Réinvestissements en vue, dit Philippe Couillard

La Presse Canadienne
Un élève en classe Un élève en classe  Photo :  ICI Radio-Canada

La nouvelle marge de manoeuvre dans les coffres du gouvernement servira à mieux financer les services publics, à réduire la dette et à diminuer le fardeau fiscal des Québécois, a réaffirmé mercredi le premier ministre Philippe Couillard, à la veille du dépôt du prochain budget.

Le troisième budget du ministre des Finances Carlos Leitao sera déposé jeudi. On sait déjà que l'équilibre budgétaire sera atteint, après six années de déficits.

On sait aussi qu'une certaine marge de manoeuvre permettra au gouvernement d'adoucir son image de champion de la stricte austérité budgétaire, après deux années d'importantes compressions imposées à l'appareil de l'État, de hausses de taxes et de tarifs.

M. Couillard a toujours dit que la moitié d'éventuels surplus servirait à éponger la dette, par une contribution au Fonds des générations, l'autre moitié se transformant en baisses d'impôts.

Le secteur de l'éducation devrait avoir la part du lion des surplus consacrés aux services publics. Récemment, le premier ministre a annoncé que le budget contiendrait un réinvestissement massif en éducation, un secteur particulièrement touché depuis deux ans, du primaire à l'université.

Lors d'une mêlée de presse, mercredi matin, M. Couillard a dit que « la nouvelle réalité économique » faisait en sorte que son gouvernement allait orienter son action autour de quatre grands thèmes : la formation, l'innovation, l'économie libre de carbone et le souci d'« attirer et garder les talents chez nous. »

Ces thèmes trouveront « un écho » dans le budget 2016-2017, a promis M. Couillard.

Il a aussi reconnu que les deux dernières années avaient été « difficiles » sur le plan des finances publiques et que des « efforts importants » avaient été exigés de toute la société pour arriver à boucler un budget sans déficit.

Le premier ministre a également affirmé que la faible croissance économique n'avait rien à voir avec les décisions budgétaires du gouvernement.

Des réinvestissements qui ne seront pas à la hauteur, craint la CSN

Le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau, appréhende déjà que ces réinvestissements ne soient pas suffisants pour compenser les compressions subies.

La CSN, qui sort tout juste d'une tumultueuse négociation dans le secteur public, a réuni 300 délégués en conseil confédéral ces jours-ci à Montréal. C'était aussi pour elle l'occasion de faire le point, à la veille du budget Leitao.

Le dirigeant syndical estime que les réinvestissements dans les services publics sont nécessaires en éducation, ce que le premier ministre Philippe Couillard s'est déjà engagé à faire, mais il rappelle qu'il en faudra également en santé et dans les services sociaux et dans d'autres secteurs affectés par les compressions budgétaires.

« Les compressions budgétaires des dernières années ont fait mal, particulièrement celles du dernier budget. Est-ce que des réinvestissements vont nous remettre à niveau avec ce qu'on a connu dans le passé, je ne le pense pas. Le gouvernement parle de réinvestissements en éducation, mais en santé, c'est encore un gros point d'interrogation », a-t-il lancé.

Il espère que le contexte électoral à venir parviendra à assouplir sa rigueur.

« Ça reste un gouvernement qui est toujours dans la même lignée de pensée, c'est-à-dire revoir le rôle de l'État, réorganisation des services. Je pense que le gouvernement Couillard est encore à la même place. Maintenant, c'est un gouvernement qui entre dans le deuxième droit de son mandat. Est-ce que c'est un gouvernement qui va essayer de charmer un peu plus l'opinion publique, ce n'est pas impossible non plus », a-t-il conclu.

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