Doit-on permettre aux élus municipaux d'avoir droit à 18 semaines de congé parental?

Le reportage de François Cormier

Alors que plusieurs voix s'élèvent pour réclamer des congés parentaux pour les élus municipaux du Québec, le Parti québécois vient de déposer un projet de loi qui ferait en sorte de leur accorder 18 semaines à la suite de la naissance ou de l'adoption d'un enfant. Le gouvernement Couillard ne sait pas encore s'il permettra à l'Assemblée nationale d'étudier cette question, même s'il se dit en accord avec le principe.

Un texte de François CormierTwitterCourriel

À l'heure actuelle, il n'existe aucun article de loi permettant à un élu municipal de s'absenter s'il vient d'avoir un enfant. En fait, un élu qui n'assiste pas aux séances du conseil pendant plus de 90 jours consécutifs peut perdre son poste. « On doit inventer [notre propre congé] parce que ça n'existe pas. Ce n'est pas prévu qu'il y ait des femmes en âge d'accoucher qui soit élues », constate la conseillère municipale de Montréal Émilie Thuillier, qui a eu ses deux enfants en cours de mandats.

Mère d'un bébé de 8 mois et d'un enfant de 8 ans, la conseillère municipale de Gatineau Myriam Nadeau estime qu'il s'agit d'un premier pas dans la bonne direction. « Je pense qu'on doit aller plus loin et qu'il faut offrir les mêmes avantages qu'à n'importe quel autre parent, en vertu d'un régime par ailleurs pour lequel les élus municipaux contribuent », estime Myriam Nadeau.

La conseillère municipale montréalaise et mère de deux jeunes enfants Elsie Lefebvre considère que des mesures doivent être prises pour encourager l'implication politique des jeunes adultes. « Je ne m'attends pas à ce que les élus aient les mêmes privilèges ou droits que tous les citoyens. En même temps, si on regarde les 18-40 ans, les femmes sont pratiquement absentes de tous les parlements, tant à Ottawa qu'à Québec ou au municipal. »

Le gouvernement Couillard refuse de dire s'il permettra à l'Assemblée nationale d'étudier la question en appelant le projet de loi. La vice-première ministre Lise Thériault laisse toutefois savoir qu'elle est en accord avec le principe.

« Si on veut continuer d'avoir des jeunes femmes en politique... des jeunes pères de famille... faut faire en sorte d'adapter nos lois et ne pas les pénaliser. » — Lise Thériault, vice-première ministre et ministre responsable de la Condition féminine

La mairesse de Sainte-Julie et présidente de l'Union des municipalités du Québec, Suzanne Roy, insiste pour que cette question soit réglée avant les prochaines élections municipales prévues en 2017 au Québec.

« Que le projet de loi soit proposé par l'opposition officielle ou par le gouvernement, les jeunes hommes et les jeunes femmes qui voudront se présenter en élection doivent connaître les règles du jeu. Si on veut être attractifs pour les jeunes, il faudra que les modifications se fassent. » — Suzanne Roy, présidente de l'Union des municipalités du Québec