Quatre élus indépendants se rallient à la CAQ

Les explications de Sébastien Bovet

Deux ex-péquistes, Daniel Ratthé et Benoît Charette, ainsi que deux anciens adéquistes, Éric Caire et Marc Picard, ont annoncé lundi leur adhésion à la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault.

« Aujourd'hui, on passe de la parole aux actes. On confirme que l'on continue de rassembler les gens et que l'on continue de livrer la marchandise. Notre train est sur les rails et il est bien en marche », a déclaré d'emblée François Legault, en conférence de presse.

« Ces députés en ont eu assez des tiraillements stériles, des magouillages, des crises existentielles perpétuelles, de l'immobilisme et tout ce qui empêche le Québec d'avancer », a-t-il ajouté.

« L'équipe de la Coalition préfère mettre la main à la pâte plutôt que de mettre les deux mains sur le volant d'un véhicule qui ne va nulle part. On désire redonner aux Québécois la dignité qui a été perdue en raison des abus de confiance et de l'arrogance du gouvernement libéral. » — François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

Le député de Blainville, Daniel Ratthé, s'est dit « fier et particulièrement heureux de joindre les rangs d'une équipe qui saura répondre aux besoins de la population québécoise ».

Après avoir quitté le caucus du Parti québécois le 25 novembre dernier, il dit avoir poursuivi sa réflexion en rencontrant près d'un millier d'électeurs de sa circonscription, qui lui ont confirmé leurs priorités.

« Face à ce constat, j'ai fait le choix de réévaluer mes propres priorités, de les placer au second plan et de m'attaquer aux besoins de mes électeurs », a-t-il précisé.

Le député de Deux-Montagnes, Benoît Charette, a pour sa part rappelé « la nécessité pour les Québécois de se retrouver sur une base autre que celle de la question nationale » et que « seule la CAQ est en mesure de répondre aux priorités des Québécois et à leur besoin de changement ».

Le député des Chutes-de-la-Chaudière, Marc Picard, joint quant à lui les rangs de la CAQ parce qu'il « partage les valeurs et la mission de cette formation politique qui entend donner l'heure juste aux Québécois ».

Le député de La Peltrie, Éric Caire, a souligné avoir souhaité une troisième voie depuis qu'il a quitté les rangs de l'ADQ il y a deux ans. « Aujourd'hui, ma traversée du désert s'achève », a-t-il lancé. Le programme est emballant, l'équipe est emballante, le chef a l'étoffe d'aller jusqu'au bout. C'est la raison pour laquelle je suis extrêmement fier de joindre l'équipe de François Legault. »

Il soutient ne pas avoir renié ses convictions et que les propositions de la CAQ rejoignent ce qu'il défend. « Jamais je n'ai été aussi proche qu'avec François Legault d'atteindre cet objectif de mettre en place ce que je pense être une bonne solution pour le système de santé, c'est-à-dire de permettre la mixité de la pratique. Jamais avec l'ADQ je n'ai été aussi proche que ça », a-t-il fait valoir.

De son côté, François Legault a profité de l'occasion pour faire le bilan de la première année de sa coalition, de son annonce à sa fusion avec l'ADQ. Il a rappelé les cinq priorités de la CAQ, soit l'économie, la santé, l'éducation, la culture et la lutte contre la corruption et la collusion.

« Pendant 40 ans, on s'est divisés entre souverainistes et fédéralistes. Et on n'a pas mis assez d'emphase sur les autres priorités. » — François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

« Je suis fier d'avoir des péquistes et des adéquistes. Je souhaiterais au cours des prochains mois que des libéraux se joignent à nous », a conclu François Legault, précisant néanmoins qu'aucune discussion avec d'autres députés n'est en cours à l'heure actuelle.

Des députés attendus

Les quatre députés ne cachaient pas, depuis plusieurs mois, leur intérêt pour la CAQ. Daniel Ratthé avait été expulsé du PQ en novembre dernier après avoir admis envisager la possibilité de se rallier à François Legault. Éric Caire et Marc Picard étaient quant à eux devenus indépendants en novembre 2009, parce qu'ils ne s'entendaient pas avec le nouveau chef de l'ADQ de l'époque, Gilles Taillon.

Benoît Charette, lui, était devenu le cinquième député démissionnaire du PQ l'été dernier. Il avait donné sa démission parce qu'il estimait que la possibilité de tenir un référendum constituait un boulet pour le parti. Il connaissait déjà François Legault puisque les deux hommes viennent de la même région.

La semaine dernière, François Legault et Gérard Deltell ont annoncé la fusion de leurs partis. Ainsi, à la reprise des travaux parlementaires, à la mi-février, le parti de François Legault pourrait compter sur huit députés en comptant les quatre députés actuels de l'ADQ, soit Gérard Deltell, François Bonnardel, Sylvie Roy et Janvier Grondin.

La CAQ espère bien obtenir du temps de parole en chambre ainsi que des budgets de recherche. Le parti sera dirigé par François Legault, mais sera mené à l'Assemblée nationale par le chef adéquiste Gérard Deltell.

Les membres de l'ADQ doivent cependant se prononcer sur la fusion de leur parti avec la Coalition de François Legault. Ils ont jusqu'au 19 janvier pour voter et les résultats du scrutin seront annoncés le 22 janvier.

Des adéquistes qui s'opposent à la fusion ont d'ailleurs mis sur pied un comité pour mobiliser l'ensemble des membres adéquistes « afin de sauver l'ADQ ». Au cours de la fin de semaine, le Comité Restons ADQ a tenté d'obtenir la liste des membres de l'ADQ, mais sa demande a été refusée.