Des Algonquins réclament leurs droits sur des terres au Québec et en Ontario

Un shaman algonquin cueille des plantes à Kokomville, Québec Un shaman algonquin cueille des plantes à Kokomville, Québec  Photo :  AFP/Clément Sabourin

Des Algonquins font valoir leurs droits sur un immense territoire de plus de 34 000 kilomètres carrés qui chevauche le Québec et l'Ontario, englobant notamment les mines de Rouyn-Noranda.

Les chefs de trois nations algonquines de Timiskaming, WolfLake et Eagle Village étaient à Ottawa mercredi pour aviser le gouvernement fédéral et celui de l'Ontario de leur intention d'exercer leurs droits sur ce qu'ils considèrent comme leurs territoires ancestraux. Le gouvernement du Québec sera aussi impliqué.

Cet « énoncé d'affirmation du titre et des droits autochtones » est en fait une étape préliminaire à une revendication territoriale formelle.

Le territoire visé par les trois communautés - de la taille de la Belgique - est en fait la large vallée de la partie supérieure de la rivière des Outaouais. Cette vaste étendue est en partie en Ontario, mais surtout au Québec, et globalement située au nord de la ville ontarienne de North Bay.

Ils sont plus de 2000 Autochtones à vivre dans ces trois bandes.

« Nos communautés détiennent un titre ancestral non éteint. Nous n'avons jamais cédé nos droits par traité ou autrement. Il faut maintenant que ces droits soient reconnus et nous présentons ces preuves afin de permettre une consultation efficace sur les questions qui affectent nos intérêts », a déclaré le chef Terence McBride de Timiskaming.

Les chefs des trois communautés doivent d'ailleurs rencontrer jeudi des représentants des deux gouvernements et leur présenter le résultat de 15 années de recherches afin de préciser l'étendue de leurs terres.

Ils argumentent notamment que des traités signés avec les Britanniques en 1760 et 1764 ont reconnu les droits de leurs ancêtres sur ces territoires.

Comme de nombreuses autres réclamations de terres ancestrales, celle-ci pourrait éventuellement mener à des demandes de partage des revenus des ressources naturelles, à la gestion du territoire et à la protection de l'environnement.

Pour la négociation

« Nous sommes en faveur de la négociation, pour trouver des solutions. De façon pacifique », a fait savoir le chef McBride.

Mais dans un premier temps, les trois nations désirent être consultées par les gouvernements.

L'urgence d'agir pour elles vient du fait que la communauté algonquine de Golden Lake, en Ontario, a décidé de faire cavalier seul et de formuler une réclamation territoriale pour laquelle les trois autres n'ont pas été consultées. Golden Lake réclame des terres qui sont aussi visées par Timiskaming, WolfLake et Eagle Village.

« Ils sont prêts à signer une entente de principe », a dit la chef Madeleine Paul de Eagle Village, au sujet des Algonquins de Golden Lake. « Ça a un gros impact sur nos territoires ancestraux ».

En plus du conflit avec les Algonquins de Golden Lake, le territoire délimité par les trois communautés est aussi en partie réclamé par d'autres bandes au Québec.

Des complications qui surviennent parce que les gouvernements « ne nous ont pas demandé où nous étions lorsqu'ils ont tracé les frontières [des provinces] », a lancé le chef McBride.

Cette future réclamation de terres ancestrales va s'ajouter à de nombreuses autres formulées par des Premières Nations au Québec et en Ontario. De vastes portions des provinces font l'objet de revendications territoriales par les Autochtones.


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