Le gouvernement Marois change la direction du  BAPE

Nominations au BAPE

Le gouvernement du Québec nomme Pierre Baril à la présidence du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) et Louis-Gilles Francoeur, à sa vice-présidence.

Pierre Baril est actuellement directeur général du centre de recherche Ouranos sur les changements climatiques et Louis-Gilles Francoeur, journaliste spécialisé en environnement au quotidien Le Devoir. Ils entreront en fonction le 19 novembre.

Ces nominations surviennent au lendemain du limogeage du vice-président du BAPE, Pierre Fortin. Il avait été informé mardi que ses services n'étaient plus requis.

Le PQ avait congédié le président de l'organisme, Pierre Renaud, au début du mois dernier, même si le gouvernement libéral avait renouvelé son mandat en juin pour une période de cinq ans.

Au bureau de la première ministre Pauline Marois, on avait alors indiqué que le gouvernement désirait changer les façons de faire du BAPE, qui évalue les projets susceptibles d'avoir un impact sur l'environnement.

Péquistes et libéraux croisent le fer

Avant l'annonce des deux nominations, libéraux et péquistes se sont accusés mutuellement d'avoir politisé cet organisme censé être indépendant du gouvernement.

« Si Monsieur Breton entend imposer ses idées, sa vision des choses au BAPE, ça devient un outil qu'on vient de politiser », a déclaré la porte-parole libérale en matière de développement durable et d'environnement, Yolande James.

Elle a accusé le ministre chargé de ces dossiers, Daniel Breton, de procéder à une purge et de se livrer à un règlement de comptes.

Lorsqu'il présidait le groupe Maîtres chez nous 21e siècle, avant de faire le saut en politique, M. Breton avait mis en doute l'indépendance du président du BAPE. Il s'est cependant défendu d'avoir limogé les deux principaux dirigeants de l'organisme de façon arbitraire.

Au contraire, dit-il, c'est plutôt l'ancien gouvernement libéral qui a politisé à outrance l'organisme. Le ministre a ajouté qu'il allait lui redonner son indépendance et le moderniser.

Louis-Gilles Francoeur, qui couvre les questions environnementales depuis 30 ans, voit dans sa nomination l'occasion de « faire profiter de [son] expérience dans le domaine ». Le doyen de la chronique environnementale au Canada souligne qu'il est celui qui a le plus couvert le BAPE.

« C'est un organisme qui a une indépendance réelle d'enquête, car il relève de la loi sur les commissions d'enquête », souligne-t-il. M. Francoeur se dit convaincu qu'il peut y avoir un équilibre entre le devoir de réserve et l'absence de langue de bois. Il n'entend pas donner d'entrevue de fond avant avoir pris connaissance des dossiers.

La Coalition avenir Québec reproche quant à elle au gouvernement Marois d'avoir déjà fait son lit sans même avoir étudié les avantages économiques du projet.

« Monsieur Breton, c'est un dogmatique, c'est dangereux de l'avoir au poste qu'il a là », a affirmé le chef de la CAQ, François Legault.