Bolduc succède à Couillard

Radio-Canada avec La Presse Canadienne et Le Soleil
Yves Bolduc Le Dr Yves Bolduc devient ministre de la Santé du Québec.

Le premier ministre du Québec Jean Charest a mis fin mercredi aux conjectures sur la succession du ministre Philippe Couillard en nommant le Dr Yves Bolduc à la tête du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. Le nouveau ministre de la Santé, qui a été assermenté mercredi après-midi, devient aussi ministre responsable de la région du Lac-Saint-Jean.

Le docteur Yves Bolduc devient le nouveau ministre de la Santé et des Services sociaux à la place de Philippe Couillard qui tire sa révérence à l'Assemblée nationale.

Originaire d'Alma, le docteur Yves Bolduc est médecin omnipraticien depuis 1981. Il est également coroner depuis 1985. M. Bolduc dirige aussi les services professionnels au Centre de santé et de services sociaux Lac-Saint-Jean-est depuis 14 ans.

Il cumule aussi le poste de directeur général par intérim du Centre de santé et de services sociaux de la Vallée-de-l'Or, en Abitibi-Témiscamingue.

Sa spécialité: l'accès aux services

Assermentation d'Yves Bolduc Le nouveau ministre de la Santé a été assermenté mercredi au cours d'une brève cérémonie.

Réputé pour son efficacité, Yves Bolduc a fait de l'accessibilité aux services son cheval de bataille. Il s'est d'ailleurs récemment illustré en appliquant avec succès des principes provenant des chaînes de montage du constructeur automobile Toyota dans la gestion du bloc opératoire de l'hôpital de Val-D'Or.

En plus de ses études de médecine, le Dr Bolduc est aussi détenteur d'une maîtrise de l'École nationale d'administration publique et d'un diplôme en bioéthique de l'Université du Québec à Chicoutimi.

Par cette nomination, le Dr Bolduc prend la direction de l'un des plus importants ministères du gouvernement du Québec, et ce, sans avoir été élu. Il avait par ailleurs été défait sous la bannière libérale dans la circonscription de Lac-Saint-Jean, lors des dernières élections.

Le premier ministre Jean Charest a par conséquent annoncé en conférence de presse que Yves Bolduc se présentera prochainement dans l'ancienne circonscription de Philippe Couillard, Jean-Talon, au cours d'une élection complémentaire afin de normaliser sa situation de nouveau ministre de la Santé d'ici la rentrée parlementaire, en octobre prochain.

Un coup dur pour Jean Charest selon Mario Dumont

Mario Dumont Mario Dumont, Chef de l'Action démocratique du Québec

Pour le chef de l'opposition officielle, Mario Dumont, ce n'est pas tant la venue du Dr Bolduc que le départ de Philippe Couillard qu'il faut retenir. « Quand le gouvernement (...) perd son numéro 2 à peine un an après les élections, c'est un coup très dur ».

Selon Mario Dumont, c'est la stratégie d'immobilisme et d'inaction du gouvernement libéral qui a conduit l'ex-ministre de la Santé à quitter. « Ce qui se produit, c'est que dans un gouvernement où quelques publicitaires ont bâti une stratégie pour Jean Charest qui est la stratégie de ne rien faire, ne rien déranger, ne rien bouger, pour quelqu'un qui a un sentiment d'urgence, qui voudrait faire des choses, il n'y avait certainement plus de défis, plus d'intérêt », a déclaré M. Dumont.

En ce qui a trait au nouveau ministre de la Santé, Yves Bolduc, le chef de l'ADQ l'a interpellé sans perdre de temps sur deux questions : « C'est le dossier du CHUM et surtout le rapport Castonguay, va-t-il profiter du fait qu'il est déjà sur les tablettes ou aura-t-il le courage de se mettre en action là-dessus? »

Le PQ veut des résultats

Au Parti québécois, la nomination du Dr Bolduc est somme toute bien accueillie, mais on se questionne sur sa capacité à réussir là où le ministre Philippe Couillard s'est cassé les dents.

Bernard Drainville Bernard Drainville, porte-parole du PQ en matière de santé

« Le premier ministre Charest nous dit : “Il est prêt, il est prêt à passer à l'action, il est prêt à résoudre les problèmes que nous vivons présentement " et Dieu sait qu'il y en a des problèmes! S'il veut s'inscrire dans la continuité, il va falloir que le Dr Bolduc tienne d'abord les engagements que les libéraux ont pris en 2003 sur lesquels ils ont été élus. Et le premier engagement c'est celui d'éliminer l'attente », a rappelé Bernard Drainville porte-parole du Parti québécois en matière de santé.

Ce dernier n'a d'ailleurs pas manqué de rappeler d'autres grands défis au nouveau ministre de la Santé dont l'efficacité des blocs opératoires, la pénurie d'infirmières ou encore le CHUM.

« Je veux bien moi qu'il s'inscrive dans la continuité, et on lui souhaite bonne chance, parce que le travail est colossal et les attentes sont très très grandes. Mais on attend des résultats depuis cinq ans », a ajouté Bernard Drainville.

Couillard tire sa révérence

De son côté, le ministre sortant, Philippe Couillard, a confirmé plus tôt dans la journée les rumeurs qui courent depuis quelques jours sur son départ du gouvernement Charest. Il en a fait l'annonce en compagnie du premier ministre.

La déclaration de Philippe Couillard annonçant son départ.

Neurochirurgien de formation, il veut désormais profiter de l'été pour réfléchir à des projets d'avenir qu'il a cependant refusé de détailler. Il semblerait que la question de l'argent ait fait partie des facteurs considérés par M. Couillard.

Tout en affirmant que des progrès « indéniables » ont été réalisés en santé dans les dernières années, M. Couillard a reconnu qu'il reste beaucoup à faire dans ce domaine.

« J'espère avoir fait en sorte que la personne qui me succédera réussira mieux que moi. C'est ainsi que notre société progresse », a-t-il affirmé.

« Si je suis venu en politique il y a bientôt six ans, c'est d'abord et avant tout pour apporter une contribution au Québec après en avoir beaucoup reçu. J'estime que cette contribution est faite. » — Philippe Couillard

Pour sa part, Jean Charest s'est dit « attristé » par le départ de son ministre, l'un des poids lourds du gouvernement qui a été du reste pressenti, un temps, pour succéder au premier ministre.

« À notre arrivée en 2003, le système de santé traversait une des pires crises de son histoire. Philippe Couillard a permis de mettre le réseau sur la voie du rétablissement », a dit M. Charest.

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