Refonte de la loi 101 : les libéraux s'opposeront à toute forme de coercition

Le chef intérimaire du PLQ, Jean-Marc Fournier Le chef intérimaire du PLQ, Jean-Marc Fournier

Les libéraux vont décrier toute mesure coercitive incluse dans la refonte de la loi 101, a indiqué mercredi le chef de l'opposition officielle, Jean-Marc Fournier, au terme de deux jours de caucus en préparation de la prochaine session parlementaire qui débute la semaine prochaine.

Ce n'est pas à coups de marteau qu'il faut faire la promotion du français au Québec, a dit M. Fournier, en point de presse, en énumérant les cinq priorités de sa formation politique pour la prochaine session. La défense du français n'en fait pas partie.

« Le français sera toujours une priorité lorsqu'il est pris de la bonne façon, lorsqu'on souhaite partager le bonheur du français plutôt que d'avoir un marteau pour l'imposer », a-t-il dit.

Une refonte de la Charte de la langue française a été déposée par le gouvernement en décembre, pour étude durant les mois qui viennent. Elle prévoit notamment étendre aux petites entreprises de 26 à 49 employés les mêmes obligations de francisation que celles exigées des sociétés de plus de 50 employés.

Dans les prochains mois, les cinq priorités libérales seront plutôt le financement de l'enseignement supérieur, les redevances imposées aux compagnies minières, les transferts fédéraux en santé, la viabilité des régimes de retraite et la négociation du futur pacte fiscal avec les municipalités.

« Rien dans les statistiques sur la question linguistique ne justifie que nous lancions des mesures coercitives pour faire la promotion du français », a-t-il ajouté, en justifiant sa position par le fait que 85 % des immigrants inscrivaient leurs enfants à l'école française. M. Fournier a cependant omis de mentionner que c'est précisément grâce à la coercition, inscrite dans la première mouture de la loi 101, que les enfants d'immigrants fréquentent en masse l'école française. Car c'était loin d'être le cas avant l'adoption de la loi 101, en 1977. À l'époque, le gouvernement Lévesque voulait justement faire contrepoids à l'attrait indéniable de l'anglais chez les nouveaux arrivants.

Sensibilisation, incitation, adhésion volontaire : voilà les mots à privilégier devant les immigrants et les anglophones, selon le chef libéral par intérim. Pour ce qui est de l'enseignement intensif de l'anglais au primaire, M. Fournier souhaite que le gouvernement fasse en sorte que le jeune qui termine sa sixième année « soit en mesure de comprendre et de s'exprimer en anglais ».

C'est ce que les parents veulent, a-t-il dit, et c'est ce qu'il croit comprendre de la position actuelle du gouvernement. « Les jeunes Québécois ont le droit d'avoir le monde pour ambition », a-t-il dit, à propos de l'enseignement de l'anglais au primaire. Mais au total, ce seront sans surprise les thèmes économiques qui vont surtout retenir l'attention des députés libéraux au cours des prochains mois. « La question économique reste fondamentale, a dit M. Fournier, parce que c'est le passage obligé pour que notre société soit plus juste. »

Ce caucus se tenait dans un contexte particulier : un nouveau chef sera élu, à la mi-mars, et arrivera avec ses propres priorités, son programme et ses idées à lui.
M. Fournier est donc assis sur un siège éjectable à court terme. Deux des candidats à la direction du parti, Raymond Bachand et Pierre Moreau, sont députés, donc deviendraient chef de l'opposition après le 17 mars, si les militants votent pour l'un d'eux.

Si c'est plutôt le troisième candidat qui est élu, Philippe Couillard, M. Fournier pourrait devoir tenir le fort encore un certain temps. M. Couillard n'a pas à ce jour montré d'empressement à siéger à l'Assemblée nationale avant les prochaines élections générales.

Parmi les absents de cette deuxième journée de caucus présessionnel, figuraient les noms des deux candidats à la direction, Raymond Bachand et Pierre Moreau.


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