Tragédie à L'Isle-Verte

Le ministre Hébert préoccupé par la question des gicleurs dans les résidences

Entrevue avec le ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert

Une tragédie comme celle de L'Isle-Verte force le gouvernement du Québec à agir rapidement sur la question de la sécurité des résidences pour personnes âgées, selon le ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert.

Dans sa première réaction publique depuis la tragédie, le ministre affirme que l'événement l'oblige à accélérer sa réflexion, notamment sur la question de l'installation de gicleurs. « La majorité des établissements pour personnes âgées possèdent des gicleurs, mais on devra voir si les résidences pour personnes semi-autonomes devraient aussi en être équipées », a-t-il dit.

Le Regroupement québécois des résidences privées pour aînés (RQRA) demande à Québec que les gicleurs soient obligatoires dans toutes les résidences de personnes âgées. « Ça ne met pas à l'épreuve de l'incendie, mais ça aide à contrôler l'incendie et à diminuer le risque de pertes de vies », affirme le président-directeur général de l'association, Yves Desjardins.

D'ailleurs, une étude publiée en janvier 2013 par l'Université de la Vallée Fraser, en Colombie-Britannique, avance que le taux de mortalité augmente de 13,7 fois en l'absence de gicleurs.

Le ministre Hébert, en février 2013, était déjà préoccupé par l'absence de gicleurs dans plusieurs résidences pour personnes âgées au Québec. « Faut-il attendre qu'on ait un drame avant d'implanter des règles claires? » avait-il déclaré à l'Assemblée nationale. Aujourd'hui, il reconnaît qu'il y a « des prémonitions qui sont malheureuses ».

« Malheureusement, il est arrivé ce que je craignais. » — Réjean Hébert, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec

Le ministre Hébert préoccupé par la question de l'autonomie

La résidence du Havre, à L'Isle-Verte, respectait les normes malgré la présence de résidents en perte d'autonomie. « En ce moment, les règles ne sont pas les mêmes pour les aînés semi-autonomes. Malgré la maladie d'Alzeihmer ou la cécité, ils restent en partie autonomes. On devra réévaluer tout ça », a déclaré le ministre.

Réjean Hébert n'a pas voulu prendre position sur la nécessité d'une enquête publique du coroner pour élucider la question. Il laisse le soin au ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, de prendre cette décision.

Réjean Hébert est actuellement à l'extérieur du pays. Il affirme être sur la voie du retour et confirme sa présence à L'Isle-Verte, lundi.