Ottawa se questionne sur le financement des projets de construction

La Presse Canadienne
Le ministre de l'Infrastructure, Amarjeet Sohi, s'adresse aux journalistes, lors d'une rencontre à St. Andrews, au Nouveau-Brunswick. Le ministre de l'Infrastructure, Amarjeet Sohi, s'adresse aux journalistes, lors d'une rencontre à St. Andrews, au Nouveau-Brunswick.  Photo :  PC/Andrew Vaughan

Le ministre fédéral de l'Infrastructure, Amarjeet Sohi, a déclaré, dimanche, que le gouvernement songeait à changer la manière dont il finance les projets de construction afin d'assumer une plus grande portion des coûts.

La plupart des projets recevant de l'aide financière d'Ottawa requièrent que les provinces et les municipalités fournissent des sommes équivalentes, divisant ainsi la facture en trois.

M. Sohi a cependant affirmé que cela pourrait changer en raison des commentaires qu'il a entendus de la part de représentants provinciaux et municipaux concernant des « écarts sur le plan de la capacité » qui freinent la réalisation des projets.

« Je ne veux pas présumer les résultats de ces discussions, mais nos partenaires nous ont parlé de problèmes en ce qui a trait à la capacité », a-t-il indiqué.

Le ministre a ajouté que le gouvernement déciderait s'il continue avec la formule actuelle ou s'il va de l'avant avec de nouveaux moyens pour augmenter sa contribution.

Amarjeet Sohi a révélé que pour donner un coup de pouce à l'économie, son ministère tentait d'accélérer le versement de fonds fédéraux aux projets déjà approuvés. Il a également confié que le gouvernement allait essayer de donner plus rapidement le feu vert aux projets soumis par les provinces.

« Dès que nous aurons les listes, nous commencerons à les étudier. Certains projets sont en évaluation alors que d'autres ont déjà reçu notre aval », a précisé le ministre devant des journalistes avant de prendre part à la première réunion du cabinet du premier ministre Justin Trudeau en 2016.

L'argent doit être partagé de manière égale entre les infrastructures vertes ayant un aspect environnemental comme les installations pour traiter les eaux usées, les infrastructures sociales comme les garderies et les logements abordables, et les infrastructures de transport public comme les systèmes de véhicules légers sur rail.

Des sources ont rapporté à La Presse Canadienne que les libéraux considéraient « activement » d'accélérer les investissements de plus de cinq milliards de dollars dans les infrastructures promis en campagne électorale pour stimuler la croissance économique.

Une situation économique qui inquiète

Un huard déclinant, une chute des prix de l'essence et un taux d'emploi décevant ont jeté une ombre sur la première réunion de l'année du cabinet de M. Trudeau. Pour l'occasion, les ministres ont décidé de sortir d'Ottawa et de tenir leur rencontre à St. Andrews, dans le sud-ouest du Nouveau-Brunswick.

Le ministre des Finances, Bill Morneau, a été mis au courant des inquiétudes des Canadiens lors de ses consultations prébudgétaires et a essayé de calmer la population en rappelant la plateforme électorale libérale. Il devrait faire un compte rendu à ces collègues sur cette question au cours des 24 prochaines heures.

Le premier budget du gouvernement libéral devrait être dévoilé au mois de mars.

Le Parti libéral a prévu cumuler des déficits d'un maximum de 10 milliards de dollars cette année et la prochaine, mais a récemment ajouté une nuance : ce sera un objectif, plutôt qu'une limite.

Le leader du gouvernement à la Chambre des communes, Dominic LeBlanc, a assuré que le budget ferait honneur aux engagements pris par la formation politique durant la campagne, et ce, en dépit de la situation économique qui inquiète depuis longtemps les libéraux.

« Nos inquiétudes au sujet de l'économie et du marché de l'emploi canadiens ne datent pas d'hier, a soutenu M. LeBlanc. Cela fait plusieurs mois que nous parlons de cela et nous avons l'intention de mettre en place le plan qui, selon nous, aidera les Canadiens. »

Le cabinet passera la journée de lundi en réunion avant que Justin Trudeau et quelques ministres ne prennent la direction de Davos, en Suisse, pour le Forum économique mondial.