Ottawa : le gouvernement crée le Bureau de la liberté de religion

Le reportage de Daniel Thibeault

Le premier ministre Stephen Harper a annoncé mardi à Toronto la création du Bureau de la liberté de religion, qui est rattaché au ministère des Affaires étrangères. Un ancien fonctionnaire, Andrew Bennett, qui est professeur et doyen du Augustine College, un établissement chrétien d'Ottawa, sera l'ambassadeur de ce nouveau bureau.

M. Harper a choisi symboliquement de faire l'annonce au siège du groupe musulman Ahmadiya, dont les membres ont connu la persécution depuis sa création. Le premier ministre a expliqué que la tolérance de cette communauté, malgré les persécutions, constitue une « inspiration » pour le Canada. Il a indiqué que les valeurs de cette communauté renforcent l'engagement du Canada pour la diversité et le pluralisme.

M. Harper a affirmé que le Canada ne resterait pas « silencieux » devant l'intolérance religieuse qui se répand de plus en plus dans le monde comme en Chine, en Iran et au Pakistan.

Le Bureau de la liberté religieuse assurera « la promotion de la liberté de croyance ou de religion en tant qu'élément prioritaire de la politique étrangère du Canada », lit-on dans le communiqué du bureau du premier ministre.

Le ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration, Jason Kenney, a rappelé que M. Harper avait dévoilé son intention de créer ce bureau durant la dernière campagne électorale pour montrer que le Canada est la voix de ceux qui sont persécutés dans le monde.

« Nous renouvelons notre vocation particulière comme nation, qui est une voix pour les sans-voix et un refuge pour les persécutés », a déclaré M. Kenney.

Par ailleurs, à une question sur la polémique autour de l'organisme anti-homosexualité Crossroads, M. Harper a expliqué de façon sommaire le fonctionnement de l'Agence canadienne de développement international et a renvoyé le journaliste au ministre Julian Fantino.

Le NPD insatisfait

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'affaires étrangères, Paul Dewar, estime que la création du Bureau de la liberté religieuse « représente à la fois une promesse rompue et une occasion ratée de la part des conservateurs. Les conservateurs ont promis à plusieurs reprises qu'ils créeraient une agence du développement démocratique. Ils n'ont pas tenu parole ».

Pour le NPD, les conservateurs « ont une vision étroite de ce que peut offrir le Canada. Ils ont renoncé à encourager d'autres pays à se doter de gouvernements plus ouverts et plus démocratiques ».

Par ailleurs, le NPD demande aux conservateurs d'« arrêter de jouer à instrumentaliser notre politique étrangère à des fins partisanes ».

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