Les Autochtones au coeur des débats de la rentrée parlementaire

Le reportage de Daniel Thibeault

Les députés de l'opposition attendaient les conservateurs de pied ferme, lundi, à l'occasion de la rentrée parlementaire, pour les bombarder de questions sur les Autochtones, la réforme de l'assurance-emploi, les F-35 et les pertes de données de citoyens.

Les revendications du mouvement Idle No More, dont une grande manifestation se tenait devant le Parlement pendant la période de questions, ont été abordées dès les premières minutes. Le chef de l'opposition officielle, Thomas Mulcair, a fait de ces revendications son cheval de bataille, rappelant les problèmes que vivent les Autochtones dans les réserves, comme la pauvreté, tandis que le député Romeo Saganash, nouvellement nommé porte-parole adjoint en matière d'affaires intergouvernementales autochtones, a mis l'accent sur le non-respect des traités.

Le gouvernement a pour sa part plaidé qu'il avait procédé à des investissements dans le logement, les écoles, les systèmes d'eau potable et la protection des femmes. Et le travail se poursuit, assure le premier ministre.

L'opposition déplore les impacts de la réforme de l'assurance-emploi

Concernant l'assurance-emploi, la députée néo-démocrate Anne-Marie Day s'est attaquée à la nouvelle réforme en vigueur depuis trois semaines qui a eu pour effet, dit-elle, de retirer l'accès aux prestations de personnes qui ont payé leurs cotisations, ce qu'elle qualifie « d'attaque flagrante contre les emplois saisonniers et le développement des régions ».

La ministre des Ressources humaines, Diane Finley, rétorque plutôt que le système qui aide les citoyens en recherche d'emploi a, au contraire, été amélioré. Désormais, les chômeurs ont accès à davantage d'information sur les emplois disponibles, dit-elle.

En outre, « depuis le début, le système d'assurance-emploi prévoit que les citoyens doivent faire un effort raisonnable pour chercher un emploi », ajoute la ministre.

Les F-35 pourchassent le gouvernement

Les questions à saveurs économiques ont aussi été au centre des discussions, notamment lorsque la députée néo-démocrate Peggy Nash a évalué que toutes les prévisions du gouvernement s'étaient révélées fausses et qu'elle a souligné que l'agence de notation Moody's venait d'abaisser les notes de six banques canadiennes.

Quant au dossier des F-35, la députée du NPD Christine Moore a rappelé le dépôt du rapport de KPMG, en décembre, considérant qu'il mettait en évidence la mauvaise gestion des conservateurs quant à l'acquisition des F-35. « Les conservateurs n'ont pas de plan B, parce qu'ils avaient choisi un fournisseur unique », a fait valoir Mme Moore. « La semaine dernière, les conservateurs ont envoyé un questionnaire aux compétiteurs du F-35 pour obtenir de l'information sur les autres chasseurs disponibles. Pourquoi ce questionnaire n'a pas été envoyé dès le départ? », a-t-elle demandé.

La ministre des Travaux publics, Rona Ambrose, a répondu que le gouvernement suivait les recommandations du vérificateur général et qu'il était sur la bonne voie dans ce dossier.

Mulcair rassuré sur la mission au Mali

Le NPD a soulevé lundi la question de la mission militaire au Mali. Thomas Mulcair a demandé à Stephen Harper si le Parlement allait être consulté advenant le changement de la mission canadienne, ce à quoi le premier ministre a répondu oui.
Rona Ambrose, ministre de la Condition féminine. Rona Ambrose, ministre de la Condition féminine.

Le débat sur l'avortement à ne pas rouvrir, selon les deux partis

En ce 25e anniversaire de la décriminalisation de l'avortement au Canada, la porte-parole du NPD en matière de condition féminine, Niki Ashton, a accusé les conservateurs de vouloir secrètement rouvrir le débat sur l'avortement, ce que les femmes ne désirent pas, dit-elle.

« La ministre responsable de la condition féminine va-t-elle cesser d'appuyer des motions pour rouvrir le débat? » a renchéri sa collègue néo-démocrate Françoise Boivin.

En septembre dernier, une motion du député conservateur Stephen Woodworth visant à redéfinir le moment où commence la vie humaine a été battue à la Chambre des communes. Au final, 203 députés avaient voté contre et 91 pour, dont la ministre de la Condition féminine, Rona Ambrose.

Mme Ambrose a dit lundi que les Canadiennes ne voulaient pas rouvrir le débat sur l'avortement. Sa position, précise-t-elle, est que l'avortement devrait être « sécuritaire, légal et rare » - une citation attribuée à Hillary Clinton.

Les parlementaires étaient de retour en Chambre lundi, après plus d'un mois de congé.

Les conservateurs reprenaient leurs sièges au moment où un sondage les place en bonne posture. Sur 1000 personnes interrogées par Harris-Decima et La Presse Canadienne, 50 % se sont dit « assez » ou « très satisfaits » de la performance des conservateurs, tandis que 47 % ont dit être « assez » ou « très insatisfaits ».

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