Même le PQ s'y oppose

À Québec, députés du Parti libéral et de l'Action démocratique ont dénoncé le Parti québécois, à la suite de l'initiative du Conseil de la souveraineté du Québec de publier un guide qui s'intitule Parlons de la souveraineté à l'école.

Le guide pédagogique préparé par le Conseil de la souveraineté est associé à de l'endoctrinement par le gouvernement Charest, et met l'opposition péquiste dans l'embarras.

Jean-Marc Fournier Jean-Marc Fournier

Ce guide destiné aux enseignants vante aux jeunes, de la maternelle à l'université, ce qu'il appelle les « bienfaits » de la souveraineté. On y dit, par exemple, que la gouverneure générale coûte au Québec 9,5 millions de dollars, alors que dans un Québec souverain, cet argent pourrait servir à acheter plus de 600 000 romans jeunesse pour les bibliothèques scolaires.

Pour le ministre de l'Éducation Jean-Marc Fournier, il s'agit d'un simple coup de publicité. « C'est un exercice de provocation, a dit le ministre, il n'y a personne dans les équipes-écoles qui va vouloir jouer ce jeu-là. Soyons honnêtes, nos écoles, c'est pas pour ça ».

Le PQ montré du doigt

L'affaire a provoqué des remous à l'Assemblée nationale, où libéraux et adéquistes ont vertement critiqué l'initiative du Conseil de la souveraineté.

Jean Charest Jean Charest

Le premier ministre Jean Charest a sommé le chef du Parti québécois André Boisclair de « dénoncer avec vigueur cette volonté d'endoctrinement des enfants. » Selon lui, l'ouvrage ne sert qu'à « exploiter les enfants à des fins politiques ».

De son côté, le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes a déclaré que le livre présentait une version « biaisée et tendancieuse » de l'histoire. « Cela démontre [que les péquistes] sont prêts à tout, même faire des choses qui sont contraires à l'éthique », a soutenu M. Pelletier.

Mario Dumont Mario Dumont

Le chef de l'Action démocratique, Mario Dumont, a affirmé que le document était digne de la propagande de la Chine communiste. « C'est pire que le scandale des commandites en ce sens que l'on tente de s'attaquer à nos enfants. Jamais nous n'étions allés aussi bas », a soutenu M. Dumont.

André Boisclair André Boisclair (archives)

Interpellé, le chef péquiste André Boisclair a réagi par voie de communiqué. Rappelant le scandale des commandites et la propagande à laquelle se sont livrés les fédéralistes, M. Boisclair écrit que le défi des souverainistes demeure de convaincre une majorité de Québécois de la valeur de leur projet, de façon démocratique.

Il ajoute que cette tâche incombe aux souverainistes, et non pas aux enseignants et aux enseignantes. Il conclut que Parlons de la souveraineté à l'école ne peut ni ne doit être considéré comme du matériel pédagogique destiné aux enfants et qu'il n'aura pas sa place à l'école sous un gouvernement du Parti québécois.

Le volume est publié par la maison d'édition Les Intouchables. 11 000 exemplaires ont été mis en vente.

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