Quel avenir pour le Bloc québécois?

Le chef intérimaire du Bloc québécois, Rhéal Fortin (à droite), et son chef de cabinet, Sylvain Boyer, dans l'espace qui leur est réservé dans l'antichambre de l'opposition. Le chef intérimaire du Bloc québécois, Rhéal Fortin, et son chef de cabinet, Sylvain Boyer, dans l'espace qui leur est réservé dans l'antichambre de l'opposition.

Le Bloc québécois tient en fin de semaine, à Trois-Rivières, son premier conseil général depuis les élections fédérales d'octobre dernier.

Un texte de Manon GlobenskyTwitterCourriel

Comme en 2011, le BQ n'a pas réussi à faire élire assez de députés pour obtenir le statut de parti politique officiel au Parlement. Il a fait passer son nombre d'élus de 4 à 10, mais il a recueilli 71 000 votes de moins qu'en 2011. Pour la première fois de son existence, il n'a pas atteint 20 % des suffrages.

À la Chambre des communes, cette situation complique les choses. Les députés bloquistes ne siègent à aucun comité. Lorsqu'est venu le temps de mettre sur pied un comité spécial mixte Communes-Sénat pour se pencher sur l'aide médicale à mourir, ils n'ont pas réussi à convaincre leurs collègues de leur accorder une place. Tout au plus, le leader du gouvernement à la Chambre des communes, Dominic LeBlanc, a-t-il dit aux députés du Bloc qu'ils pourraient, comme tous les autres Canadiens, soumettre leurs points de vue aux membres du comité.

Le groupe parlementaire bloquiste n'a pu que refuser son consentement pour retarder un peu la mise sur pied du comité, mais c'est tout.

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Le chef intérimaire du Bloc, le député de Rivière-du-Nord, Rhéal Fortin, admet que pour le moment la visibilité du Bloc se limite aux quelques questions que ses députés peuvent poser à la fin de la période de questions. Il tente de négocier des budgets, mais remarque qu'il y a de la résistance dans les autres formations politiques. À la période de questions, il souhaiterait qu'à l'instar des néo-démocrates, les bloquistes puissent avoir des questions de relance pour tenter d'obtenir des réponses du gouvernement.

Si au Bloc on tente de contourner ces obstacles à l'efficacité du parti à représenter les intérêts du Québec, pour d'autres, comme le politologue Alain Gagnon de l'Université du Québec à Montréal, il faut aller plus loin et carrément remettre en question l'existence du parti. Selon lui, « il y a un ensemble de grands enjeux pour lesquels le Bloc n'a pas pu faire la différence, que ce soit l'environnement, la santé ou l'économie. Alors la formation est vraiment en période de remises en question, je dirais fondamentale. Est-ce qu'ils peuvent poursuivre? Probablement que la seule avenue qui resterait au Bloc, pour moi, ce serait d'investir une autre formation politique, c'est-à-dire de jouer un rôle-clé au sein d'une autre formation, la formation qui ressemble le plus au Bloc. »

Le professeur Gagnon convient qu'il est difficile de savoir quel parti le leur permettrait. Les progressistes-conservateurs de l'époque du beau risque sont disparus, et le NPD sous la direction de Thomas Mulcair ne les rejoint pas.

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Mais la réflexion du chef intérimaire, Rhéal Fortin, est plutôt tournée vers le Québec et ce qu'il appelle la convergence des forces souverainistes. Il dit qu'il aime ce qu'il voit au Parti québécois ou chez Option nationale, et même chez Québec solidaire, dont plusieurs des militants appuient les bloquistes.

Le conseil général se penchera donc sur la suite des choses, entre autres les modalités de la future course à la direction du parti, qui devrait se tenir en 2017, suggère le groupe parlementaire bloquiste.

Le chef du parti au déclenchement des élections, Mario Beaulieu, qui pendant la campagne avait cédé son poste à Gilles Duceppe, a semblé exprimer son intérêt à briguer de nouveau le poste, mais après 48 heures, il a annoncé qu'il y renonçait.

Trois autres candidats sont en réflexion : Catherine Fournier, 23 ans, candidate défaite aux dernières élections, Xavier Barsalou-Duval, 27 ans, élu dans Pierre- Boucher-Verchères, et Denis Trudel, défait dans Longueuil-Saint-Hubert, et qui a exprimé sa préférence pour une course à la direction dès l'automne 2016.

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