Le Canada réévaluera son aide aux Palestiniens

Le ministre des Affaires étrangères du Canada, John Baird Le ministre des Affaires étrangères du Canada, John Baird, lors de son intervention à l'ONU avant l'adoption du nouveau statut de la Palestine en tant qu'État observateur non membre  Photo :  PC/Jason DeCrow

Le gouvernement conservateur de Stephen Harper réévaluera, comme prévu, son aide de 300 millions de dollars versée aux Palestiniens, mais compte la maintenir.

Ottawa a fait cette annonce à la suite d'une réunion d'une heure et demie à laquelle participaient le ministre des Affaires étrangères John Baird, le ministre de la Coopération internationale, Julian Fantino, et quatre délégués, en poste en Israël, dans la bande de Gaza et à l'ONU à New York et à Genève, rappelés la semaine dernière pour la réunion.

Les diplomates ont été rappelés au pays après la reconnaissance aux Palestiniens du statut d'État observateur non membre à l'ONU.

Avec huit autres pays, le Canada avait voté contre le nouveau statut accordé à la Palestine par l'Assemblée générale de l'ONU, jeudi dernier.

L'attaché de presse de M. Baird, Rick Roth, a expliqué que la réévaluation de l'aide aux Palestiniens sera faite de la même manière que pour tout autre programme du gouvernement. L'engagement de 300 millions de dollars sur cinq ans du Canada prend fin au printemps prochain.

M. Roth a aussi indiqué que le ministre Fantino établira la voie à suivre.

Les fonds contribuent au renforcement du système judiciaire palestinien, au développement du secteur économique privé, et soutiennent les systèmes de santé et d'éducation.

L'opposition réagit

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'Affaires étrangères, le néo-démocrate Paul Dewar, a indiqué qu'avant le vote à l'ONU, les conservateurs avaient laissé entendre que l'aide serait coupée et que les représentants canadiens seraient rapatriés.

« Alors j'espère qu'il y a eu assez de pression sur les conservateurs pour qu'ils changent d'idée. Je soutiendrais qu'ils aillent encore plus loin et qu'ils augmentent l'aide humanitaire », a-t-il souligné.

Le chef intérimaire du Parti libéral, Bob Rae, s'est dit rassuré par la décision, mais il a critiqué M. Baird pour ne pas avoir dénoncé le plan israélien d'annoncer de nouvelles constructions.

Le Québec prend position

Pour la première fois depuis au moins 25 ans, l'Assemblée nationale du Québec a pris position mardi sur le statut de la Palestine : les élus ont adopté à l'unanimité une motion qui reconnaît le droit des Palestiniens à l'autodétermination et à la création d'un État.

Le ministre des Affaires internationales, Jean-François Lisée, et le député de Québec solidaire, Amir Khadir, ont demandé à ce qu'Ottawa prenne « acte de la décision de l'ONU reconnaissant le statut d'observateur pour la Palestine et à maintenir l'aide canadienne précieuse prodiguée à la construction de l'État de droit en territoire palestinien ».

Le gouvernement du Québec apporte également son « soutien indéfectible à une solution négociée qui incarne à la fois la nécessité pour Israël de vivre en paix à l'intérieur de frontières sûres et reconnues ».