« Nous ne finançons pas les ONG à perpétuité », dit le ministre Fantino

Julian Fantino (archives) Julian Fantino (archives)  Photo :  PC/Adrian Wyld

Le ministre fédéral de la Coopération internationale, Julian Fantino, a soutenu mercredi que le budget canadien consacré au développement international n'avait pas été créé pour permettre aux ONG de poursuivre leurs activités indéfiniment.

Le ministre Fantino a tiré un coup de semonce bien senti en direction de ceux qui ont exprimé des inquiétudes concernant la nouvelle politique de l'Agence canadienne de développement international (ACDI). Cette nouvelle orientation, annoncée la semaine dernière par le ministre Fantino lors d'une allocution devant l'Economic Club de Toronto, mettra désormais l'aide humanitaire davantage en phase avec le secteur privé.

Les organisations non gouvernementales (ONG) croient que ce changement de politique risque de réduire les sommes disponibles pour les projets relatifs à la sécurité alimentaire ainsi qu'à la santé des femmes et des enfants, d'autant plus que le financement de l'ACDI, amputé de 319 millions de dollars d'ici trois ans, restera fixé à 5 milliards par année jusqu'en 2015.

De son côté, le ministre Fantino affirme que ces programmes réguliers, présentés comme des priorités aux derniers sommets du G8, ne seront pas abolis. Il admet néanmoins que des économies pourraient être réalisées dans d'autres projets qui viennent à échéance bientôt.

« Aucun programme n'est éternel », a-t-il indiqué. « Il y a toujours des ajustements qui sont faits [...] Les programmes avec lesquels nous nous associons ne sont pas immuables. Nous ne finançons pas les ONG à perpétuité. »

Le ministre Fantino soutient que les critiques sont déconnectés de la manière dont évolue la politique canadienne en matière d'aide humanitaire. « Je pense que certains croient que l'ACDI existe uniquement pour garder les finances des ONG à flot, les faire travailler et les financer indéfiniment, a-t-il soutenu. Ce ne sera pas le cas. »

Inquiétude d'Oxfam

Il rappelle que son travail est de s'assurer que les deniers publics destinés à l'aide humanitaire soient bien investis. « Nous allons nous assurer de faire les choses les plus appropriées et les plus abordables possible avec l'argent des contribuables canadiens », a-t-il expliqué.

M. Fantino a fait ces commentaires au téléphone alors qu'il se trouvait en Haïti pour évaluer des projets d'aide humanitaire mis sur pied à la suite du violent tremblement de terre de janvier 2010.

Le directeur d'Oxfam Canada, Robert Fox, se demande comment le pays pourra continuer à venir en aide aux pauvres du tiers monde. « La priorité de l'aide humanitaire canadienne est de soulager la pauvreté et de promouvoir les droits de la personne, a-t-il fait valoir. Avec une enveloppe budgétaire qui rétrécit, il importe de rester concentré sur cet objectif. »

« Nous convenons que l'ACDI a un rôle important à jouer dans le support aux entreprises privées dans les pays en voie de développement, pourvu que ces entreprises soient détenues et gérées localement et qu'elles créent des emplois et des opportunités », a-t-il ajouté.

« Nous pensons toutefois qu'Exportation et Développement Canada et d'autres agences gouvernementales sont des sources plus appropriées de financement pour les sociétés canadiennes qui sont à la recherche d'opportunités à l'étranger. » — Julian Fantino

Puisqu'elles dépendent grandement de l'ACDI financièrement, les ONG sont habituellement peu disposées à la critiquer publiquement. Certains organismes ont d'ailleurs vu leur financement aboli après avoir critiqué les politiques du gouvernement Harper.

En septembre, Julian Fantino annonçait qu'Ottawa avait décidé « d'être plus sélectif ».

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