La turbulence au coeur du débat

Regardez le débat.

Les quatre principaux candidats à la direction du Parti québécois étaient les invités du Point, mardi soir.

Invités au Point, les quatre candidats les plus en vue dans la course à la direction du Parti québécois reviennent notamment sur les déclarations de Pauline Marois, selon qui un Québec souverain vivrait cinq années de turbulence.

Tout en faisant individuellement la promotion de leur candidature, Louis Bernard, André Boisclair, Richard Legendre et Pauline Marois ont tenté de montrer une certaine cohésion, au lendemain des nombreuses déchirures qui frappent le parti.

Les quatres aspirants à la succession de Bernard Landry ont d'abord convenu que l'affaire de la consommation passée de cocaïne par André Boisclair était réglée et que les membres du parti auraient le dernier mot.

La turbulence devient effervescence

Pauline Marois Pauline Marois

Pour une première fois depuis longtemps, ce n'est pas André Boisclair qui s'est retrouvé sur la sellette, mais plutôt Pauline Marois. En effet, ses récentes affirmations voulant qu'un Québec souverain vivrait cinq années de turbulence ont été dénoncées par les autres candidats. Ils estiment qu'une telle déclaration donne des armes à leurs opposants.

Mme Marois a voulu se faire rassurante, en précisant qu'elle ne croyait pas que le Québec sombrerait dans le chaos au lendemain d'un vote en faveur de la souveraineté. Elle parle maintenant d'effervescence, tout en reconnaissant que « ça va brasser un peu » et qu'un grand changement doit être bien préparé.

Elle s'est par ailleurs dite en parfait accord avec le document sur l'état des finances publiques d'un Québec souverain, rédigé par François Legault. Elle précise qu'advenant l'indépendance, « on ne deviendra pas riches tout d'un coup, mais on va avoir les moyens de le devenir et de créer notre richesse. »

Pour sa part, Louis Bernard a répété que le chaos ne peut être évité qu'en négociant les modalités de la séparation du Québec avec Ottawa, plutôt qu'en déclarant unilatéralement l'indépendance.

L'appui de nombreux libéraux

Poursuivant sur le thème de l'indépendance, André Boisclair a affirmé que la souveraineté serait un facteur d'unification des Québécois: « Il y a de nombreux députés libéraux provinciaux qui appuieront l'idée de la souveraineté du Québec. » Selon lui, la division aura lieu chez les fédéralistes qui siègent à Ottawa.

Lucide ou solidaire?

André Boisclair André Boisclair

Les candidats ont ensuite été amenés à réagir au manifeste Pour un Québec lucide, signé par 12 personnalités, dont l'ex-premier ministre Lucien Bouchard, ainsi qu'à sa contrepartie, Pour un Québec solidaire, rédigé par 16 personnalités de gauche.

Selon Pauline Marois, on a tort d'opposer les deux visions et on devrait plutôt chercher à tirer le meilleur des deux côtés. De son côté, sans prendre plus clairement position, André Boisclair « accueille correctement le débat » et se dit heureux de voir que des gens réfléchissent sur l'avenir du Québec. Richard Legendre croit pour sa part que les deux manifestes affirment que le statu quo n'est plus possible et il croit que la solution passe par la souveraineté. Pour Louis Bernard, il est essentiel de faire un choix entre le remboursement de la dette et la stabilisation des revenus.

Marois gagne des appuis, Boisclair en perd

Pierre Dubuc Pierre Dubuc

Par ailleurs, le jeu des alliances au Parti québécois est commencé. Si aucun des participants au débat n'a voulu indiquer quel serait son choix, advenant un deuxième tour de scrutin, des tractations ont vraisemblablement eu lieu en coulisse.

Mardi, Pierre Dubuc, candidat représentant le SPQ Libre, composé de progressistes et de syndicalistes, a annoncé qu'il demeurerait dans la course jusqu'à la fin, mais qu'il appuierait Pauline Marois lors du deuxième tour.

Il estime que Mme Marois est la mieux placée pour battre le gouvernement Charest lors de la prochaine élection et mener le Québec à l'indépendance.

Deux anciens ministres contre André Boisclair

Pendant que Pauline Marois obtient de nouveaux appuis, deux anciens ministres, Denis Lazure et Daniel Paillé, demandent à André Boisclair de se retirer de la course.

Daniel Paillé Daniel Paillé

Selon Denis Lazure, André Boisclair représente un risque trop élevé pour le parti. Il croit que le candidat gère mal la crise déclenchée par les révélations sur sa consommation de cocaïne. Il critique également son incapacité à réconcilier les différentes tendances qui existent au sein du PQ.

M. Lazure a fait ces remarques dans une lettre adressée aux membres du Parti québécois. Daniel Paillé abonde dans le même sens et estime que la marche vers la souveraineté risque d'être entravée par ses frasques passées.

Entre-temps, l'ancien ministre des Finances Yves Duhaime réitère son appui à M. Boisclair. Il rappelle au passage que Daniel Paillé est un ancien vice-président de la Société générale de financement, sous la présidence de Claude Blanchet, l'époux de Mme Marois.

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