Amnistie internationale s'inquiète de la loi antiterroriste au Canada

La GRC recherche un suspect qui a tiré sur deux policiers à Saint-Albert, en Alberta. La GRC recherche un suspect qui a tiré sur deux policiers à Saint-Albert, en Alberta.  Photo :  PC/JASON FRANSON

Dans son rapport 2015-2016, Amnistie internationale évoque des inquiétudes en matière de respect des droits de la personne au Canada, notamment à cause de la nouvelle loi antiterroriste. L'organisme dénonce aussi un « assaut massif contre les libertés et les droits fondamentaux à travers le monde ». 

Canada : sécurité nationale et Autochtones

Amnistie internationale déplore notamment l'absence de « garde-fous suffisants » au sujet de la transmission d'informations personnelles aux organismes gouvernementaux et une violation de certains droits dans les pouvoirs concédés au Service canadien du renseignement de sécurité. « Cette nouvelle loi érige en infraction l'apologie ou la promotion des infractions terroristes en général, ce qui porte atteinte au droit à la liberté », ajoute-t-il.

L'organisme prend note de la mise en place d'une enquête publique sur la violence à l'égard des femmes autochtones. Le rapport souligne aussi que la Commission de vérité et réconciliation a présenté une longue liste de recommandations. 

Image du projet de barrage hydroélectrique du site C à l'est de Fort St John. Image du projet de barrage hydroélectrique du site C à l'est de Fort St John.  Photo :  Gouvernement de la Colombie-Britannique

Du même souffle, il note que la construction du barrage du site C en Colombie-Britannique a été entamée sans que les peuples autochtones aient été consultés. Il mentionne également qu'une contestation judiciaire de celle du pipeline Northern Gateway est en cours. 

Le rapport souligne aussi la non-ratification du Traité sur le commerce des armes et du Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture de l'ONU.

Monde : La peine de mort en baisse, la torture toujours présente

En trois mois, Madagascar, les Fidji et le Surinam ont supprimé la peine capitale de leur législation.

Par contre, plus de 122 États ont pratiqué la torture ou d'autres mauvais traitements au cours de l'année, selon le rapport. 

Amnistie internationale s'inquiète aussi d'un désinvestissement progressif des États envers les institutions internationales garantes de droits fondamentaux.

« Les États doivent cesser leurs attaques contre nos droits [...] Les droits de la personne ne sont pas un accessoire. Ils sont indispensables, et jamais les enjeux pour l'humanité n'ont été aussi forts. » — Salil Shetty, le secrétaire général d'Amnistie Internationale
Faits et chiffres sur les droits de l'homme en 2015 :

  • 113 : le nombre de pays où la liberté d'expression et la liberté de presse sont soumises à des restrictions.
  • 60 millions : le nombre de personnes déplacées.
  • 30 et + : plus de trente pays ont refusé l'accès à des réfugiés en danger.
  • 36 : le nombre de groupes armés qui ont commis des exactions.
  • 156 : le nombre de défenseurs des droits de l'homme tués.
  • 19 : le nombre de pays où des crimes de guerre ont été commis.