullah, un partisan de l'ancien président Burhanuddin Rabbani, qui contrôle Gardez depuis la chute des talibans.

(15/02/02) Le ministre afghan du Transport aérien et du Tourisme, Abdul Rahman, a été abattu à l'aéroport de Kaboul alors qu'il embarquait à bord d'un avion à destination de New Delhi. Dans un premier temps, des responsables du gouvernement et des témoins avaient affirmé que le ministre avait été lynché à mort par une foule de pèlerins en colère qui en avaient assez d'attendre l'avion qui devait les transporter à La Mecque, en Arabie Saoudite.

Mais le chef du gouvernement intérimaire afghan, Hamid Karzaï, a déclaré que le ministre Rahman avait plutôt été assassiné par de hauts responsables de la sécurité du gouvernement pour des raisons personnelles. Quatre de ces responsables, parmi lesquels on compte deux généraux, ont été arrêtés et trois autres sont partis en Arabie Saoudite avec des pèlerins afghans.

Mais d'autres combats entre factions rivales se poursuivent dans différentes régions du pays. À Khost, capitale de la province orientale du même nom, deux groupes se disputent le pouvoir. Dans le centre, l'homme fort de la province du Hazarajat clame haut et fort son indépendance vis-à-vis du pouvoir central de Kaboul. Dans le nord du pays, les rivalités entre Tadjiks et Ouzbeks sont très fortes près de Mazâr-e Charif, où des milices locales se sont emparées de plusieurs villages.

Le gouvernement intérimaire de Kaboul est également aux prises avec les derniers combattants d'Al-Qaïda entrés dans la clandestinité après la débandade de leurs protecteurs talibans. Ces volontaires islamistes, en majorité arabes, se cachent par petits groupes, principalement dans les provinces orientales de Paktia et Khost.

Le gouvernement de Kaboul ne dispose actuellement ni d'une armée ni d'une police capables d'assurer la sécurité dans le pays. C'est pourquoi Hamid Karzaï, qui a affiché sa volonté d'en finir avec les seigneurs de guerre, a demandé à ses interlocuteurs de la communauté internationale d'élargir le mandat de l'ISAF.

 

Karzaï plaide pour un élargissement de l'ISAF

(30/01/02) Le chef du gouvernement intérimaire de l'Afghanistan, Hamid Karzaï, a effectué à la fin janvier la première visite officielle d'un dirigeant afghan aux États-Unis depuis près de 40 ans. M. Karzaï a été reçu à Washington, où il a rencontré le président Bush et assisté à son discours sur l'état de l'Union devant les deux Chambres du Congrès. Une aide supplémentaire de 50 millions de dollars a été débloquée pour son pays. Cet argent est destiné à soutenir les investissements privés américains pour la reconstruction de l'Afghanistan.

M. Karzaï s'est ensuite rendu à New York où il s'est recueilli devant les ruines du World Trade Center et a prononcé un discours devant le Conseil de sécurité de l'ONU. Le dirigeant afghan a plaidé pour un élargissement de la Force internationale de sécurité (ISAF) à l'ensemble du pays, et pas seulement à la capitale, Kaboul, et ses environs. Mais les membres permanents du Conseil de sécurité se sont montrés réticents à tout engagement militaire à long terme de l'ONU, estimant que la population afghane ne verrait pas d'un bon oeil la présence durable d'une force étrangère sur son sol, quelle qu'elle soit.

M. Karzaï s'est ensuite envolé pour la Grande-Bretagne, où il a rencontré le premier ministre Tony Blair. Le dirigeant afghan a réitéré sa demande d'élargissement de l'ISAF mais la Grande-Bretagne, qui assure le commandement de l'ISAF, a fait savoir qu'elle s'en retirerait au bout de trois mois. La France a également refusé de prolonger le mandat de ses militaires en sol afghan.

L'ISAF, dont près de 2000 hommes sont actuellement en Afghanistan, comptera quelque 4500 hommes d'ici la fin février. Les nouveaux dirigeants afghans ont estimé à 250 000 le nombre d'hommes nécessaires pour assurer la défense de leur pays.


L'« axe du Mal » de Bush crée des remous

(02/02/02) Le discours de George Bush sur l'état de l'Union, prononcé le 29 janvier devant les deux Chambres réunies du Congrès, a suscité bien des remous dans la communauté internationale et au sein même des États-Unis. Le président américain a évoqué un « axe du Mal » constitué par l'Iran, l'Irak et la Corée du Nord.

En réaction à ces propos, plusieurs pays, dont la Russie, la Chine et l'Allemagne, se sont opposés à une intervention contre l'Irak dans le cadre de la lutte antiterroriste. Les États-Unis ont répliqué qu'ils étaient prêts à combattre seuls.

En France, l'entourage du président Jacques Chirac a estimé que « la rhétorique du Bien et du Mal n'est pas adaptée à la réalité du monde tel qu'il est aujourd'hui », sous-entendant l'anachronisme de tels propos. De l'autre côté de la Manche, la presse britannique a rapporté la « consternation » exprimée en privée par des responsables du gouvernement de Tony Blair après que George Bush eut évoqué l'Iran comme élément de cet « axe du Mal ».

Le ministre russe de la Défense, Sergueï Ivanov, a signalé pour sa part que son pays n'appréciait pas que certains alliés des États-Unis, comme les États du Golfe et l'Arabie Saoudite, soutiennent le terrorisme. Et en Arabie Saoudite même, la presse, généralement proche du pouvoir, a affirmé que le discours du président Bush contenait des éléments qui pourraient provoquer un conflit à l'échelle mondiale, l'Amérique semblant « avoir opté pour l'hégémonie ».

Par ailleurs, lors d'une entrevue télévisée, l'ancienne secrétaire d'État américaine, Madeleine Albright, a qualifié les propos du président Bush de « grave erreur » et dénoncé l'amalgame fait entre trois États très différents.

L'Iran met en garde les Américains

(11/02/02) Des centaines de milliers d'Iraniens ont manifesté contre les États-Unis à l'occasion du 23e anniversaire de la révolution islamique de 1979. Des rassemblements antiaméricains ont eu lieu dans toutes les villes du pays à l'appel des dirigeants du régime, réformateurs comme conservateurs, qui voulaient ainsi afficher leur unité et répondre aux menaces récentes de Washington contre l'Iran. Le premier ministre d'Israël, Ariel Sharon, a également été fustigé par la foule.

Dans son discours, le président Mohammad Khatami a tout de même fait preuve de modération en demandant aux dirigeants des États-Unis de changer de politique à l'égard de son pays. L'Iran, qui n'entretient pas de relations diplomatiques avec les États-Unis depuis 22 ans, a émis plusieurs mises en garde virulentes à l'adresse de Washington à la suite des menaces brandies par le président George W. Bush à l'encontre de l'Iran, l'Irak et la Corée du Nord, qualifiés d'« axe du Mal ».

Washington reproche aussi à Téhéran de donner refuge à des membres d'Al-Qaïda et de chercher à déstabiliser le gouvernement intérimaire en place à Kaboul. Pour démontrer sa bonne volonté, Téhéran a décidé de fermer les bureaux du groupe islamiste Hezb-e-Islami de Gulbuddin Hekmatyar, qui s'opposait au nouveau régime pro-américain de Kaboul. Téhéran a décidé de soutenir le gouvernement d'Hamid Karzaï et a accusé les islamistes du Hezb-e-islami d'abuser de l'hospitalité iranienne.

 

La sécurité à tout prix

(05/02/02) Le président Bush a présenté au Congrès un projet de budget pour l'année 2003 qui tient largement compte de la guerre au terrorisme. Ce projet de budget est en hausse de 3,7 % par rapport à celui de l'an dernier, et prévoit un déficit pour la première fois depuis cinq ans.

Le président Bush demande une hausse de 12 % des dépenses militaires et de plus du double en ce qui concerne la sécurité intérieure. Quelque 8,6 milliards de dollars avaient été affectés aux opérations de surveillance des frontières dans le budget 2002. La Défense américaine bénéficierait ainsi de 120 milliards de dollars supplémentaires.

Le projet comprend aussi des mesures fiscales de relance de l'économie totalisant 54 milliards de dollars. Les dépenses dans les infrastructures routières et les programmes sociaux sont gelées et plusieurs centaines de projets dans les secteurs de l'éducation et de la santé sont compromis. M. Bush confirme ainsi que la guerre contre le terrorisme et la protection des États-Unis contre de nouveaux attentats restent parmi ses priorités, quel qu'en soit le coût.

L'économie américaine ébranlée par les attentats

Alan Greenspan, président de la Réserve fédérale, a déclaré que la première économie mondiale avait connu un important ajustement cyclique en 2001, qui a été aggravé par les attentats du 11 septembre. L'économie des États-Unis est passée de la croissance à la stagnation, puis à la décroissance en un an. Selon M. Greenspan, il y a des signes d'une stabilisation de l'économie mais il ne voit pas encore à l'horizon suffisamment de signes d'une reprise économique soutenue. Le président de la Fed a affirmé que les stocks d'inventaire ont diminué au cours du quatrième trimestre et qu'avec un niveau de production en deçà des ventes réalisées, il y aura de nouvelles dépenses significatives pour combler le manque de stocks.

 

Dix chefs d'accusation pour John Walker Lindh

(15/02/02) Le taliban américain John Walker Lindh a plaidé non coupable devant un tribunal fédéral d'Alexandria, en Virginie, aux 10 chefs d'accusation retenus contre lui. Ce jeune Américain de 20 ans, arrêté en Afghanistan en décembre dernier alors qu'il combattait aux côtés des talibans, est notamment accusé d'avoir comploté pour tuer des Américains, de complicité avec le réseau Al-Qaïda d'Oussama ben Laden, de port d'armes et de grenades.

La date de son procès a été fixée au 26 août mais elle pourrait être modifiée en raison de l'opposition des avocats de la défense de voir le procès coïncider avec le premier anniversaire des attentats du 11 septembre. Les avocats souhaitent qu'il débute plutôt le 16 septembre. En attendant, John Walker devra rester en prison. En effet, le tribunal fédéral d'Alexandria a rejeté une demande de libération du taliban américain déposée par ses avocats, qui affirmaient qu'il ne représentait pas de danger pour la communauté et ne tenterait pas de se soustraire à la justice. John Walker échappe tout de même au sort de ses compagnons d'armes, qui ont été envoyés à la prison américaine de Guantanamo, à Cuba.

John Walker s'est converti à l'islam en 1997 alors qu'il était âgé de 16 ans. Il a rejoint l'an dernier les combattants talibans en Afghanistan. Pour beaucoup de ses compatriotes, il est un traître qui ne mérite aucune clémence. Un Américain sur cinq, selon un récent sondage, se dit en faveur de l'application de la peine de mort dans son cas.

 

4,5 milliards pour reconstruire l'Afghanistan

(22/01/02) Une aide globale de 4,5 milliards de dollars sur cinq ans a été promise au régime afghan au terme de la Conférence internationale sur l'aide à la reconstruction de l'Afghanistan, qui s'est tenue à Tokyo, durant deux jours. Les chiffres officiels et définitifs doivent être annoncés plus tard. Les contributions les plus importantes sont celles du Japon et de l'Union européenne qui donnent 500 millions de dollars chacun. L'Iran versera 560 millions de dollars sur cinq ans, dont 120 millions dès cette année, et le Pakistan, 100 millions de dollars sur cinq ans. Il s'agit de contributions chargées d'une grande signification politique.

Le total des contributions des 25 pays sur les 60 présents à Tokyo n'est donc pas loin des cinq milliards nécessaires pour les deux prochaines années, selon la Banque mondiale et le Programme des Nations unies pour le développement. Certains engagements sont effectifs immédiatement, tandis que d'autres sont à plus long terme et se confondent parfois avec des aides déjà annoncées.

 

Quel sort réserver aux vaincus ?

(17/01/02) Les États-Unis détiennent déjà une centaine de prisonniers de la guerre en Afghanistan dans une base militaire à Cuba. Selon les Américains, ces captifs ne sont pas des prisonniers de guerre, mais des combattants illégaux. La distinction implique qu'ils ne sont pas protégés par la convention de Genève sur les prisonniers de guerre. Cette convention limite considérablement l'interrogatoire des prisonniers (pas le droit de menacer, d'insulter, ni même d'exposer à des désagréments ou des désavantages pour obtenir des informations.) Et si elle permet d'interner dans un camp, elle interdit d'enfermer le détenu, comme les Américains le font à Guantanamo.

À Ottawa, le sort de ces prisonniers inquiète l'opposition, mais aussi des députés libéraux. On s'indigne d'autant plus que ces combattants déclarés illégaux pourraient être condamnés à mort par les États-Unis. (Le taliban américain John Walker Lindh comparaîtra, lui, devant un tribunal fédéral civil et ne risque pas la peine capitale.) Il faut savoir que les soldats canadiens pourraient faire des prisonniers en Afghanistan, prisonniers qu'ils devront remettre aux Américains. Le gouvernement se retrouve donc maintenant accusé de ne pas défendre les valeurs canadiennes.

Convention de Genève relative au traitement des prisonniers de guerre

Article 4

A. Sont prisonniers de guerre, au sens de la présente Convention, les personnes qui, appartenant à l'une des catégories suivantes, sont tombées au pouvoir de l'ennemi :
1) les membres des forces armées d'une Partie au conflit, de même que les membres des milices et des corps de volontaires faisant partie de ces forces armées;
2) les membres des autres milices et les membres des autres corps de volontaires, y compris ceux des mouvements de résistance organisés, appartenant à une Partie au conflit et agissant en dehors ou à l'intérieur de leur propre territoire, même si ce territoire est occupé, pourvu que ces milices ou corps de volontaires, y compris ces mouvements de résistance organisés, remplissent les conditions suivantes :
a) d'avoir à leur tête une personne responsable pour ses subordonnés;
b) d'avoir un signe distinctif fixe et reconnaissable à distance;
c) de porter ouvertement les armes;
d) de se conformer, dans leurs opérations, aux lois et coutumes de la guerre; [...]

Article 21

La Puissance détentrice pourra soumettre les prisonniers de guerre à l'internement. Elle pourra leur imposer l'obligation de ne pas s'éloigner au-delà d'une certaine limite du camp où ils sont internés ou, si ce camp est clôturé, de ne pas en franchir l'enceinte. Sous réserve des dispositions de la présente Convention relatives aux sanctions pénales et disciplinaires, ces prisonniers ne pourront être enfermés ou consignés que si cette mesure s'avère nécessaire à la protection de leur santé; cette situation ne pourra en tout cas se prolonger au-delà des circonstances qui l'auront rendue nécessaire. [...]

source : Haut-Commissariat des droits de l'homme

 

Espoirs de paix en terre afghane

(21/12/01) Les délégations du monde entier affluent vers Kaboul pour assister à la cérémonie solennelle de transfert du pouvoir à la nouvelle administration intérimaire d'Afghanistan. Des dizaines de soldats britanniques, éléments précurseurs de la force internationale de paix, sont également sur les lieux.

Les Afghans se souhaitent qu'inchala (si Dieu le veut) leur prochain gouvernement ramènera la paix. La communauté internationale retient son souffle. Le nouveau gouvernement sera dirigé par Hamid Karzaï, un Pachtoune, le plus important groupe ethnique en Afghanistan. Son administration sera toutefois dominée par l'Alliance du Nord, composée de Tadjiks, d'Ouzbeks et d'Hazaras, qui a aidé à chasser les talibans du pouvoir. Et pour la première fois, le cabinet comprendra deux femmes.

Un pays déchiré par 23 ans de guerre

1978 - Le Parti démocratique populaire afghan mène avec succès un coup d'État et instaure un régime prosoviétique.

1979 - À la suite d'un coup d'État mené par le premier ministre Hafizullah Amin contre le président Noor Mohammad Taraki, 80 000 soldats soviétiques entrent en Afghanistan. Une guerre d'usure s'amorce avec les rebelles moudjahidin, opposés au régime communiste.

1989 - Après dix ans d'une guerre qui a complètement ravagé le pays, l'armée soviétique, incapable de contenir la résistance des rebelles moudjahidin, se retire définitivement d'Afghanistan. L'aventure aura fait plus de 13 000 morts, 35 000 blessés et 300 disparus dans les rangs soviétiques. Les forces rebelles s'attaquent ensuite au régime communiste prosoviétique, désormais laissé à lui-même.

1991 - Les États-Unis et la Russie mettent fin aux livraisons d'armes aux factions rivales engagées dans une guerre civile pour le contrôle du pays depuis le départ des Soviétiques.

1996 - Les talibans prennent le contrôle des deux tiers du territoire afghan en repoussant les forces de l'Alliance du Nord, commandée par le général Massoud. Ils entrent dans Kaboul le 26 septembre et décrètent l'instauration de la charia (loi islamique) sur tout le territoire conquis après avoir sauvagement torturé et exécuté l'ancien président communiste Najibullah. Un véritable régime de terreur s'installe. Les femmes et les enfants, privés de tout droit ou considération sociale, en sont les premières victimes.

7 octobre 2001 - Devant le refus catégorique du gouvernement taliban de livrer Oussama ben Laden à la justice américaine, les États-Unis entrent en guerre contre l'Afghanistan aux côtés de la Grande-Bretagne. Des semaines de bombardements intensifs contre les positions des talibans permettront à l'Alliance du Nord de progresser.

source : Les talibans

 

Mise en garde de l'administration Bush

(18/12/01) Washington a lancé un avertissement aux pays qui pourraient être tentés de donner asile à Oussama ben Laden, le fugitif le plus recherché au monde. La Maison-Blanche et le Pentagone invitent ces États à réfléchir, au vu de ce qui est arrivé au régime taliban. L'administration Bush n'hésite d'ailleurs plus à montrer du doigt les pays où pourraient se réfugier les dirigeants du réseau Al-Qaïda. Le Yémen, l'Irak, la Somalie et le Soudan figureraient parmi les cibles potentielles de la lutte antiterroriste. Quant au Pakistan, sa frontière avec l'Afghanistan est sous haute surveillance.

« I think they have seen what happened to the talibans, and I think that's a pretty good lesson for people not to do that. » (Ce qui est arrivé aux talibans devrait servir de leçon) - Paul Wolfowitz, secrétaire adjoint à la Défense

Le Yémen aurait compris le message. Une première opération des forces yéménites contre des cellules d'Al-Qaïda a fait 12 morts.

 

Preuve « irréfutable » de la culpabilité de ben Laden ?

(13/12/01) Les réactions sont partagées dans le monde arabe à la suite de la diffusion par l'administration américaine de la bande vidéo dans laquelle Oussama ben Laden discute des attentats du 11 septembre et de leurs préparatifs. Pour les États-Unis et ses alliés toutefois, l'enregistrement constitue une preuve irréfutable de l'implication du chef d'Al-Qaïda dans les attentats qui ont coûté la vie à plus de 3300 personnes.

Le ministre de l'Information des Émirats arabes unis affirme non seulement qu'Al-Qaïda mérite la punition qui s'abat sur l'organisation, mais qu'Arabes et musulmans devraient eux aussi lui faire payer cette offense. D'un autre point de vue, selon le parti islamiste pakistanais Jamiat-Ulema-e-Islam, la bande vidéo fait partie d'une guerre médiatique contre les dirigeants musulmans. En Jordanie, le chef du parti Front d'action islamique qualifie quant à lui de « honteux » le fait de prétendre que l'enregistrement constitue une quelconque preuve. Dans le monde arabe, certains sont en effet convaincus que l'enregistrement a été monté de toute pièce. Washington, qui refuse pour des raisons dites de sécurité de donner des détails sur les circonstances exactes de l'obtention de la fameuse vidéocassette, rejette catégoriquement l'accusation. Des scientifiques auraient comparé la voix de ben Laden à celle entendue sur d'autres enregistrements diffusés auparavant.

Le Pentagone a indiqué que la vidéocassette a été trouvée fin novembre dans une maison de Jalalabad, à l'est de l'Afghanistan. La date 09/11/01 est inscrite sur la cassette.

En plus des conversations entre Oussama ben Laden et ses hôtes dans une petite salle fermée, l'enregistrement montre plusieurs images, dont une carte de l'Afghanistan, des débris d'un avion américain et des enfants qui chantent. La version anglaise du document a été réalisée par quatre traducteurs indépendants. L'enregistrement dure une heure, une minute et 47 secondes.

Extrait de l'enregistrement

 

Le mollah Omar et ben Laden traqués

(07/12/01) Le Pentagone a confirmé la reddition des talibans de leur dernier bastion, à Kandahar. Hamid Karzaï a déclaré que les talibans n'existaient plus, ni en tant que gouvernement ni en tant que mouvement en Afghanistan. Mais pour les Américains, la partie n'est pas gagnée tant que le mollah Omar et, surtout, Oussama ben Laden courent toujours. Certaines informations veulent que ce dernier ait réussi à s'enfuir vers le Pakistan. Des bombardements intensifs se poursuivent pourtant dans l'est de l'Afghanistan, sur chacune des grottes où pourrait se cacher l'ennemi numéro un des États-Unis.

Pour ce qui est du chef suprême des talibans, il serait, selon le chef du gouvernement intérimaire afghan, introuvable. Forces américaines comme afghanes sont sur ses traces. Hamid Karzaï, qui a d'abord songé à amnistier le mollah, a affirmé être maintenant prêt à le traquer jusqu'à ce qu'il soit remis aux mains de la justice internationale.

Qui est Mohammad Omar ?

Le mollah Mohammad Omar s'est attiré les foudres des États-Unis en refusant de leur livrer « l'hôte d'honneur » de son régime, Oussama ben Laden, auquel l'unissent des liens familiaux. Ce refus lui a valu le soutien et l'admiration des islamistes les plus radicaux, mais a entraîné l'isolement international de son pays.

Éduqué dans des écoles coraniques au Pakistan, il s'était joint sans finir ses études au djihad contre les troupes soviétiques en 1979. Commandant d'unité chez les moudjahidin, il a perdu un oeil dans les combats. Dix ans après la défaite de l'Armée rouge, il a fondé un mouvement islamiste radical depuis son école de Singesar, dans sa région natale du sud de l'Afghanistan. Les réfugiés afghans éduqués dans les écoles religieuses du Pakistan se joignaient au mouvement qui prenait rapidement de l'ampleur.

Sa véritable ascension date de 1994, lorsque les talibans ont conquis Kandahar, accueillis favorablement par une population lasse de la guerre civile entre factions depuis 1992. Mohammad Omar s'est construit rapidement une double réputation, celle d'autorité religieuse incontestable et de chef militaire redoutable. Ses combattants talibans, soutenus par le Pakistan voisin, se sont emparés de Kaboul en 1996.

Malgré sa puissance, on ne sait pas grand-chose de cet homme de l'ethnie pachtoune, qui n'aurait pas encore 40 ans. Il a laissé la responsabilité de tous les contacts extérieurs à son ministre des Affaires étrangères, Wakil Ahmad Mutawakil. Évitant la capitale, Kaboul, où il ne se serait rendu que deux ou trois fois, il séjournait la plupart du temps à Kandahar où il vivait en reclus, dans une maison construite spécialement pour lui par Oussama ben Laden, dont le domicile est proche. Les liens entre les deux hommes sont devenus familiaux avec le mariage, en 1998, du mollah Omar avec la fille aînée de ben Laden. Ensuite, ben Laden aurait pris comme quatrième épouse la fille de son gendre. Selon ses proches, le mollah Omar vit modestement, se qualifiant de serviteur de l'islam.

 

L'Afghanistan après les talibans

(05/12/01) L'entente sur la composition d'un gouvernement intérimaire en Afghanistan a suscité un certain optimisme, qui s'est notamment fait sentir par la hausse de la valeur de la monnaie afghane contre le dollar américain. À Kaboul, plusieurs affirment avoir confiance dans le nouveau processus politique, même s'il y a parmi le gouvernement intérimaire des leaders qui ont mis la ville à feu à sang il y a à peine quelques années.

Les milices talibanes ont chassé, en 1996, les forces de l'Alliance du Nord qui ont récemment chassé les talibans. Mais selon l'accord de Bonn, les nouveaux maîtres de Kaboul partageront dorénavant les pouvoirs. Le nouvel ordre et une importante aide financière internationale doivent permettre la reconstruction de la société afghane. Les besoins sont énormes. La remise en fonction des routes, écoles, hôpitaux, du système d'aqueducs et du réseau postal, ne sont que les premiers travaux à l'ordre du jour.

Composition du gouvernement de transition

Nombre de membres : 30 membres en tout avec possibilité d'élargissement jusqu'à 40 membres.

Présidence : Hamid Karzai, royaliste pachtoune, 46 ans, mandat de six mois.

Vice-présidence : cinq vice-présidents, dont une femme, Sima Samar, responsable de la Condition féminine.

Ministres : 24 ministres chargés chacun d'un portefeuille ou de responsabilités d'État.

Représentativité ethnique : dans un souci d'équilibre entre les communautés ethniques, ce gouvernement comprendra 11 Pachtounes, 8 Tadjiks, 5 Hazaras (chiites) et 3 Ouzbeks. Les postes restants étant réservés aux autres minorités du pays.

Justice et droits fondamentaux : le nouveau pouvoir judiciaire afghan, avec l'aide de l'ONU, sera indépendant du gouvernement et personnifié par une Cour suprême, respectueuse des traditions légales afghanes et des principes islamiques. Les violations des droits de la personne ainsi que les crimes de guerre seront traités par une commission spéciale chargée d'enquêter et de poursuivre les coupables de tels actes.

source : Les accords de Bonn

 

Les États-Unis en guerre contre le « terrorisme » palestinien

(04/12/01) Le président Bush a ordonné une autre série de gels à des organismes soupçonnés de contribuer au financement du terrorisme. Mais cette fois, ce n'est plus Al-Qaïda qui est visé, mais le mouvement palestinien de défense islamiste appelé Hamas. Les avoirs d'une organisation charitable américaine et de deux groupes à l'étranger accusés de fournir des fonds au mouvement palestinien ont donc été gelés. Selon l'administration Bush, ces décisions font partie du dispositif de lutte contre le terrorisme. Le Hamas, qui a revendiqué la responsabilité des récents attentats à Jérusalem et à Haïfa, est considéré par le département d'État américain comme un groupe terroriste. Quant aux attaques de l'armée israélienne contre des objectifs palestiniens dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, le président américain s'est contenté de refuser de commenter. Le secrétaire d'État, Colin Powell, a toutefois affirmé qu'Ariel Sharon avait toute la légitimité pour défendre son pays et peuple.

« The message is this : those who do business with terror will do no business with the United States »
(Pas d'affaires aux États-Unis pour ceux qui sèment la terreur)
— George W. Bush

 

© src.ca