Le budget Marceau adopté par 49 voix contre... 48

Pascal Poinlane fait le point

Les hauts cris jetés par les partis d'opposition lors du dépôt du budget n'ont pas empêché pour autant son adoption aujourd'hui à l'Assemblée nationale.

Le budget du ministre des Finances Nicolas Marceau a été adopté par 49 voix contre 48. L'absence de nombreux élus libéraux lors du vote a ainsi permis au gouvernement minoritaire de Pauline Marois de survivre au vote.

Le chef par intérim du PLQ avait déjà indiqué qu'il laisserait passer le budget même s'il le dénonçait. « Nous considérons qu'il serait abusif et irresponsable de déclencher des élections dans les 100 premiers jours suivant une élection », avait déclaré Jean-Marc Fournier dans la foulée de sa critique du budget.

Par voie de communiqué, les libéraux, à qui les péquistes doivent leur sursis, ont une nouvelle fois décrié le budget qu'ils décrivent comme celui des « promesses reniées », qui « maintient dans l'incertitude [...] plusieurs acteurs de l'économie », notamment le secteur minier.

« Nous choisissons donc de placer ce gouvernement en sursis et de lui indiquer qu'à défaut de viser la croissance économique et de protéger les services publics dans les prochains mois, un vote de confiance sera appelé. » — Comuniqué du PLQ

Mais le chef de la Coalition avenir Québec n'a pas manqué de railler la stratégie libérale de dénoncer le gouvernement tout en permettant son maintien au pouvoir.

« C'est clair qu'il y a beaucoup d'hypocrisie du côté du Parti libéral où la vrai raison pourquoi il manquait 22 députés libéraux c'est que, un , ils n'ont pas de chef et, deux, ils sont embarrassés actuellement par toutes les révélations de la commission Charbonneau », a commenté François Legault.

Vendredi, pendant la période de questions qui a précédé le vote, le porte-parole libéral en matière de Finances, Raymond Bachand, a aussi dénoncé le déficit plus élevé que prévu de 3,3 milliards de dollars qui émane du premier budget du gouvernement Marois.

Le porte-parole de l'opposition pour le Conseil du Trésor, Sam Hamad, avait pour sa part déploré que le gouvernement Marois n'ait pas déposé le budget des dépenses. « La question qui se pose et ça le citoyen doit le savoir : Est-ce que c'est son école de quartier qui va être coupée? Est-ce que c'est l'hôpital de sa région qui va être coupé? Est-ce que c'est le pont ou la route? Aujourd'hui, le citoyen n'en sait rien », a déploré Sam Hamad.

De son côté, la CAQ, qui a aussi voté contre le budget, avait dénoncé les hausses de taxes et d'impôts, l'absence de « vision pour relancer l'économie » de même le maintien de la taxe santé. Quant à QS, il avait décrié l'obsession de l'atteinte du déficit zéro et la taxation de la classe moyenne.

En complément