X et Y rajeunissent

C'est grâce à l'avènement des X et Y que les mammifères, dont l'humain, sont mâles ou femelles.

Les fondements de la sexualité humaine seraient plus récents que ne l'avaient évalué les généticiens jusqu'à aujourd'hui.

Des chercheurs suisses estiment que l'apparition des chromosomes sexuels X et Y date de 180 à 200 millions d'années seulement.

Des chercheurs suisses affirment que les chromosomes sexuels X et Y (les couples XY pour les mâles et XX pour les femelles de mammifères) seraient apparus il y a 180 à 200 millions d'années.

Il était convenu jusqu'à aujourd'hui que ces chromosomes avaient commencé à exister en tant que tels il y a environ 300 millions d'années.

Toutes les espèces sexuées ne possèdent pas des paires XX ou XY.

Par exemple, le génome des oiseaux ne détermine pas les sexes comme celui des mammifères. Chez ces animaux à plumes, c'est la femelle qui se caractérise par une paire de chromosomes différents appelée WZ. Une caractéristique que les oiseaux partagent probablement avec leurs ancêtres les dinosaures.

De son côté, le système de différenciation sexuelle des mammifères et des marsupiaux est apparu bien plus tard.

Les bases de notre sexualité

Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs de l'Université de Lausanne (UNIL) ont traqué des rétrogènes, des petites séquences d'ADN qui se sont échappées du chromosome X, et qui sont allées se loger dans d'autres chromosomes. Selon les généticiens, le X est particulièrement enclin à exporter ses gènes.

« Nous pouvons en déduire qu'avant l'export de ses gènes, le chromosome X n'était pas sexuel. » — Nicolas Vinckenbosch, Centre intégratif de génomique de l'UNIL

Or, en comparant les génomes de l'homme et de la souris, les chercheurs suisses se sont rendu compte que l'on retrouvait les mêmes rétrogènes chez les deux espèces. Idem pour le chien. C'est donc chez un ancêtre commun qu'est apparue la nouvelle différenciation sexuelle.

Les chercheurs ont également trouvé ces rétrogènes chez l'opossum, un marsupial. Ils ne les ont toutefois pas détectés chez l'ornithorynque, un mammifère poilu à bec de canard, qui pond des oeufs et sue du lait par les pores de la peau.

« D'un point de vue génétique, la sexualité de l'ornithorynque se rapproche plus de celle de l'oiseau. » — Nicolas Vinckenbosch, UNIL

Ainsi, l'événement séparateur, selon les chercheurs, serait arrivé plus tard qu'on ne le pensait, soit il y a entre 180 et 200 millions d'années chez l'ancêtre commun aux mammifères placentaires et aux marsupiaux.

Une progression de l'évolution

Selon les généticiens, la naissance de deux chromosomes sexuels différenciés a provoqué l'inactivation du chromosome X et un mouvement d'exportation des gènes chez l'ancêtre des mammifères et des marsupiaux.

Les présents travaux montrent que ces innovations génétiques distinguent, sur le plan sexuel, les mammifères des ornithorynques et des oiseaux.

Si les chercheurs se réjouissent de pouvoir contribuer à une meilleure connaissance de cet événement fondamental, ils n'en demeurent pas moins interpellés par les nombreuses zones d'ombre qui l'entourent encore.

Sur le plan évolutif, ils ne comprennent toujours pas la nécessité d'avoir réinventé un système de détermination des sexes. Pourquoi changer un système qui marchait très bien auparavant?

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