Femmes autochtones : la ministre Bennett dit avoir entendu la colère des familles

La Presse Canadienne
La ministre des Affaires autochtones et du Nord, Carolyn Bennett, lors d'une conférence de presse en compagnie du premier ministre du Manitoba, Greg Selinger, du maire de Winnipeg, Brian Bowman, et du chef autochtone de Shoal Lake #40, Erwin Redsky (17 décembre 2015) La ministre des Affaires autochtones et du Nord, Carolyn Bennett, lors d'une conférence de presse en compagnie du premier ministre du Manitoba, Greg Selinger, du maire de Winnipeg, Brian Bowman, et du chef autochtone de Shoal Lake #40, Erwin Redsky (17 décembre 2015)  Photo :  PC/JOHN WOODS

La ministre des Affaires autochtones, Carolyn Bennett, a rencontré les familles de femmes autochtones disparues ou assassinées, lundi, à Winnipeg, et affirme avoir perçu un ton différent par rapport aux rencontres dans les autres villes.

« Aujourd'hui, nous avons entendu plusieurs choses un peu différentes des autres endroits. Ici, à Winnipeg, il semble y avoir une énorme colère et du cynisme », a-t-elle déclaré en milieu de journée, avant que les entretiens ne se poursuivent.

Mme Bennett a affirmé que les gens se méfiaient de la police et du gouvernement et qu'ils demeuraient sceptiques sur les retombées de la prochaine enquête publique sur les femmes autochtones disparues ou assassinées.

La ministre parcourt le pays pour rencontrer les familles de victimes et d'autres intervenants afin de déterminer les paramètres de l'enquête, qui devrait être lancée d'ici l'été prochain.

Mme Bennett a décrit la capitale du Manitoba comme le « point de départ » de la sensibilisation des Canadiens au sort des femmes autochtones. Elle a cité les histoires tragiques de Tina Fontaine, 15 ans, dont le corps a été retrouvé dans la rivière Rouge en 2014, et de l'attaque presque mortelle contre une adolescente de 16 ans qui s'est fait battre alors qu'elle marchait le long de la rivière Assiniboine.

La ministre s'est entretenue avec environ 170 personnes dans un lieu clos et fermé aux médias.

Femmes autochtones disparues ou assassinées, notre dossier

« Beaucoup de douleur »

Willie Starr, dont la soeur, Jennifer Catcheway, a disparu en 2008, a témoigné qu'il y avait beaucoup de tension dans la salle.

« Il y a beaucoup de douleur et des blessures que les gens transportent depuis des dizaines d'années, dans certains cas. » — Willie Starr, dont la soeur, Jennifer Catcheway, est disparue en 2008

Lui et sa famille avaient tenté de signaler immédiatement la disparition de sa jeune soeur de 18 ans, mais la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ne les avait pas pris au sérieux, selon lui.

« Ils nous ont dit qu'elle était partie s'enivrer, qu'elle reviendrait dans une semaine. [...] C'est un moment crucial pour enquêter sur une affaire », a-t-il expliqué.

M. Starr souhaite que l'enquête se penche sur la façon dont les policiers traitent les signalements de disparition, et sur le soutien qui est fourni aux familles pendant ce temps.

Il espère que cet exercice permettra aux autres Canadiens de mieux comprendre les problèmes auxquels font face les membres des Premières Nations, dont la pauvreté et le racisme.

Un équilibre à trouver

Mme Bennett a confirmé qu'on l'avait interpellée sur ce type d'enjeux, dont font partie les stéréotypes des Autochtones dans les médias.

La ministre a expliqué que le gouvernement devrait trouver un équilibre sur le mandat de l'enquête, qui se doit d'être clair et ciblé sur les enjeux clés, tout en étant assez large pour aborder les inquiétudes de tous.

« Nous devons travailler à trouver le bon équilibre entre être trop large et être trop précis », a-t-elle affirmé.