Aide médicale à mourir : des députés libéraux veulent voir le projet de loi avant de l'appuyer

Le premier ministre Justin Trudeau à la Chambre des communes Le premier ministre Justin Trudeau à la Chambre des communes  Photo :  PC/Sean Kilpatrick

Le débat sur l'aide médicale à mourir pourrait s'inviter à la rencontre du caucus libéral, mercredi matin à Ottawa. C'est que le gouvernement entend imposer une ligne de parti pour que ses députés appuient la future loi. Mais certains élus libéraux aimeraient d'abord voir le projet de loi, une fois qu'il aura été rédigé.

Un texte de Raphaël Bouvier-AuclairTwitterCourriel

Certains élus libéraux affirment qu'ils ont appris dans les médias qu'une ligne de parti serait imposée. « Je l'ai lu, mais je ne l'ai pas entendu », lance par exemple le député libéral de Winnipeg-Centre, Robert-Falcon Ouellette.

L'élu manitobain attend de voir ce que contiendra la future loi sur la question de l'aide médicale à mourir. Mais il aimerait une certaine flexibilité afin de pouvoir donner son avis.

« Moi, je viens d'une communauté autochtone, qui peut avoir différentes opinions là-dessus, parce que le suicide c'est quelque chose de difficile dans plusieurs communautés. Alors, il faut vraiment prendre connaissance de la loi qui doit être votée. » — Robert-Falcon Ouellette, député libéral de Winnipeg-Centre

Son collègue ontarien John McKay « espère apprendre quelque chose » sur les intentions de son parti à la rencontre du caucus de mercredi. Cet élu ouvertement pro-vie dit avoir été surpris, mais n'ose pas trop se prononcer dans ce débat tant qu'il n'aura pas vu le projet de loi.

Fin des travaux du comité d'élus

D'ailleurs, le comité mixte d'élus chargé de développer un cadre législatif pour donner suite au jugement de la Cour suprême sur l'aide médicale à mourir doit déposer son rapport la semaine prochaine. Son coprésident, le député libéral Robert Oliphant, ne s'offusque pas qu'une ligne de parti soit imposée.

Tout comme le premier ministre Justin Trudeau, M. Oliphant estime logique que le caucus libéral soit unanime sur les enjeux qui relèvent de la Charte canadienne des droits et libertés. Selon lui, cette question ne doit pas faire exception.

« C'est un principe canadien d'avoir une charte [des droits de la personne] et je pense que c'est très important de faire cela dans chaque décision qu'on [prend]. » — Robert Oliphant, coprésident du Comité mixte spécial sur l'aide médicale à mourir

Les partis d'opposition permettront un vote libre

Le Parti conservateur, le Nouveau Parti démocratique et le Bloc québécois permettront à leurs députés de voter en fonction de leur conscience sur la question de l'aide médicale à mourir.

« Je n'ai jamais vu un ordre de vote partisan, de ligne de parti, sur un projet de loi qui n'a pas encore été déposé », déplore le député conservateur Gérard Deltell, aussi membre du comité d'élus chargé de se pencher sur la question. M. Deltell rappelle qu'il était député provincial à Québec quand la Loi concernant les soins de fin de vie a été adoptée à l'Assemblée nationale et qu'à ce moment, les députés des différents partis pouvaient voter selon leur conscience.

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