Le retour du Plan Nord

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Martine Biron donne les grandes lignes d'un Plan Nord plus modeste et comportant un volet social

Le gouvernement Couillard a dévoilé mercredi à Montréal les détails de la nouvelle mouture du Plan Nord dans le cadre d'une présentation d'envergure devant des gens d'affaires et à laquelle participait une majorité de membres du Conseil des ministres.

Il souhaite ainsi faire le pont entre sa première année au pouvoir, marquée par des mesures d'austérité, et la seconde, qu'il veut placer sous le signe de la relance économique.

Comme le révélait Radio-Canada la semaine dernière, Québec investira environ 2 milliards de dollars dans des projets d'infrastructure d'ici 2035. Hydro-Québec investira pour sa part quelque 19,5 milliards au cours de cette période. Le gouvernement espère ainsi convaincre le secteur privé d'investir environ 29,7 milliards, pour des investissements totaux d'un peu plus de 51 milliards de dollars.

« Nous allons investir dans les principales infrastructures routières existantes, a expliqué le premier ministre. On ne fera pas un éventail de routes vers le Nord. On va choisir ce qu'il faut entretenir et développer. »

Pas moins de 17 ministres ont participé au lancement du projet aux côtés de Philippe Couillard, dont le ministre responsable du Plan Nord, Pierre Arcand. 

« Le coeur du Plan Nord ne change pas : il a toujours pour but de mettre en valeur les ressources naturelles, énergétiques, sociales, culturelles et touristiques du territoire québécois situé au nord du 49e parallèle, a lancé le premier ministre en lever de rideau. On veut toujours créer des emplois et de la richesse pour les communautés nordiques et l'ensemble des Québécois dans le respect des populations du Nord et de l'environnement. »

« Notre gouvernement souhaite en faire une référence mondiale en matière de développement nordique durable et responsable, un projet rassembleur pour la société du Québec. » — Philippe Couillard, premier ministre du Québec
Entrevue avec Robert Sauvé, PDG de la Société du Plan Nord

Philippe Couillard a aussi assuré que les Autochtones sont « des partenaires précieux et essentiels pour le développement économique social et culturel du Québec », et que le Plan Nord constitue pour eux, et pour l'ensemble des populations locales, « une occasion exceptionnelle [...] de participer activement à la mise en oeuvre de projets qui permettront d'améliorer leur qualité de vie, notamment en agissant sur l'emploi, l'éducation, le logement, la santé et la culture ».

Dans la même veine, il a plaidé que le plan que son gouvernement présente aujourd'hui tient compte des impératifs économiques et sociaux, mais aussi environnementaux que nécessite un développement durable.

« Il n'y a pas de contradiction entre la protection de l'environnement et le développement économique, a dit Philippe Couillard. Pour y arriver, toutefois, il faut savoir se coordonner, se concerter et favoriser l'acquisition de nouvelles connaissances. »

« Notre vision est simple : à l'horizon 2035, le Plan Nord aura permis la mise en valeur du potentiel diversifié du territoire, au bénéfice de ces populations et de tout le Québec, dans le cadre d'un développement durable exemplaire, selon une approche intégrée, cohérente, responsable et concertée. » — Philippe Couillard, premier ministre du Québec

Des retombées pour les communautés locales

Le gouvernement prévoit qu'une partie des redevances issues des projets miniers sera retournée aux communautés qui les accueilleront, selon une formule qui reste à définir. Ces communautés pourront notamment utiliser l'argent pour des projets de développement économique, de tourisme ou de formation professionnelle, d'après le ministre délégué aux Mines, Luc Blanchette.

Dans l'ensemble, le Plan Nord du gouvernement Couillard est moins ambitieux que celui préconisé par le gouvernement Charest en 2011, en raison du cycle baissier du prix des métaux. Jean Charest prévoyait des investissements totalisant 80 milliards de dollars en 25 ans.

« Les marchés changent par définition, a reconnu Philippe Couillard. C'est ce qui nous a amenés à être plus conservateurs dans nos prévisions d'investissement. »

Actuellement, 17 projets miniers sont dans les cartons du gouvernement. Il s'agit de six projets de plus que ce qu'avait présenté le gouvernement Charest en 2011. Plusieurs de ces projets sont déjà connus, comme la mine d'apatite Arnaud ou le projet de mine de diamants Stornoway.

L'annonce est faite alors que le marché des métaux est à la baisse. Québec veut néanmoins envoyer le signal aux entrepreneurs qu'ils doivent être prêts pour le retour des beaux jours en créant un climat « favorable aux investissements ». « Le déclic, c'est d'inviter les gens en leur disant qu'il y a un plan, a dit le premier ministre. Dans l'esprit des investisseurs que j'ai rencontrés à l'étranger, il n'y avait plus de plan depuis deux ans. »