Droits de scolarité au Québec : un débat de société

Universités : Duchesne répond à Legault et interpelle Ottawa

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Le ministre Pierre Duchesne

Le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie du Québec, Pierre Duchesne, accueille avec tiédeur l'idée avancée par la Coalition avenir Québec (CAQ) de moduler les droits de scolarité en fonction des programmes pour permettre notamment aux universités de financer la recherche. Il lance du même coup une pointe au gouvernement fédéral au sujet de la recherche. 

Après avoir écarté la gratuité au chapitre des droits de scolarité, le ministre Duchesne estime qu'il faut définir le concept de gel des droits de scolarité. Il invite les Fédérations étudiantes collégiale (FECQ) et universitaire (FEUQ) du Québec à exposer les conséquences d'un tel modèle. Parmi les autres options, celle de l'indexation semble intéresser le ministre au plus haut point. Il a indiqué qu'une indexation pouvait être fonction du revenu familial, du revenu disponible ou des montants alloués par l'État, notamment.

Quant au concept de modulation avancé la veille par le chef de la CAQ, le ministre Duchesne s'est dit perplexe, et a invité François Legault à venir s'expliquer au sommet sur l'éducation supérieure.

M. Legault a précisé sa pensée mardi, sur les ondes de la Première Chaîne de Radio-Canada. Le chef de la CAQ estime que le gouvernement péquiste met l'accent sur l'accessibilité aux études, alors que lui aspire aussi à l'excellence.

Selon M. Legault, les universités qui ont un programme de recherches ambitieux devraient avoir accès à des budgets supplémentaires en fixant elles-mêmes les droits de scolarité. C'est le moyen, d'après lui, pour les universités de retenir les professeurs et de pouvoir être en compétition avec d'autres universités.

Pour ce qui est de la modulation, M. Legault a donné l'exemple d'un étudiant en sciences humaines qui paye 40 % des coûts de ses études, alors que quelqu'un qui suit des études de médecine paye seulement 10 % du coût du programme. Ainsi, le chef de la CAQ propose une modulation en fonction du coût des programmes et en fonction des revenus, quand l'étudiant rejoint le marché du travail. Le remboursement sera ainsi proportionnel au revenu.

M. Duchesne s'est étonné du fait que M. Legault semble prêt à créer des universités dites « de classe mondiale », qui auraient la liberté d'exiger des frais plus élevés, et une catégorie d'universités de seconde classe, dont les droits de scolarité seraient limités.

Cependant, le concept de modulation lui-même n'est pas à écarter, selon le ministre, qui a parlé de la possibilité d'appliquer une modulation avant les études, ou après que celles-ci aient été complétées.

L'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue a quant à elle dénoncé mardi les propositions de la CAQ concernant le financement des universités.

Ottawa interpellé

Par ailleurs, le ministre Duchesne estime qu'une discussion doit être entamée avec le gouvernement fédéral au sujet du financement de la recherche scientifique.

Selon le ministre, Québec doit réagir devant le retrait progressif d'Ottawa de la recherche fondamentale et la volonté du gouvernement Harper d'orienter les efforts de recherche dans certains domaines au détriment d'autres.

Pour le ministre, les chercheurs doivent être en mesure de planifier à moyen et long terme. Pour cette raison, « il ne faudrait pas que les agissements du gouvernement fédéral nous amènent à rendre la situation plus complexe qu'elle ne l'est déjà présentement », a-t-il indiqué.

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