Stéphane Bédard n'exclut pas une enquête publique sur les contrats en informatique

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Le président du Conseil du Trésor du Québec, Stéphane Bédard Le président du Conseil du Trésor du Québec, Stéphane Bédard

Le président du Conseil du Trésor du Québec, Stéphane Bédard, pourrait demander que le mandat de la commission Charbonneau soit élargi pour faire la lumière sur l'attribution de contrats gouvernementaux en informatique.

M. Bédard réagit ainsi à la demande formulée plus tôt mardi par le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ).

La présidente générale du syndicat, Lucie Martineau, a affirmé en point de presse que l'explosion des coûts de plusieurs projets confiés à la sous-traitance, la dépendance de l'État envers les firmes informatiques privées et le manque de concurrence sont les « trois ingrédients » qui justifient la tenue d'une enquête publique à ce sujet.

Dans son rapport déposé en novembre dernier, le vérificateur général par intérim Michel Samson avait fait part de ses « préoccupations » à l'égard « de l'utilisation judicieuse des fonds publics ».

À la lumière des recommandations du vérificateur général, Stéphane Bédard dit vouloir mieux encadrer les contrats informatiques avec un meilleur suivi, une meilleure concurrence et une meilleure planification.

« Sur l'enquête publique, j'ai dit qu'on ne fermait pas la porte à rien, mais on est dans un autre ordre de révélations que ce qu'on avait dans le secteur de la construction. On est ici davantage dans une situation où le gouvernement libéral n'a pas contrôlé ses coûts et où il y a eu un problème de suivi évident et la sensation bien ancrée et justifiée qu'on n'en a pas eu pour notre argent », a-t-il dit en réponse à des journalistes à Québec mardi.

« Mais s'il y avait des événements qui nous portaient à croire que de quelque façon que ce soit, on est dans quelque chose qui s'apparente au secteur de la construction, je n'hésiterais pas une seconde pour recommander à [la première ministre Marois] de procéder avec un mandat particulier à la commission Charbonneau », ajoute-t-il.

Selon le SFPQ, la situation prévalant dans le domaine informatique présente des caractéristiques « assez similaires » à celles qui ont conduit le gouvernement à créer la commission Charbonneau sur l'attribution des contrats dans l'industrie de la construction.

Trois firmes - LGS, DMR et CGI - se partagent l'essentiel des contrats informatiques au gouvernement du Québec et les projets sont plombés par des retards, des ratages et des dépassements de coûts de plusieurs dizaines de millions de dollars, a relaté Lucie Martineau.

Le SFPQ s'interroge en outre sur les raisons qui poussent les gestionnaires de l'État à confier plus de 50 % des projets informatiques à la sous-traitance, alors que les coûts de main-d'œuvre y sont deux fois plus élevés que dans le secteur public.

Au cours des exercices 2009-2010 et 2010-2011, la valeur des contrats informatiques s'élevait annuellement à un milliard de dollars.

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dimanche 21 décembre

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