Loi 1 sur l'intégrité : du renfort pour l'UPAC

Un enquêteur de l'UPAC au siège social de F. Catania et Associés

Exclusif - Québec passe de la parole aux actes pour faire appliquer sa loi 1 sur l'intégrité en matière de contrats publics. Le gouvernement Marois crée une Direction de la vérification institutionnelle, une nouvelle entité qui aura pour tâche de scruter le dossier des propriétaires et administrateurs des milliers d'entreprises qui veulent faire affaires avec le secteur public québécois.

L'unité embauchera quelque 123 personnes d'ici trois ans. Dès les prochaines semaines, 49 personnes vont se greffer à l'unité.

La Direction de la vérification institutionnelle va relever directement de Pierre Avon, commissaire associé au sein de l'Unité permanente anticorruption (UPAC). Benoit Richard, agent d'information à la Sûreté du Québec, confirme que 40 des 123 employés sont d'ex-policiers. Ils auront le titre d'analystes-investigateurs. Ils seraient issus de la GRC, de corps de police municipaux, mais aussi de la Sûreté du Québec. On ne sait toutefois pas quelle sera la proportion de policiers de la SQ dans ce groupe. Une partie des renforts sont des employés à temps plein, d'autres seront embauchés à temps partiel.

Embauches de jeunes retraités de la SQ

La Direction de la vérification institutionnelle a embauché deux nouveaux retraités de la Sûreté du Québec pour lancer ses activités. Benoit Poulin et Yves Gaudreau, qui étaient inspecteurs chefs et qui ont pris leur retraite le 4 janvier 2013, ont repris du service le 7 janvier comme analystes-investigateurs au sein de la nouvelle direction. Le gouvernement voulait que la loi 1 s'applique dès le début de l'année. À la Sûreté du Québec, on explique qu'il fallait embaucher rapidement des policiers d'expérience pour lancer les opérations du nouveau bureau. Sans avoir le statut et les pouvoirs de policiers, l'expérience de MM. Poulin et Gaudreau serait un atout pour la tâche qui attend la nouvelle direction.

Scepticisme à la CAQ

Rejoint en soirée dimanche, le député de la Coalition avenir Québec (CAQ) et ex-directeur de l'Unité anticollusion, Jacques Duchesneau, semblait sceptique. Il répète que la loi 1 vise le mauvais objectif en se concentrant sur les administrateurs des sociétés. Il se questionne également sur la composition de cette nouvelle entité. « Est-ce que ça prend d'ex-policiers pour faire ce travail d'analyse? Je n'en suis pas certain », affirme-t-il. Mais l'ex-numéro un du SPVM souhaite laisser au nouveau groupe la chance de faire ses preuves.

Il doute aussi du fait que la moitié des 20 millions que prévoit investir Québec pour faire appliquer la loi 1 puissent parvenir des entreprises.

D'autres sources du milieu policier pensent que ce sont des enquêteurs actifs sur le terrain et non pas des vérificateurs dont on aurait eu besoin pour combattre la corruption.

Première intervention publique avec le nouveau chef de la SQ

Par ailleurs, Mario Laprise fera sa première intervention publique à titre de directeur général de la Sûreté du Québec lundi en commission parlementaire lors de l'étude des crédits.

Il a été nommé pour succéder à Richard Deschênes qui a quitté ses fonctions dans la controverse après que La Presse ait révélé qu'une grande enquête sur son administration avait été lancée.

La Sûreté du Québec est en mode compression comme plusieurs autres entités du gouvernement.

Les libéraux Robert Poéti et Guy Ouellette, deux anciens de la SQ, et Jacques Duchesneau, lui aussi ex-policier, vont questionner le nouveau patron de la SQ.

D'après des informations de Davide Gentile

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