Élections Québec 2014

Référendum sur la souveraineté : pas d'échéancier trop rigide

Extrait de l'entrevue avec Jean-François Lisée

Le gouvernement du Parti québécois (PQ) ne veut pas brusquer la population en imposant un échéancier référendaire automatiquement après l'obtention d'un mandat majoritaire aux prochaines élections.

Un texte de Mylène CrêteTwitterCourriel

En entrevue à l'émission les Coulisses du pouvoir, le ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur, Jean-François Lisée, a indiqué qu'un gouvernement péquiste ne tiendrait un référendum que s'il juge que c'est le désir d'une majorité de la population.

« Est-ce que ce sera dans le premier mandat, dans le deuxième, dans le troisième? Je ne le sais pas. Nous ferons ce cheminement avec les Québécois, mais nous nous engageons à respecter leur volonté. »

Sans reprendre l'expression des « conditions gagnantes » popularisée par l'ancien premier ministre Lucien Bouchard à la fin des années 1990, il a précisé qu'un gouvernement majoritaire du PQ ne se lancerait dans l'organisation d'un troisième référendum que s'il avait l'assurance ou presque de le remporter.

« Ce référendum, nous ne le tiendrons que lorsque nous jugerons qu'une majorité de Québécois veulent faire ce pas. » — Jean-François Lisée
Après l'ACDI, l'AQSI?

Le ministre Jean-François Lisée a rendu public le 24 février un rapport qui recommande la création de l'Agence de solidarité internationale du Québec (AQSI). Cette agence financerait des projets de développement dans des pays étrangers.

Le ministre explique que l'AQSI répondrait à un besoin exprimé par les organisations québécoises de coopération internationale et leur permettrait d'affirmer leurs valeurs et celles du gouvernement du Québec. Sur ce point, il note la divergence entre la vision du Québec et celle adoptée au cours des dernières années par le gouvernement fédéral en matière de développement international.

« Lorsqu'on fait de la solidarité, ce n'est pas pour les entreprises. On fait de la solidarité pour donner la capacité à des populations du Sud de devenir autonomes dans des tas de champs et, donc, c'est la valeur première que nous voulons affirmer dans cette agence. »

Faut-il y voir un autre pan de la gouvernance souverainiste? « Si nos relations avec le Canada étaient excellentes, nous créerions l'agence québécoise de toute façon, mais c'est sûr que le contexte fait en sorte que l'urgence est plus forte et la différence de valeurs est encore plus forte. »

Une démocratie, deux communautés linguistiques

Questionné sur les ponts qu'il a tenté de créer avec les anglophones du Québec en tant que ministre responsable des relations avec cette communauté, Jean-François Lisée admet que la tâche était difficile, mais ajoute du même souffle qu'il a réussi à maintenir le dialogue et à faire entendre son message. « Quels que soient vos désaccords avec telle ou telle politique du Parti québécois, nous faisons partie de la même démocratie », explique-t-il.

Le gouvernement Marois a récemment essuyé les critiques du commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, qui affirmait dans une entrevue accordée au quotidien Le Devoir que la communauté anglophone au Québec est tolérée, mais qu'elle n'est pas valorisée. Le ministre s'est dit en désaccord avec ce point de vue, citant la construction du Centre de santé McGill à Montréal et le pavillon Molson de l'Université Concordia.

« Je comprends que mes amis anglophones considèrent que leur investissement dans le Québec n'est pas estimé à sa juste valeur, mais je dirais en revanche que plusieurs membres de la communauté anglo-Québécoise sous-estiment l'investissement que toute la société québécoise fait dans la communauté anglophone et dans ses institutions. »

L'entrevue avec Jean-François Lisée sera diffusée aux Coulisses du pouvoir dimanche à 11 h sur ICI Radio-Canada Télé.

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