Rencontre Mulcair-Couillard : pont Champlain au menu

Les explications de Davide Gentile

Le chef de l'opposition officielle à Ottawa, Thomas Mulcair, a rencontré le premier ministre Philippe Couillard vendredi.

Les deux hommes se connaissent bien pour avoir été collègues ministres dans le gouvernement libéral de Jean Charest. Mais il s'agit d'une première rencontre officielle depuis l'élection de Philippe Couillard à titre de premier ministre du Québec.

Il a notamment été question du pont Champlain. M. Mulcair a rappelé que le Nouveau Parti démocratique s'oppose à l'instauration d'un péage. Il a aussi tourné en ridicule la proposition de Stephen Harper de vendre le pont au Québec. Philippe Couillard s'y oppose également. 

« M. Harper s'improvise en vendeur de chars usagés, a affirmé M. Mulcair dans un point de presse qui a suivi la rencontre. Le pont Champlain, c'est une responsabilité fédérale, une infrastructure essentielle pour le Québec et pour le Canada. Le gouvernement fédéral est responsable de ça pour une raison : c'est un pont par-dessus une voie maritime internationale. Ils ne l'ont jamais entretenu comme il faut et on est en train d'en payer le prix aujourd'hui. C'est urgent d'agir. »

Thomas Mulcair bien au fait de la règle du 100 000 $

Le chef néo-démocrate s'est ajouté à la liste des libéraux qui ont contredit l'ex-ministre des Transports Julie Boulet. Cette dernière a déclaré devant la commission Charbonneau qu'elle ignorait que les ministres du gouvernement Charest devaient recueillir 100 000 $ par année. »

« On avait tous un objectif communiqué de cet ordre-là. N'oubliez pas que, dans mon cas, ça fait presque dix ans que je suis parti, au début de 2006. C'était ce chiffre-là ou un autre dans les environs , a confirmé M. Mulcair.

« C'était la communication d'une idée de ce qu'un ministre était normalement attendu d'aller chercher comme financement », a-t-il précisé, sans pouvoir dire qui au juste l'en avait informé. 

Les deux hommes ont également parlé d'économie et de la possibilité de baisser les impôts des petites et moyennes entreprises (PME) pour créer des emplois, a indiqué le chef du NPD. 

MM. Mulcair et Couillard ont aussi abordé la question du Sénat, « un enjeu très important pour le NPD », même si les deux hommes ont des positions diamétralement opposées. Le NPD estime qu'il s'agit d'une « institution vétuste dans une société démocratique » qui « permet à des non élus [de] défaire des lois », tandis que Philippe Couillard croit toujours en sa pertinence, afin de compenser le déséquilibre démographique au Canada. 

M. Mulcair a par ailleurs indiqué être prêt à discuter « des demandes traditionnelles du Québec », faisant référence aux cinq exigences présentées par l'ex-premier ministre Robert Bourassa dans le cadre des négociations entourant l'accord du lac Meech, en 1987.

Sur les questions environnementales, M. Mulcair s'est dit « impressionné » de voir un gouvernement nommer une personne responsable spécifiquement de la lutte contre les changements climatiques au Conseil des ministres. 

Il ose même avancer que « l'année prochaine, lorsqu'[il deviendra] premier ministre », son premier geste sera de participer à la conférence climatique de Paris, afin que le Canada reprenne son rôle de leader mondial dans le dossier.

La majorité des députés élus du NPD sont du Québec. M. Mulcair ne s'inquiète pas que plusieurs d'entre eux soient peu visibles dans l'espace public. « Je suis satisfait du travail des députés sur le terrain avec leurs circonscriptions, je vais les visiter souvent, et je reviendrai », dit-il.