« Je ne laisserai pas un pouce aux souverainistes » - Philippe Couillard

La Presse Canadienne
Le compte rendu de Davide Gentile

Un Québec souverain serait une catastrophe, sur tous les plans, pendant de nombreuses années, prédit le premier ministre Philippe Couillard, qui s'est livré dimanche à une charge bien sentie contre ses adversaires souverainistes.

Et chaque fois que le chef péquiste Pierre Karl Péladeau va vanter les bienfaits de la souveraineté, il doit s'attendre à trouver Philippe Couillard sur son chemin.

Le premier ministre, qui semble parti en croisade pour éviter l'éclatement du Canada, s'est engagé dimanche à mener une lutte de tous les instants, coup pour coup, contre ceux qui sont déterminés à faire du Québec un pays.

Car un Québec souverain serait une hérésie, sur tous les plans, pendant de nombreuses années, selon lui.

« Je ne laisserai pas un pouce aux souverainistes », a assuré le chef libéral, à Shawinigan, en point de presse au terme du congrès de l'aile jeunesse du Parti libéral du Québec (PLQ).

Plus tôt dans son discours devant quelques centaines de jeunes militants, M. Couillard a prédit que l'accession du Québec à sa souveraineté entraînerait « de longues années de souffrance » et une baisse du niveau de vie des Québécois.

En point de presse, il a refusé de dire sur quelles données factuelles il s'appuyait pour faire une telle affirmation, préférant affirmer que le fardeau de la preuve revenait aux souverainistes, particulièrement au chef de l'opposition officielle, M. Péladeau, qu'il juge trop silencieux à ce sujet.

« Chaque fois qu'ils vont dire quelque chose sur la beauté idyllique d'un Québec indépendant, séparé du Canada, je vais immédiatement leur faire remarquer que ça doit être accompagné de chiffres, ça doit être accompagné d'arguments, ça doit être accompagné d'une démonstration crédible, ce qui n'est jamais le cas », selon lui, jusqu'à maintenant.

Dans l'esprit du chef libéral, « c'est l'évidence même » qu'un Québec devenu pays courrait à sa perte.

Au moins à court terme, mais sûrement pour bon nombre d'années, un Québec souverain ne serait tout simplement pas viable, a soutenu M. Couillard.

« C'est hors des moyens du Québec d'aujourd'hui », a-t-il fait valoir, prédisant « des années et des années de grande difficulté sur les plans économique, financier et social », si jamais les Québécois approuvaient un référendum sur la souveraineté.

« Je ne vois pas pourquoi on s'imposerait ça », a-t-il conclu.

Contrairement à M. Couillard, son prédécesseur à la tête du PLQ, l'ex-premier ministre Jean Charest, avait affirmé, en juillet 2006, en entrevue à une chaîne de télévision française, qu'un Québec souverain était viable économiquement, même si ce n'était pas la voie à suivre.