Remise en question péquiste

Bernard Landry Bernard Landry

De grosses pointures péquistes, avec à leur tête l'ancien premier ministre Bernard Landry, critiquent la réforme scolaire entreprise par leur parti sous la direction de Pauline Marois. Ils réclament un moratoire sur son implantation en 4e et 5e secondaire et à l'éducation des adultes.

D'anciens hauts responsables du Parti québécois critiquent la réforme entreprise par leur parti sous la direction de Pauline Marois, et ils réclament un moratoire sur son application.

Le Devoir a révélé, mercredi, que d'autres personnalités, comme l'ancien ministre Joseph Facal, l'ancien conseiller Jean-François Lisée et l'actuel vice-président et président de la commission politique du Parti québécois (PQ), François Rebello, ont signé un texte proposé par la Coalition Stoppons la réforme. Le document devrait être publié à l'occasion d'une manifestation contre la réforme scolaire, prévue samedi à Montréal.

Les signataires du texte sont unanimes à constater l'échec de la réforme et précisent que leur position n'est pas un discrédit à l'encontre de Mme Marois.

Intervenant sur les ondes du RDI, Bernard Landry a expliqué que le « Québec a cheminé vers la médiocrité, nos scores se sont effondrés et il faut faire quelque chose ».

Pour lui, il est temps de « corriger les dérapages pour revenir aux résultats antérieurs ». Les résultats sont particulièrement « alarmants » dans les matières de base, comme le français, l'histoire et les mathématiques.

L'ancien premier ministre, sous le règne duquel cette réforme a été implantée, a constaté que le Québec, qui occupait jadis les premières places des classements dans nombre de matières, se retrouve aujourd'hui dans de piètres positions.

M. Landry a ajouté que le principe de la réforme, telle que présentée à l'époque, était irréprochable, mais il a ajouté que c'est l'usage qui en a été fait par la suite qui est problématique.

Reprenant les mêmes termes utilisés par Pauline Marois, en novembre dernier à l'Assemblée nationale, l'ancien premier ministre a souligné que la « réforme a bifurqué » au fil des années.

« C'est Mme Marois qui m'a mis sur la piste », a affirmé M. Landry, qui a précisé que bon nombre de pays ont fait fausse route en matière de réforme scolaire avant de se ressaisir.

Pauline Marois avait déclaré, le 7 novembre dernier, que la réforme scolaire « a bifurqué en cours de route [...], il y a eu quelques dérapages [...], et je crois que ça prend certains redressements ». Elle avait aussi précisé à l'Assemblée nationale que c'est « l'application » qu'en fait le gouvernement Charest « qui la dénature ».

Marois persiste et signe

Pauline Marois Pauline Marois

Réagissant mercredi à la sortie de ses ex-collègues, Mme Marois a indiqué qu'elle ne trouve pas adéquate l'idée d'un moratoire, mais elle a plaidé pour un redressement significatif pour faire en sorte que les objectifs assignés au début de la réforme soient atteints.

Un moratoire serait « une erreur magistrale », a-t-elle déclaré, admettant cependant qu'il y a des corrections à faire concernant le redoublement, l'évaluation et les matières essentielles.

« Ce n'est pas parce que la ministre [de l'Éducation] et ceux qui l'ont précédée depuis 2003 n'ont pas été capables d'exercer le leadership et de mettre les ressources nécessaires qu'il faut en faire payer les enfants », a dit la chef du PQ.

Elle a insisté pour dire que les orientations de la réforme demeurent « bonnes », et elle a imputé la « dérive » au gouvernement libéral, qui manque de leadership, selon elle.

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