Des lettres du ministre Fantino relancent le débat sur la neutralité de l'État

Julian Fantino (archives) Julian Fantino (archives)  Photo :  PC/Adrian Wyld

Des députés de l'opposition à Ottawa estiment qu'il est temps que le Parlement se penche sur la politisation de la fonction publique à la suite du plus récent exemple d'un ministre conservateur dépassant les limites de la neutralité.

Deux lettres partisanes de Julian Fantino, le ministre responsable de l'Agence canadienne de développement international (ACDI), ont été retirées du site Internet de l'agence, mardi soir, après qu'elles eurent soulevé la controverse dans les médias sociaux.

Un porte-parole du ministre a indiqué que les deux lettres, qui attaquaient les néo-démocrates et les libéraux, avaient été publiées « par erreur » par des responsables ministériels et que des fonctionnaires avaient reçu l'ordre de les retirer immédiatement.

Le directeur général des communications de l'ACDI effectuait d'ailleurs une série d'appels aux médias, mercredi, pour s'excuser d'une « erreur » de ses employés.

L'opposition affirme cependant ne pas être dupe. Selon le député néo-démocrate Charlie Angus, porte-parole en matière d'éthique, les conservateurs violent carrément les normes et dépensent des ressources gouvernementales pour des attaques partisanes.

Le député libéral John McCallum, un ex-ministre, a pour sa part officiellement réclamé que le comité permanent des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires se penche sur la question.

En fait, plusieurs plaintes ont été déposées contre les conservateurs depuis leur arrivée au pouvoir en 2006, dont plusieurs cas de contenu clairement partisan publié sur des sites gouvernementaux.

Ce type de déclaration est interdit en vertu des règles détaillées du gouvernement fédéral en matière de communications, règles qui sont sensées être appliquées par le Conseil du Trésor.

Des communiqués de presse ministériels continuent d'employer l'expression « gouvernement Harper », malgré de grandes inquiétudes de la part des fonctionnaires en ce qui concerne le respect des politiques en matière de communications.

Toute enquête sur la politisation de la fonction publique par le comité des Communes sur les opérations gouvernementales doit être approuvée par une majorité de députés siégeant à ce comité. Majoritaires au Parlement, les conservateurs ont aussi l'avantage du nombre dans les comités.


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