Pauline Marois estime avoir rassuré les multinationales

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Le compte-rendu de Sébastien Bovet

En tournée en Europe, la première ministre Pauline Marois croit avoir rassuré les multinationales qui voudraient investir au Québec et qui étaient préoccupées par l'arrivée au pouvoir du Parti québécois, élu avec les promesses d'augmenter les redevances minières, de réaligner le Plan Nord et de hausser les impôts des mieux nantis.

Après avoir assisté au Forum économique mondial à Davos, en Suisse, la première ministre du Québec était samedi au Royaume-Uni pour tenter « de développer et de consolider les échanges commerciaux » qu'entretient le Québec avec les Britanniques.

En conférence de presse à Londres, Pauline Marois a admis que son gouvernement avait à l'égard de certaines entreprises « des inquiétudes quant à la fragilité de leurs investissements, quant à leur volonté de continuer à travailler avec le Québec ». Mais après avoir rencontré les dirigeants de plusieurs entreprises comme Ericsson, Ubisoft, Volvo, Novartis et Lockheed Martin, la première ministre a estimé que plusieurs d'entre eux « sont intéressés à continuer d'investir au Québec ».

Le gouvernement tente d'attirer de nouveaux investissements grâce à deux mesures mises en place dans son premier budget, soit un « congé fiscal » de 10 ans pour les investissements d'au moins 300 millions de dollars dans certains secteurs, et la bonification du crédit d'impôt pour la recherche et développement.

Le dossier Pétrolia, un mauvais message?

Selon la première ministre, les entreprises étrangères n'ont pas à craindre pour leurs investissements au Québec.

Or, la firme québécoise Pétrolia vient d'annoncer qu'elle reportait son projet d'exploration pétrolière à Gaspé dans la foulée de l'adoption, par la municipalité, d'un règlement interdisant tout forage. Québec avait pourtant permis à Pétrolia d'aller de l'avant dans ce dossier.

Mme Marois martèle que son gouvernement demeure favorable à l'exploitation du pétrole québécois si cela se fait « dans un cadre responsable ».

Le Royaume-Uni est le principal partenaire économique du Québec en Europe. Les exportations de la province vers le Royaume-Uni sont cependant beaucoup moins importantes que les importations. Le déficit commercial se situe autour de 3 ou 4 milliards de dollars, selon les années.

Partenariat avec Boeing

Un seul projet concret semble être ressorti des rencontres : un partenariat entre la société québécoise RSW RER et le géant de l'aéronautique Boeing pour le développement d'hydroliennes, des turbines installées dans les cours d'eau pour produire de l'électricité. Le partenariat devrait être annoncé bientôt, selon Mme Marois.

Pauline Marois poursuit dimanche sa visite de quatre jours au Royaume-Uni. Elle doit notamment se rendre dans la tour Shard, qui est la plus haute tour d'Europe, où l'on retrouve au sommet des télescopes conçus par l'entreprise montréalaise GSM Project Technology. Elle y rencontrera les dirigeants de l'entreprise.

Lundi, la première ministre a prévu visiter une entreprise spécialisée dans les effets visuels. Elle présentera aussi une conférence à la Chambre de commerce Canada-Royaume-Uni, où elle doit faire la promotion d'investissements au Québec, en particulier d'investissements miniers pour le Plan Nord.

Le lendemain, Mme Marois doit se rendre en Écosse, pour, dit-elle, tenter de conclure une entente de coopération concernant les affaires culturelles et économiques avec l'Écosse.

Mme Marois rencontrera aussi le premier ministre indépendantiste écossais, Alex Salmond, accompagnée de son ministre responsable de la Gouvernance souverainiste, Alexandre Cloutier.

Les partis d'opposition à Québec ont critiqué la rencontre prévue entre Pauline Marois et Alex Salmond. Ils reprochent à la première ministre d'utiliser les fonds publics pour faire la promotion de la souveraineté.

Mme Marois a avoué vouloir aborder des thèmes politiques avec Alex Salmond, mais a souligné que la rencontre sera d'abord économique et qu'il fait partie de son rôle de faire des rencontres qui peuvent mener à des ententes. « Je ne me souviens pas que M. Charest se soit gêné de rencontrer les Catalans, qui sont eux aussi préoccupés par leur avenir », a-t-elle lancé.

Rappelons que l'Écosse tiendra un référendum sur la souveraineté à l'automne 2014.

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