Ottawa prolonge jusqu'à la fin février le fonds d'urgence pour les réfugiés syriens

Le reportage de Madeleine Blais-Morin

La ministre fédérale du Développement international, Marie-Claude Bibeau, a annoncé la prolongation du Fonds de secours d'urgence pour la Syrie jusqu'au 29 février.

Il s'agit d'un fonds de contrepartie dans lequel le gouvernement place une somme équivalant aux dons faits par les Canadiens à des organismes humanitaires reconnus qui viennent en aide aux réfugiés syriens fuyant la guerre. 

Jusqu'ici, les Canadiens ont versé 12 millions de dollars à des organismes de bienfaisance, a indiqué la ministre, citant un rapport préliminaire.

Le fonds d'urgence avait été mis en place en septembre dernier, en pleine campagne électorale, par le précédent gouvernement conservateur, alors très critiqué pour sa réponse à la crise des réfugiés syriens. Il devait durer jusqu'au 31 décembre 2015.

Entourée de gens oeuvrant au sein d'organismes de bienfaisance qui interviennent sur le terrain, comme UNICEF ou OXFAM, la ministre Bibeau s'est dite « impressionnée par la générosité » des donateurs, dont certains ont donné la somme maximale autorisée de 100 000 $.

Les donateurs sont toutefois loin du compte, puisque le gouvernement est prêt à contribuer à ce fonds d'urgence jusqu'à concurrence d'un million de dollars.

« On travaille extrêmement fort pour accueillir 25 000 Syriens. Maintenant, n'oublions pas les millions qui sont encore là-bas. » — Marie-Claude Bibeau, ministre fédérale du Développement international

La ministre Bibeau en a d'ailleurs fait appel à la générosité des Canadiens en cette période hivernale, rappelant que le conflit syrien continuait de « faire rage ».

« Je profite toutefois de l'occasion pour demander aux Canadiens de donner. Votre soutien au cours des mois à venir sera crucial », a-t-elle soutenu.

« Il y a là-bas 13 millions de personnes qui ont besoin d'aide humanitaire et 4,5 millions de personnes qui ont trouvé refuge dans les pays voisins [...] et en Europe », a-t-elle rappelé, martelant l'urgence de la situation.

Elle a indiqué que le fonds servira à « répondre aux besoins les plus urgents dans la région ».

Cette aide consiste à « fournir de la nourriture, des abris, de la nourriture, des services d'assainissement et d'approvisionnement en eau potable, des soins de santé, des services d'éducation et d'autres services de base », a-t-elle précisé.

Une aide humanitaire importante

Jusqu'ici, le Canada a versé plus de 970 millions de dollars destinés à l'aide humanitaire, aux projets de développement et aux initiatives de sécurité et de stabilité, a-t-elle spécifié.

En novembre dernier, Ottawa a notamment versé 100 000 $ au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

« Le Canada est un donateur de premier plan », a-t-elle fait valoir, soulignant que le pays était le sixième donateur en importance.

L'annonce du gouvernement Trudeau coïncide avec celle des Nations unies, qui ont indiqué que le gouvernement syrien avait autorisé l'envoi d'une aide humanitaire à Madaya, une ville proche de la frontière libanaise assiégée par les forces loyalistes et dont les habitants sont menacés de famine.

Au moins 10 personnes y sont mortes de faim au cours des 6 dernières semaines, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Des militants de l'opposition parlent de dizaines de morts, un chiffre que les agences de presse ne sont pas en mesure de confirmer.

L'aide canadienne aux réfugiés syriens en chiffres

  • En Syrie, par le biais des organismes humanitaires avec lesquels il collabore, Ottawa fournit des paniers alimentaires de façon régulière à près de 6 millions de personnes.
  • Plus de 9 millions reçoivent des soins médicaux.
  • 5 millions sont approvisionnés en eau potable.
  • Dans les pays limitrophes, 1,8 million de personnes supplémentaires reçoivent de l'aide alimentaire.
  • Les ONG prodiguent des soins psychologiques à 375 000 enfants atteints traumatisés par la guerre.
  • 477 centres de santé ont obtenu de l'aide financière.

Conflit syrien : onde de choc au Moyen-Orient