Marois entend s'inscrire dans la continuité à New York

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Le reportage de Julie Dufresne

La première ministre souhaite profiter de son premier voyage officiel aux États-Unis, à New York, pour travailler à augmenter les investissements privés aux Québec, mais aussi pour donner un coup de pouce aux entreprises québécoises.

Pauline Marois inaugurait d'ailleurs jeudi les bureaux d'Expansion Québec, un organisme qui offrira des services aux entreprises québécoises qui souhaitent étendre leurs activités aux États-Unis.

« Je crois que c'est une formule très souple, peu coûteuse et qui nous permet de profiter d'un immense marché. L'Est américain, et New York en particulier, ça reste la capitale mondiale qui comporte le plus grand nombre d'institutions financières, de représentants d'entreprise et de sièges sociaux. C'est l'endroit où être », a-t-elle dit, peu avant de se rendre au Foreign Policy Association pour y prononcer un discours.

Les échanges commerciaux entre le Québec et l'État de New York dépassent 8 milliards de dollars. Les États-Unis absorbent 70 % des exportations internationales du Québec.

Mme Marois, qui est accompagnée pour l'occasion de son nouveau délégué à New York, l'ex-chef du PQ André Boisclair, avait précisé plus tôt en journée que le rôle de ce dernier, s'il s'inscrit dans la continuité, ne l'empêche pas pour autant d'expliquer l'option souverainiste à New York.

« Ce n'est pas parce que nous sommes un gouvernement minoritaire que nous allons cesser de défendre les intérêts du Québec. Nous allons réclamer plus de pouvoir, que l'on respecte nos champs de compétence. Et ça, je crois que ça fait partie du travail normal d'un délégué que d'expliquer les positions d'un gouvernement », soutient-elle.

La première ministre souverainiste se défend toutefois d'être à New York pour rassurer la communauté d'affaires américaine. « Les gens sont déjà rassurés à mon point de vue, estime Mme Marois. Ils connaissent ce qu'a été un gouvernement du Parti québécois, nous avons déjà été aux affaires pendant presque 20 ans », a-t-elle affirmé plus tôt.

« Ils savent que nous sommes très respectueux des engagements que l'on prend. Ils savent qu'à ce moment-ci nous voulons obtenir plus de pouvoirs, plus de moyens pour le Québec, qu'il n'y a pas à l'horizon, à court terme, de référendum puisque nous sommes dans un gouvernement minoritaire. » — Pauline Marois

« Mais, quant à moi, ils ont vu les gouvernements du PQ se comporter par le passé et je me situe dans la droite ligne de ce qu'ont fait ceux qui m'ont précédée », poursuit-elle.

Mme Marois a aussi dit qu'elle continuait d'appuyer le Plan Nord et qu'elle a l'intention de revoir le système de redevances dès la rentrée parlementaire, pour établir un système plus « raisonnable ».

La première ministre doit finalement s'entretenir, vendredi, avec des experts afin de discuter du contexte politique et économique américain.

Il s'agit de la première mission économique de Mme Marois depuis son élection à la tête de la province le 5 septembre dernier. Elle est accompagnée de son ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur, Jean-François Lisée.