Appels trompeurs : le démissionnaire dit avoir servi de bouc émissaire

Le reportage de Marie-Maude Denis

Exclusif - Dans une entrevue exclusive à Radio-Canada, le jeune employé politique du gouvernement Harper qui avait démissionné à la suite du scandale des appels trompeurs, lors de la dernière élection fédérale en 2011, clame son innocence et soutient avoir servi de bouc émissaire dans cette histoire.

Le scandale des appels trompeurs, les « Robocalls », consistait en de faux messages d'Élections Canada qui envoyaient des milliers de résidents de Guelph voter au mauvais endroit.

Depuis que le scandale a éclaté, en février 2012, Élections Canada n'a toujours pas identifié le fameux « Pierre Poutine », le pseudonyme emprunté par le ou les responsables de cette arnaque.

Le 23 février dernier, des sources conservatrices non identifiées ont toutefois confié à la chaîne Sun News que le Parti conservateur avait désigné Michael Sona comme responsable de l'envoi d'appels automatisés trompeurs.

« C'était complètement faux », a-t-il affirmé à Radio-Canada, lors de sa première entrevue depuis cet événement.

Cette affaire a néanmoins mené Michael Sona à démissionner de son poste d'assistant de la députée conservatrice Eve Adams (Mississauga-Brampton-Sud).

Aujourd'hui, il estime avoir été sacrifié et que son nom a été divulgué par son propre parti.

Pourtant, le nom de Michael Sona ne fait pas partie de la liste transmise par le Parti conservateur à Élections Canada, sur laquelle figurent les noms de cinq travailleurs de la campagne de Guelph qui ont accédé à la base de données des conservateurs avec l'ordinateur utilisé par « Pierre Poutine ».

Michael Sona en veut donc également à Élections Canada, qui l'a nommé dans ses documents d'enquête. Il souhaite que l'organisme épingle le responsable pour enfin retrouver une vie normale.

Du côté du Parti conservateur, le porte-parole Fred De Lorey dit ignorer qui a donné le nom de Michael Sona à Sun News, et soutient que le parti n'a rien à voir avec les appels trompeurs.

Par ailleurs, même si l'on découvre l'identité de ce « Pierre Poutine » à la source des appels trompeurs à Guelph, on est encore loin d'une explication sur ce qui s'est passé ailleurs au pays. L'enquête d'Élections Canada s'étend maintenant à 234 circonscriptions dans lesquelles des électeurs ont porté plainte.

En mars dernier, Élections Canada disait avoir reçu pas moins de 31 000 signalements de citoyens disant avoir été victimes de ces appels automatisés annonçant faussement, au nom d'Élections Canada, que leur bureau de scrutin avait changé de lieu. L'organisme qui administre le système électoral a lancé une enquête le mois suivant.

La version intégrale du reportage de Marie-Maude Denis sera diffusée à l'émission Enquête, le jeudi 1er novembre à 21 h, à la télévision de Radio-Canada.

Facebook