Anglicisation de Montréal : Pierre Curzi propose de renforcer la loi 101

Le député indépendant de Borduas, Pierre Curzi Le député indépendant de Borduas, Pierre Curzi

Le député indépendant Pierre Curzi a déposé à Québec un projet de loi qui modifie considérablement la Charte québécoise de la langue française adoptée en 1977 par le gouvernement de René Lévesque.

Préoccupé par l'anglicisation de la région de Montréal, il estime qu'il faut renverser la tendance actuelle.

Pour cela, il propose entre autres que le français soit décrété langue commune, que l'affichage d'une raison sociale ait obligatoirement un nom générique francophone (par exemple « Les magasins Canadian Tire ») et qu'une entreprise obtienne un certificat de conformité à la Charte pour obtenir un contrat public.

Le projet de loi prévoit aussi d'abaisser de 50 à 25 employés le seuil à partir duquel s'applique le chapitre de la Charte portant sur la langue de travail.

Par ailleurs, sauf dans les cas d'urgence ou pour servir des nouveaux arrivants récents, le projet de loi prévoit que le français redevienne la langue des communications entre l'État, les institutions publiques et la population.

On prévoit aussi l'inscription des droits fondamentaux des anglophones, des Amérindiens et des Inuits dans la Charte.

Ce projet de loi privé a peu de chance d'être appelé, mais Pierre Curzi estime qu'il pourra au moins servir de base à une discussion publique, surtout dans le contexte qu'il entrevoit pour l'avenir du français dans la métropole.

« Dans moins de 20 ans, le nombre de personnes dont la langue d'usage sera le français sera tombé à 43 % dans la grande région de Montréal. Autrement dit, la grande région de Montréal sera devenue une région bilingue dans les faits. Il y a urgence d'agir », a-t-il dit en conférence de presse.

Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, a salué la présentation de ce projet de loi, qui reprend de nombreuses propositions de son parti.

Le Parti québécois a également salué l'initiative.

« Il s'agit d'un travail costaud et d'une démarche utile. Nous partageons les mêmes inquiétudes et les mêmes objectifs. Il faut poser des gestes nettement plus audacieux que ceux avancés par le gouvernement libéral, qui fait preuve de négligence et de complicité dans l'anglicisation du Québec », a affirmé dans un communiqué le député de Drummond et porte-parole de l'opposition officielle en matière de langue, Yves-François Blanchet.

M. Blanchet souligne que la plupart des propositions contenues dans ce projet de loi sont incluses dans le programme du Parti québécois adopté au congrès en avril 2011. Les nouvelles propositions pourraient quant à elles mériter une éventuelle réflexion plus approfondie de la part des juristes du gouvernement, soutient-il.

Ailleurs sur le web Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes.