La question de l'avortement revient aux Communes

Motion sur l'avortement

Le député conservateur Mark Warawa a déposé une motion aux Communes demandant aux députés de condamner l'avortement sélectif, soit l'intervention qui vise à éliminer les embryons féminins.

Le député affirme que sa motion dénonce une autre forme de discrimination envers les femmes accompagnée de violence.

D'ailleurs M. Warwa établit un lien avec la Journée internationale contre la violence envers les femmes jeudi, qui coïncide avec le 23e anniversaire de la tuerie de Polytechnique.

Le député avance que cette pratique se répand aussi bien au Canada que dans le monde. Selon lui, il y a 200 000 femmes qui manquent en raison de l'avortement sélectif.

En déposant cette motion, M. Warawa dit vouloir « changer les esprits et les coeurs ».

« Ma motion est un premier pas gigantesque dans la bonne direction. Elle ne propose pas de changements à des lois ni de faire des études. C'est simplement une condamnation sans équivoque au Parlement du Canada qui va dire que c'est mauvais. Et on espère que celles qui pensent interrompre une grossesse parce qu'elles attendent une fille vont y penser à deux fois », a déclaré M. Warawa pour expliquer l'esprit de sa motion.

Cette motion avait été déposée quelques minutes seulement après que celle de son collègue, Stephen Woodworth, eut été défaite aux Communes. M. Woodworth voulait mettre sur pied un comité chargé d'étudier le moment auquel un foetus devient un être humain.

Les explications de M. Warawa ne semblent pas convaincre les partis d'opposition. Ils croient que l'initiative de M. Warawa s'inscrit dans une démarche plus large cachant un plan antiavortement destiné à plaire à la base plus à droite du Parti conservateur.

Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair a indiqué que les députés de son parti voteront contre la motion. Selon M. Mulcair les motions des députés conservateurs illustrent la volonté de Stephen Harper de rouvrir le débat sur l'avortement.

Bob Rae, le leader intérimaire libéral, a indiqué qu'il n'imposerait pas personnellement de ligne de parti, mais qu'il désapprouvait la motion. Pour M. Rae, l'avortement n'est plus du ressort du fédéral depuis qu'il a été décriminalisé, et que c'est donc aux provinces de se pencher sur le dossier si elles en ressentent le besoin.

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