Le droit de grève discuté au Sommet sur l'enseignement

Des étudiants manifestent devant le pavillon Jean-Brillant de l'Université de Montréal. Des étudiants manifestent devant le pavillon Jean-Brillant de l'Université de Montréal.  Photo :  Dominic Brassard

La reconnaissance du droit de grève des étudiants sera abordée la semaine prochaine au Sommet sur l'enseignement supérieur, a indiqué mardi la première ministre Pauline Marois.

Échaudées par les débordements du « Printemps érable » en 2012, les directions d'universités et de cégeps souhaitent que le gouvernement légifère pour « encadrer » la démocratie étudiante avec à la clé la reconnaissance d'un droit de grève en bonne et due forme.

En exigeant des règles claires et des balises, les recteurs et les directions de cégeps espèrent éviter, à l'avenir, de se retrouver à nouveau coincés entre des étudiants en boycott et d'autres munis d'injonctions ordonnant la reprise des cours.

En Chambre, la première ministre Marois a confirmé que l'enjeu du droit de grève sera abordé pendant la journée et demie que durera le Sommet, les 25 et 26 février à Montréal.

« Nous avons convenu, le ministre de l'Enseignement supérieur et moi, que, comme il n'y avait rien de tabou au Sommet sur l'enseignement supérieur, c'est un sujet qui pouvait être abordé. Maintenant, est-ce qu'on pourra tirer des conclusions? Est-ce qu'on pourra sortir du sommet en se disant: voilà ce que nous faisons, voilà ce que nous ne ferons pas. Ça, c'est autre chose », a-t-elle dit.

De fait, le gouvernement ne s'engagera pas sur la voie de la reconnaissance du droit de grève dès le lendemain du Sommet. Au mieux, il s'agira de l'amorce « d'une réflexion », a précisé le ministre Pierre Duchesne.

« On n'est pas rendu-là, il y a des réflexions, des questionnements, a-t-il dit. C'est le début d'une réflexion, on sort d'une crise qui a été assez tendue l'année dernière et il faudra voir comment on évolue là-dessus. »

Mais l'ouverture manifestée par le gouvernement Marois a été dénoncée sans réserve par les libéraux et caquistes pour qui le droit de grève ne saurait être accordé à la clientèle étudiante.

Le PLQ et la CAQ contre le droit de grève

Pour le chef libéral intérimaire, Jean-Marc Fournier, le seul droit qui mérite d'être reconnu en cette matière est celui des étudiants à assister à leurs cours. « Il n'y a pas de droit de grève, je suis contre le droit de grève, je suis pour le droit à l'éducation », a lancé M. Fournier, sur le ton de l'outrage.

« On essaie d'inculquer à nos jeunes [le goût] d'aller à l'école, on ne commencera pas à leur dire : sauf les jours de grève! », a-t-il ajouté.

De même, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, estime que la proposition est absurde. Les étudiants ne sont pas des salariés et rien ne les oblige à aller en classe, a-t-il fait remarquer.

« Les étudiants ne sont pas des employés, les étudiants qui ne veulent pas étudier n'ont qu'à ne pas aller étudier, on ne force pas personne à étudier ou à ne pas étudier, on ne peut pas comparer avec une entreprise ou les employés d'une entreprise », a soutenu M. Legault.

En incluant le droit de grève dans le débat, le ministre Duchesne démontre qu'il est « complètement perdu et dépassé », a poursuivi le chef de la CAQ.


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