Québec s'entend avec les recteurs

Luce Samoisette, présidente du conseil de la CREPUQ, en conférence de presse à Montréal le 15 février 2013 Luce Samoisette, présidente du conseil de la CREPUQ, en conférence de presse à Montréal le 15 février 2013

Une entente entre les recteurs des universités québécoises et le gouvernement du Québec était dans l'air pendant le Sommet sur l'enseignement supérieur. L'entente, qui a été acceptée par les recteurs mercredi, permet à ces derniers d'étaler les compressions budgétaires de 250 millions de dollars sur 7 ans.

Soumise par le gouvernement avant le sommet, l'entente n'a été acceptée qu'une fois le sommet terminé. L'entente ne s'applique qu'aux universités à charte, excluant celles du réseau des Universités du Québec.

L'entente prévoit que les compressions de 124 millions de dollars pour 2012-2013 sont maintenues.  Les universités pourront toutefois en reporter la moitié sur un déficit à la condition de présenter un « plan de redressement » de cinq ans pour absorber ce déficit. 

En ce qui concerne les compressions de 126 millions prévues pour l'année financière suivante, 2013-2014, elles pourront les étaler sur 7 ans.  Les déficits ainsi créés ne seront toutefois que théoriques grâce au réinvestissement de 1,76 milliard de dollars que le gouvernement injectera dans l'enseignement supérieur dès l'année fiscale 2014-2015.

Or, la manne prévue pour 2014-2015 sera disponible dès la fin de l'année 2013-2014 grâce au chevauchement des années financières des universités et du gouvernement. Les universités bénéficieront ainsi d'un premier versement de 125 millions dès le mois d'avril 2014; premier mois de l'année financière gouvernementale - coïncidant avec le début du réinvestissement en enseignement supérieur - et dernier mois de l'année financière universitaire 2013-2014.

Les livres comptables des universités s'équilibreront ainsi pendant que les compressions de 250 millions continueront d'apparaître dans les livres du gouvernement. Le gouvernement respectera ainsi son objectif de présenter un budget équilibré. L'esprit de l'entente s'avère ainsi conforme au leitmotiv de la première ministre Pauline Marois: « Ferme sur les objectifs, mais souple sur les moyens ».

Les établissements du réseau des universités du Québec ne sont pas touchés par cette entente. Les universités du Québec devraient demeurer avec 10 millions de dollars de compressions non réalisées. Une somme que le gouvernement absorbera.