Harper aurait « peut-être » dû accepter plus tôt la démission de Wright

Stephen Harper à une conférence de presse en Colombie, le 23 mai. Stephen Harper à une conférence de presse en Colombie, le 23 mai.  Photo :  PC/Sean Kilpatrick

Le premier ministre canadien, Stephen Harper, a admis jeudi qu'il aurait « peut-être » dû accepter la démission de son chef de cabinet Nigel Wright plus tôt, ajoutant qu'il avait néanmoins pris la bonne décision.

Stephen Harper a tenu ces propos lors d'un point de presse jeudi dans le cadre de son voyage en Amérique du Sud.

Nigel Wright a démissionné de son poste de chef de cabinet du premier ministre le 19 mai, après avoir donné 90 000 $ au sénateur Mike Duffy pour qu'il rembourse des allocations auxquelles il n'avait pas droit.

Après avoir été informé des faits, Stephen Harper avait affirmé pendant plusieurs jours avoir toujours confiance en son proche conseiller. Il a fallu deux jours pour que le sénateur Mike Duffy quitte le caucus conservateur et trois journées supplémentaires pour que Stephen Harper accepte sa démission. Par la suite, le ton du premier ministre a changé et Stephen Harper a déclaré que son ancien bras droit devait porter tout le blâme dans cette affaire, puisque c'était son argent, sa décision, sa responsabilité.

Mais pour l'opposition, le jugement du premier ministre doit être remis en question. « C'est sûr que le fait que le premier ministre Harper dise "j'ai peut-être fait une gaffe, j'ai peut-être fait une erreur", c'est bon signe. En même temps, nous on dit que c'est tellement scandaleux qu'il aurait dû prendre la bonne décision dès le départ. Il se rend compte que son jugement n'a pas été peut-être à la hauteur », dit le député néo-démocrate Alexandre Boulerice.

« Peut-être qu'il a un problème de jugement plus généralisé, M. Harper. C'est lui qui a nommé Nigel Wright, c'est lui qui a nommé Mike Duffy, c'est lui qui a nommé Patrick Brazeau et Pamela Wallin. Alors peut-être qu'il fait gaffe par-dessus gaffe dans ce dossier-là. » — Alexandre Boulerice

La GRC confirme s'intéresser à Duffy, Brazeau et Harb

La Gendarmerie royale du Canada confirme qu'elle se penche sur les dossiers des trois sénateurs accusés d'avoir réclamé des allocations auxquelles ils n'avaient pas droit. La police tente de déterminer en ce moment s'il y a des motifs d'entreprendre une enquête pénale contre les sénateurs Mike Duffy, Patrick Brazeau et Mac Harb.

Le chef du Bloc québécois, Daniel Paillé, se réjouit de la démarche. « Nous, ce qu'on veut, c'est de faire toute l'enquête, toute la lumière, et que la GRC ait accès à l'ensemble de la documentation qui a pu exister au bureau du premier ministre.

« C'est majeur, c'est une crise de confiance envers le gouvernement » — Daniel Paillé

En marge de la démarche de la GRC, le dossier de Mike Duffy est de retour devant le comité sénatorial de la régie interne, des budgets et de l'administration. Mais cette deuxième évaluation demandée par le Sénat est critiquée, le comité de révision étant déjà accusé d'avoir édulcoré son premier rapport sur les dépenses de M. Duffy. L'opposition juge que le comité n'a plus de crédibilité.

Pendant ce temps, le sénateur Mike Duffy, au coeur de la tourmente, dit qu'il souhaite une enquête « complète et ouverte », soutenant que les Canadiens « ont le droit de savoir ». Le sénateur promet de collaborer à toute vérification, y compris celle de la GRC.