Ottawa ne délivrera plus de permis pour les travailleurs étrangers du sexe

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Le gouvernement fédéral cessera de délivrer des permis pour les travailleurs étrangers temporaires dans l'industrie du sexe.

Dès aujourd'hui, Ressources humaines et Développement des compétences Canada émettront des avis défavorables pour toutes les demandes présentées par les entreprises de l'industrie du sexe.

De plus, à compter du 14 juillet, Immigration Canada ne traitera plus les demandes faites par des travailleurs étrangers temporaires qui veulent trouver un emploi dans le secteur (bar de danseuses, salons de massage et services d'escorte).

« Notre gouvernement est déterminé à protéger tous les travailleurs et travailleuses contre les abus, l'exploitation et le travail avilissant », a déclaré la ministre des Ressources humaines, Diane Finley.

La ministre a indiqué que cette mesure renforçait le Plan d'action national de lutte contre la traite des personnes, lancé début juin.

« Les Canadiens et les Canadiennes veulent un système d'immigration ouvert et juste, et non un système qui peut servir à exploiter les gens », a déclaré pour sa part le ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration, Jason Kenney.

Environ 1000 travailleurs étrangers arrivent au Canada chaque année pour un travail temporaire dans l'industrie du sexe.

Les propriétaires des établissements qui emploient ces travailleurs ont tenté de faire pression sur le gouvernement pour empêcher ces mesures, arguant que les preuves de l'exploitation de ces travailleurs n'étaient pas établies.

Une deuxième tentative

Diane Finley avait déjà proposé ces changements législatifs en 2007, dans la foulée du Strippergate, un scandale impliquant l'ex-ministre libérale de la Citoyenneté et de l'Immigration, Judy Sgro.

Il avait été révélé qu'une danseuse roumaine avait obtenu une autorisation ministérielle de demeurer au Canada après s'être enrôlée comme bénévole dans le comité électoral de la ministre.

La ministre Sgro avait démissionné de son poste en janvier 2005, mais avait néanmoins été blanchie de tout soupçon par le commissaire à l'éthique cinq mois plus tard.

À l'époque, des danseuses étrangères pouvaient facilement entrer au pays si elles détenaient une offre d'emploi et étaient en mesure de prouver qu'elles savaient danser.

Le ministre Joe Volpe avait ensuite modifié la loi pour que les propriétaires de bars de danseuses prouvent leur incapacité à embaucher de la main-d'oeuvre canadienne avant de se tourner vers des étrangères.

Le projet de loi déposé par Mme Finley n'avait jamais abouti. Le gouvernement Harper était alors minoritaire à la Chambre des communes.

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